Le vaillant et le vil.

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Message  Nimar Ombrien le Dim 7 Oct 2018 - 23:13

Ah, Spéropoleos, "ville" de Telbara connue à travers tout Orcande. Existe-t-il, en ce vaste monde, un autre lieu symbolisant si bien la médiocrité, la pauvreté et la misère, à quelques lieux à peine de la capitale que je me risquerai, malgré mes médiocres connaissances en économie, à dire plus riche des trois royaumes. Vous venez immigrer au royaume de Telbara pour fuir la misère, la haine et les esclavagistes? Alors bienvenue à Spéropoleos. Ce n'est qu'un point de passage plus pauvre encore que la forêt d'où vous venez, quand bien même cette forêt serait en cendres. Une tente pour dix personnes. Les gens en ce lieu ne sont pourtant pas toujours pauvres. C'est par la faute d'un manque de place, plus que d'un manque de moyen qu'ils sont entassés par milliers dans des tentes dans les quelles on s'introduit comme chez sois. C'est pourquoi les voleurs affluent en cette zone. La ville est pauvre, mais pas ses habitants. Voler un riche marchand, armé d'un couteau de poche émoussé, n'est pas une entreprise semée d’embûche. C'est pourquoi après avoir mémorisé chaque rue de Telbara, après avoir fui Tacomnal, et après avoir gambadé joyeusement à travers le royaume, je me recyclai dans la prise de bourses, en cette vilaine tâche sur la carte.

Le soleil de midi rayonnait haut dans un ciel sans nuage. La journée commençait très bien car, sous la cape vert kaki qui recouvrait entièrement mon corps, surplombée d'une capuche, se cachaient pas moins de trois bourses remplies à ras bord de pièces de bronze. J'allais pouvoir manger et boire jusqu'à plus soif me disais-je! Je me dirigeai vers la tente qui eut l'idée de faire office de taverne. Le propriétaire, un demi-elfe rendu antipathique et laid par les coups et blessures infligés de la main des êtres qui virent en sa race une cible légitime pour esclavagistes, possédait de la "bonne" bière et quatre filles, dont trois tout à fait attirantes. La dernière, je l'ai appellé "monsieur" lors de notre première rencontre... avez-vous déjà vu une demi-elfe poilue? Moi oui. J'atteignis la tente dont la toile de la toiture était à moitié arraché, laissant la structure éclairée par la lumière du jour. Je vins m’asseoir sur un tabouret au fond du lieu, et d'un ton joyeux, je levai une première bourse en m'écriant...

-Aurore, une bière, une assiette de fromage, et tes miches!

Aurore était probablement celle avec qui j'eu le plus de succès. Une demoiselle blonde avec un air sévère, mais un minois fort jolie, et un tempérament rebelle, la poussant à aimer les mauvaises personnes: moi. Cette fois, elle vint avec ma bière, en attendant le plat, mais l'humeur n'était pas au tripatouillage, hélas. Elle s'avança vers moi, se mit à ma hauteur sans prendre le temps de s'asseoir et dit...

-Rah ça t'arrives de faire gaffe?!

J'affichai une moue étonnée, en réponse à la sienne assurée, avant de répondre.

Ben quoi? Ta cadette m'a encore entendu parler de sa barbe?

Voler les gens qui ont "pas trop l'air dans le besoin", c'est bien. Sélectionner ceux qui en crèveront pas, c'est "honnête". Mais tentes de pas te faire voir! Tu vois le vieux robert? Ben ce troufions d'homme lézard t'a vu prendre sa bourse! Il paraît qu'il a engagé un mercenaire! Il t'a vendu comme un horrible voleur sans pitié, qui prend tout à la veuve et l'orphelin!

Ben il a pas tort: il était orphelin il y a quarante ans le vieux Robert, non?

Je plaisante pas! Écoutes, Nimar, je te... voila, mais j'ai vraiment peur que tu meures et que... Ce n'est plus sûr pour toi ici.

Je failli choir du tabouret sur le quel je me balançai. Des semaines que je travaillais pour m'installer ici. Que je faisais la cour à Aurore et deux de ses sœurs, tout en faisant l'immense effort de ne pas fuir la quatrième. Je ne partirais pas pour un con de mercenaire, sans avoir passé une seule nuit animée de surcroît. Je me relevai, terminai ma bière d'une traite, avant de me mettre en marche, et porté par la poésie et le courage, je déclarai à ma maîtresse, première du nom...

-Je ne fuirais pas très chère! Je protégerais! Un mercenaire ne me fera point fuir ma bien aimé... gardes mon frommeton au chaud. Je reviendrais victorieux.

Je voyais déjà ma victoire: Une dague dans le dos, dans la nuque. Personne ne le saura avant que le corps ne soit retrouvé. Aucune raison de plus me suspecter qu'un autre, ce sera un meurtre injuste, mais facile que j...

-S'il te plaît Nimar, restes mon honnête voleur, ne tues pas un homme qui désire juste protéger ceux qui en ont besoin.

"Rah, bordel" pensais-je...

-Rah, bordel Dis-je, avant de me retourner vers ma bien aimée de la semaine. Bon, alors je négocierais, mais si il tente de me broyer la gueule, je ne garantis rien. Et puis, quoi que si! Je reviendrais victorieux, mais sans sang sur les mains! J'en fais le serment.

A ces mots bien trop orgueilleux, je sortis, capuche sur la tête, et me mis à récolter toute information sur ce mercenaire. De ce que j'en entendis, c'était un assez grand bonhomme à l'air sympathique bien qu'étrange. Un bon samaritain qui aurait frotté sa moustache, et accepté d'aider un vieillard dans le besoin sans même demander le montant du salaire qui lui serait reversé. Un géant de deux mètres qui, bien que couronné d'un air innocent, ferait peur à tout ennemi. Je finis, au centre du village, par vérifier moi même ces information. Distrait et fatigué, je m’avançai vers un énième témoin potentiel. Je lui adressai, sans même le regarder, et en vidant ma gourde, ces quelques paroles...

-Hey, salut l'ami. Dis, j'ai passé mon après-midi à interroger les gens de cette rue, tu aurais pas vu un géant de deux mètres qui a l'air sympathique, humain, mais qui reste tr... OH BORDEL

Il ne faisait pas non plus deux mètres le cochon. Mais, ça ne faisait pas de doute. Un grand type baraqué, chauve, dont le visage est couronné d'une moustache. C'était lui, le mercenaire.


Dernière édition par Nimar Ombrien le Mar 16 Oct 2018 - 6:15, édité 1 fois

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Lutostran le Lun 8 Oct 2018 - 0:13

Contons donc une aventure extraordinaire d'un non moins exceptionnel personnage: Lutostran le magnifique, l'homme qui, s'il avait pu, aurait changé son nom par ce sobriquet, et ce n'était pas parce qu'il n'en avait pas envie qu'il ne l'employait pas, même s'il le faisait et bien trop souvent, mais parce qu'on ne le laissait pas finir de parler. Et quelle aventure mes aïeux, celle qu'on pourrait nommer par " la folle chasse au voleur de bourses " ou plus sobrement " la chasse au dérobeur ", quoiqu'au final ce ne fut pas tant une chasse que cela, et voilà donc l'objectif de ce court récit:

Depuis plusieurs jours Lutostran gambadait dans les terres du pays sans avoir d'idée par derrière la nuque de l'endroit où il allait, de l'aventure qu'il cherchait ou de l'étable où passer la nuit suivante. Est-ce que cela dérangeait le beau moustachu ? Pas le moins du monde, mais il serait idiot d'avoir douté. Alors, n'écoutant que le vide - aussi abyssal que la haine qu'il pouvait générer à l'égard de quiconque ne provoquerait pas sa colère - il parcourut les chemins et les sentiers jusqu'à tomber sur une ville. En fait, on voyait plutôt un village. Et si l'on inventait des nouveaux mots, on en dirait que c'en était une villounette, voir peut-être une petite-villounette en exagérant, mais le néologisme serait trop encombrant pour la mémoire. Alors, en y pénétrant, Lutostran se sentit grand, parce que dans l'euphorie que lui suggérait la présence infinie de passants il se croyait unique, surtout qu'il n'arrivait pas à se concentrer sur un visage plus de deux secondes sans que le flot qu'il bravait n'avala ce dernier. De plus, il semblait que les marchands ici et là avaient le mercenaire d'un œil tellement indescriptible que poser une émotion ou un sentiment dessus serait une épreuve qui irait jusqu'à la philosophie. Lutostran donc s'approcha d'un de ces honorables personnages, une femme à l'allure élancée, qui de sa voix de souche mélodieuse lui demanda si le vaillant se voyait intéressé par n'importe lequel de ses articles fièrement adressés au peuple sur un étal un peu en hauteur, pour prévenir au maximum le risque de vol. Cette information se montrait étrangère à Lutostran, aussi quand il vit une enfant lever les talons pour que ses yeux ne puissent lécher les articles, il s'empressa - après l'avoir aidée - de discutailler de ce fait avec la vendeuse:

-Ô marchande, moi, Lutostran le fougueux, mercenaire de son état, j'ai à vous poser la question suivante: pourquoi élever autant la table en bois sur laquelle vous montrez vos belles choses ? La petite ici présente a des difficultés à regarder, alors qu'elle pourrait très bien être cliente.

-Si vous achetez rien, partes d'là, je veux pas faire fuir la clientèle à cause des originaux comme vous. Mais autant répondre pour que vous me fichiez la paix: y'a trop de voleurs dans cette ville pour que je foute tout sur le sol. C'est pigé ?

Lutostran vira de bord et s'engouffra dans la mer de gens pour y chercher un boulot. Les gens semblaient si agréables ici, quoiqu'un peu entassés, mais il vaut mieux quelqu'un de collant que quelqu'un de distant non ? Et plus on est de fous, plus on rit, alors plus on est de gens collés, plus on est heureux ensembles. Et ce raisonnement porte tant de sens et de vérité qu'en y pensant, Lutostran dut encore une fois essayer de combattre son ennemi de toujours: l'orgueil. Cependant, pour combattre l'orgueil, une estime de soi souvent injustifiée - qu'on nomme vanité dans cette définition - vaut mieux aller voir ce que les autres ont à offrir, pour se sentir élève et arrêter de se croire maître de tout, souvent de rien comme on l'avait déjà compris. Un vieil homme, bien laid, ne cachait pas sa tristesse et sa hargne. Il voulait clairement se venger de quelqu'un. Bien que la vengeance ne fut pas dans les idéaux principaux de Lutostran, travailler pour un employeur qui voulait faire payer quelqu'un revenait à le payer lui, et l'argent permet de vivre dans ce bas monde, système utile aux emplois tellement diverses, dans le bien comme dans le mal.

Après avoir creusé en deux la mer de vivants, Lutostran le magnifique atteignit ce regard désolé de haine et l'aborda:

-Vieil homme, si vous me pardonnez à la fois ma venue et l'emploi du mot "vieil" pour vous désigner, j'ose espérer pouvoir vous demander de l'aide: je cherche à vous aider vous ! Je peux presque tout faire, et mon nom est Lutostran, mercenaire de qualité malgré une expérience quasi inexistante.

-Et pourquoi j'engagerai un mercenaire qui n'a jamais rien fait ?

-Je suis venu vous voir, et ça déjà c'est une preuve de mon dévouement futur à la cause dans laquelle je m'engagerai contre rémunération.

-Vous semblez bien fort, je me demande s'il y en a autant dans votre caboche que dans vos épaules de troll. Les débiles se font souvent écrabouiller par les malins, même à un mètre contre deux.

-Qu'attendez vous pour m'envoyer prouver ceci, vieil homme ? Il n'y a qu'à me payer une partie à l'avance et je prendrai le reste après avoir accompli ma tâche.

-Déjà, tous les lourdauds ne connaissent pas la négociation. Je vais essayer avec vous, gaillard, mais je vous préviens, il s'agit de récupérer de l'argent à un voleur, et j'espère bien que ce sera musclé.

-Pas de problème. Quelle est la cible et qu'avez vous à m'offrir en échange ?

-Un tigrain de mauvaise tête qui pille les honnêtes gens et qui écume les rues pour y faire sa magouille. On m'a dit qu'il part souvent écumer les bars comme un gigolo. Ramenez moi ma bourse et prenez lui la sienne. Cela vous paiera !

-Ma foi j'ai réfléchi et j'accepte. Mais je rajoute que s'il a déjà dépensé votre argent, je ne ferai que prendre sa bourse. Pour vous prouver ma bonne foi, je le ramènerai à vous s'il le faut, et mon emploi s'arrêtera à ce moment. Est-ce donc une affaire ?

-Oui, bon courage, mercenaire.

Quel plaisir pour Lutostran de voir le sourire d'une personne accompagner sa chasse à l'homme, ou plutôt au tigrain mâle fallait il croire. Cependant, l'information sur les bars ne semblait pas si utile quand on jugeait de la connaissance du mercenaire sur l'endroit actuel: après tout, il n'était là que depuis moins d'un heure, et ne savait donc pas où on avait établi un bar. Après avoir demandé à des passants des emplacements divers de bars, et après avoir vérifié plusieurs fois qu'on ne mentait pas, Lutostran trouva une belle place où il semblait y avoir moins de monde, au centre, et où peut-être on y voyait de l'alcool. Et bien joué, il n'y avait rien de tout cela.

Cependant, la providence récompensa Lutostran de ses efforts et une main vint se poser sur son épaule gigantesque:

-Hey, salut l'ami. Dis, j'ai passé mon après-midi à interroger les gens de cette rue, tu aurais pas vu un géant de deux mètres qui a l'air sympathique mais qui reste tr...

Pour les lecteurs les plus jeunes, on censurera la fin de cette phrase, Lutostran sourit de toutes ses dents pour lui signifier qu'il avait bien trouvé son homme. Et alors le mercenaire leva la main pour le saluer et alors qu'il découvrait ses dents de plus belle, il approcha l'autre main de l'épaule du tigrain afin de lui prononcer ces mots, à une vitesse certaine:

-Hey, je suis Lutostran, mercenaire de son état et vaillant guerrier employé par un vieil homme pour retrouver quelqu'un comme vous. Bien sur, si cette personne ne fait qu'un avec vous, ce qui voudrait dire que c'est vous, je me présente autrement: hey, tigrain intrépide, je suis venu négocier pour récupérer la bourse que tu as volée à un innocent ! Rend la moi donc ou affronte moi dans un combat honorable. Mais je suis venu pour discuter, donc inutile d'en venir aux poings !

Bien entendu, tout ce qu'avait prononcé Lutostran était véritable. Cependant, il était bien trop de bonne humeur pour se battre. Au fond de lui, l'argilite qui s'ignorait plutôt espérait que cet énergumène était un autre gus que celui qu'il était payé pour attraper.

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Nimar Ombrien le Mar 9 Oct 2018 - 21:56

Le destin ne peut haïr à ce point un tigrain, n'est ce pas? Un tel acharnement des entités divines sur un innocent mortel ne peut ainsi avoir lieu. Me tromperais-je? La chance serait-elle une déesse qui, sous ses tentantes formes, cache de traîtresse lames destinées à être planté dans le dos de quiconque ne voit pas se dessiner sur son visage de sadiques rictus? Tomber sur la personne quI veut ma peau, durant la phase de récolte d'information n'est pas possible, même l'antagoniste du bonheur ne peut connaître telle malveine. Ce devait être une ressemblance ridicule, un quiproquos comique aux yeux de tout spectateur extérieur. Je repris confiance en moi un instant pour régler ce malentendu ridicule quand la masse fit valoir son don de parole...

-Hey, je suis Lutostran, mercenaire de son état et vaillant guerrier employé par un vieil homme pour retrouver quelqu'un comme vous. Bien sur, si cette personne ne fait qu'un avec vous, ce qui voudrait dire que c'est vous, je me présente autrement: hey, tigrain intrépide, je suis venu négocier pour récupérer la bourse que tu as volée à un innocent ! Rend la moi donc ou affronte moi dans un combat honorable. Mais je suis venu pour discuter, donc inutile d'en venir aux poings !

C'était lui, le mercenaire engagé par le vieux Robert. Les idées se brouillèrent dans mon esprit. En une seconde, le contrôle de ma parole, repris in-extrémis au stress, passa aux mains de la panique. Je devais... je devais lui dire qu'il se trompait de tigrain, que ce n'était pas moi et que je ne connaissais même pas son commanditaire. Armé de mon courage, je déclarai...

-C'est la faute au vieux Robert! Sa bourse pendouillait, il faisait pas gaffe, et puis j'avais faim! Pis il est pas pauvre de toute façon! C'est juste un vieux c...

Con! Indéniablement, je présente toutes les qualités nécessaires pour être le plus stupide des énergumènes de ce royaume! "Ce n'est pas moi" eurent été les mots qui purent permettre un plus grand répit pour me débarrasser du gros tas de muscle. Donc naturellement, quelle est l'action effectuée? Me rapprocher d'un duel avec un géant de deux mètres! La voilà l'action effectuée. Je finis par reprendre mes esprits, pour poser mon regard embrasé par L'adrénaline dans ses yeux. Après un court soupire, j'inventai une histoire fort jolie...

-Voyez-vous Lutostran, je suis également favorable à une optique de discussion. Un combat ne serait aucunement raisonnable en vue des dégâts matériels que cela infligeait aux pauvres témoins pris par mégarde dans nos échanges hargneux. Malencontreusement, moi, Nimar Ombrien, en mon état d'humble voleur, ne puis t'accorder ta demande. Ce que je prend aux riches, je l'offre aux pauvres. Ton commanditaire appartient à la catégorie des riches, et ces enfants des rues qui n'ont pu manger que grâce à cette bourse appartiennent à la catégorie des pauvres. Ton employeur saura se débrouiller sans cette bourse. Mais ni la force, ni l'esprit ne sauront me pousser à reprendre les seuls biens de nos têtes blondes. Je suis certain que vous comprendrez. N'est-ce pas?

Mon mensonge était, en quelque sorte, grossier. Il est vrai que je vole aux riches, moins vrai que je donne aux infortunés. Si je ne pouvais répondre à la demande du mercenaire, ce n'était pas que je ne possèdais plus la bourse, qui se situait d'ailleurs sous ma cape, cachée juste à côté d'une de mes dagues, elle même invisible sans un regard plus qu'indiscret. Je ne voulais pas rendre cette bourse car elle était un excellent trophé. Ma plus belle prise depuis des semaines: comment eu-je pu rendre l'équivalent de dizaines de pintes de bière? De plus, bien que j'eu mieux fait de l'acheter, je suis habité par la conviction que mon mensonge marchera sur cet individu. D'après ses paroles, j'en conclu qu'il n'était pas de ceux qui, comme moi, pouvaient tuer pour une prime, sans jamais regretter une seule seconde les dizaines de tombes remplies pour nourrir une seule vie. Lui, toujours de ce que je conclu de ses paroles, adhérait à un idéal de justice, de gloire et d'honneur. Quel honneur y aurait-il à assaïr un humble voleur qui "prend aux riches pour offrir aux pauvres"? Eh eh eh, une seule erreur: mon nom qui, maintenant connu, eut pu l'aider à approfondir son enquête, quand bien même il me laisserait partir pour cette fois.

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Lutostran le Mar 16 Oct 2018 - 6:54

Il fallait dire que Lutostran aimait par-dessus tout discuter avec les gens et parler entre autre de leurs sentiments et de leurs expressions, aussi aimait-il remarquer leurs rictus et leurs mimiques faciales, même s'il ne savait pas vraiment comment les traduire par des mots. Après tout, il n'était qu'un roturier, et s'il aimait apprendre et connaître, il n'avait jamais pu être éduqué. Cependant, l'ami Lutostran savait voir la gêne quand il la voyait, car après tout, il ne savait pas pourquoi, beaucoup de gens se retrouvaient gênés en sa présence, en tout cas au début, et il pensait que cela venait de sa moustache, après tout elle était naturellement entretenue et brillait de mille feux, ce qui aveuglait peut-être le jugement de quelqu'un qui n'avait jamais pu voir ce genre de magnificences.

Tout cela pour dire que le tigrain, à peine eut il découvert l'apparence de Lutostran, changea l'aspect de son visage pour qu'il ne colle plus avec de la gêne, pire encore, la panique troubla son esprit et son corps, et en plus lui demanda de parler, en ce sens il dit:

-C'est la faute au vieux Robert! Sa bourse pendouillait, il faisait pas gaffe, et puis j'avais faim! Pis il est pas pauvre de toute façon! C'est juste un vieux c...

Lutostran ne pouvait être en colère, mais il ne pouvait pas l'approuver, et ce pour deux raisons: la première fut la franchise de cet homme qui effectivement ne prit pas la peine de mentir pour se cacher et ainsi être effacé des soupçons. Il y avait tellement de mensonges dans le monde que voir quelqu'un d'honnête - honnête alors qu'il était un voleur, l'effet est renforcé - galvanisait le grand argilite qui se cachait à ne pas haïr sans raison. La seconde était qu'il avait quand même commis un vol, et ce vol en question restait un vol à une personne qui semblait, ou en tout cas qui pourrait sembler, avoir besoin de sa bourse. Si le travail de mercenaire ne demandait pas à Lutostran de se mêler des affaires de ceux qui l'embauchent, il restait un être avec des idées, opinions, sentiments et valeurs.

Que ce soit la faute du vieux Robert, que sa bourse pendouillasse, qu'il soit étourdi, que Nimar fut affamé, que Robert ne soit point le plus pauvre ou qu'il soit un vieux caméléon - Lutostran avait bien deviné que le tigrain s'était retenu de l'insulter de caméléon - rien ne pourrait empêcher Lutostran de répondre à son contrat, surtout que cette affaire restait un vol, et le vol est un problème le plus souvent, malgré toutes les justifications énoncées plutôt pour approuver le vol de Nimar.

Le regard du tigrain apparut un peu plus déterminé, et il accompagna ce regard d'une jolie comptine:

-Voyez-vous Lutostran, je suis également favorable à une optique de discussion. Un combat ne serait aucunement raisonnable en vue des dégâts matériels que cela infligeait aux pauvres témoins pris par mégarde dans nos échanges hargneux. Malencontreusement, moi, Nimar Ombrien, en mon état d'humble voleur, ne puis t'accorder ta demande. Ce que je prend aux riches, je l'offre aux pauvres. Ton commanditaire appartient à la catégorie des riches, et ces enfants des rues qui n'ont pu manger que grâce à cette bourse appartiennent à la catégorie des pauvres. Ton employeur saura se débrouiller sans cette bourse. Mais ni la force, ni l'esprit ne sauront me pousser à reprendre les seuls biens de nos têtes blondes. Je suis certain que vous comprendrez. N'est-ce pas?

D'entrée de jeu, le tigrain évoquait les détails d'un combat entre les deux intéressés: une introduction qui ne collabore pas avec sa première phrase car elle montrait cet avenir possible, imaginé déjà par le tigrain. Ainsi, par simple jeu de l'esprit, il se projetait déjà dans la possibilité de se battre et d'y inclure des innocents. Mais imaginons qu'il y pensa juste pour empêcher justement Lutostran d'avoir à le faire, ce pourrait être noble. Dans le doute, il faut passer à la suite: Nimar évoqua la différence entre le statut de Robert et les enfants pauvres. Fut-ce une manœuvre pour faire culpabiliser Lutostran ? Oublions cette hypothèse, voyons ce que répondit Lutostran:

-Mon cher Nimar, permettez que je vous appelle comme cela, je suppose que votre bourse est restée sur vous tout ce temps, et qu'il reste encore un peu de ce butin attaché à une de vos poches. Dans le cas contraire, je n'irai bien sur pas récupérer cet argent aux enfants à qui vous dites l'avoir cédé, mais je me pose une autre question: vous aviez faim quand vous avez effectué votre larcin, ce furent vos mots. Alors avez-vous vraiment utilisé cette bourse en premier lieu pour vous nourrir ou répondre à votre idéal ? Vous avez en premier utilisé cet argent pour vous-même ou pour les démunis ? Dans un cas vous êtes fautif, dans l'autre également, mais dans le premier cas vous êtes égoïstes, et dans l'autre il me faudra une preuve. Car oui, avant tout je ne suis pas venu pour parler d'idéal ou quoi que ce soit, mais pour récupérer cet argent de votre poche et j'ai donné ma parole au vieux Robert. Je ne suis pas quelqu'un qui tient à ma réputation, mais j'essaie d'honorer mon contrat sans échouer. De plus, qui est ici le plus lâche, le voleur qui ne rend de compte à personne et qui bien qu'ayant fait preuve de franchise au début pourrait mentir, ou le mercenaire qui essaie de faire son travail sans effusion de sang et en respectant ses cibles ? Maintenant, je conclue en disant que j'attends de vous une chose: ou que vous me rendiez cette bourse, ou bien que vous me prouviez que vous l'avez cédé à quelqu'un.

Oui, c'était un ultimatum: ou il cédait, ou il devait donner une preuve qu'il n'avait plus les biens en question, auquel cas tout cela allait au dessus du contrat de Lutostran. Pour prouver au mercenaire que l'argent s'est échappé, il y avait deux solutions: ou aller voir ces familles et leur demander s'ils avaient reçus cet argent de Nimar ou...vérifier sur Nimar. Mais bien entendu, ce serait regrettable.

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Nimar Ombrien le Mar 13 Nov 2018 - 22:03

-Mon cher Nimar, permettez que je vous appelle comme cela, je suppose que votre bourse est restée sur vous tout ce temps, et qu'il reste encore un peu de ce butin attaché à une de vos poches. Dans le cas contraire, je n'irai bien sur pas récupérer cet argent aux enfants à qui vous dites l'avoir cédé, mais je me pose une autre question: vous aviez faim quand vous avez effectué votre larcin, ce furent vos mots. Alors avez-vous vraiment utilisé cette bourse en premier lieu pour vous nourrir ou répondre à votre idéal ? Vous avez en premier utilisé cet argent pour vous-même ou pour les démunis ? Dans un cas vous êtes fautif, dans l'autre également, mais dans le premier cas vous êtes égoïstes, et dans l'autre il me faudra une preuve. Car oui, avant tout je ne suis pas venu pour parler d'idéal ou quoi que ce soit, mais pour récupérer cet argent de votre poche et j'ai donné ma parole au vieux Robert. Je ne suis pas quelqu'un qui tient à ma réputation, mais j'essaie d'honorer mon contrat sans échouer. De plus, qui est ici le plus lâche, le voleur qui ne rend de compte à personne et qui bien qu'ayant fait preuve de franchise au début pourrait mentir, ou le mercenaire qui essaie de faire son travail sans effusion de sang et en respectant ses cibles ? Maintenant, je conclue en disant que j'attends de vous une chose: ou que vous me rendiez cette bourse, ou bien que vous me prouviez que vous l'avez cédé à quelqu'un.

Hélas, ces paroles sont la preuve qu'en face de moi, je n'avais pas un fou parfaitement dupe. Si mes paroles n'eurent suffit à le distraire de son objectif premier, je n'imaginai que peu de solution me permettant de passer outre son ultimatum, par ma seule voix. Je tus un instant ma gueule. Les yeux plongés dans ceux du géant, je serrai discrètement les dents, conséquence de ma rage, elle même conséquence des multiples fin à ce dialogue, qui me parurent évidentes, et fort peu arrangeantes. Dans mon esprit se bousculaient. Mensonge et ruse se battaient pour avoir l'honneur de me servir de bouclier face aux attaques verbales du grand diplomate. Ne pouvant trahir ma malhonnêteté par un silence gênant, je dû commencer à parler sans penser...

-Lutostran, je ne peux hélas vous rendre la bourse. Laissez-moi m’expliquer...

Dans mon infinie connerie, j'eu payé à ma promise l'argent des bières que je consommerai une fois cette affaire terminée...

-Dans mon infinie sympathie, j'offris un repas chaud aux nécessiteux que je croisai dans ce qui sert de taverne locale à cette... Euh... Cette ville.

Mais je ne peux fournir de preuve, car il va de soit qu'il faut plus que du talent pour fausser la vérité, mais aussi de la prévoyance. Or, mon plan originale était de vous planter dans le dos et non de vous taper la causette...

-Mais je ne peux vous fournir aisément une preuve, car il va de soit qu'en ce lieu on ne reste pas, mais on fui. Or, mes actes altruistes eurent permis, plus que la survie, le départ vers de meilleures terres aux aidés. Car comme pour vous, j'ai préféré discutailler et aider jusqu'au bout, plutôt que de tourner le dos.

Pour ces raisons il comprendra donc que ma bourse comme ses preuves, il peut se les carrer dans...

-Pour ces raisons, vous comprendrez que les témoins ne sont pas légions. Mais ma... La bourse de votre client a bien servi de don.

Mais comme je suis le plus malin, je peux vous arnaquer en vous menant à un témoin qui n'est pas neutre, et qui ira toujours en ma faveur.

-Mais comme je tiens à faire preuve de bonne foi, je peux vous donner l'une des rares preuves restante en ces lieux. Un témoin fiable que je n'ai, pour des raisons financières évidentes, pas pu soudoyer et dont j'assure la neutralité. La fille du tavernier locale qui travaille plus que son père. Elle me vit offrir à des mendiants les repas qu'ils méritaient, et saura en témoigner. La bourse ou les preuves disiez-vous? Je vous mène donc aux preuves, et n'osez en douter après avoir entendu la voix et l'honnêteté de la demoiselle.

Sans doutes en eu-je trop fait? Qu'importe, il demandait une preuve? Aurore, douce demi-elfe qui me plaisait et à qui je plu dès les premiers instants. Elle allait plaider mon innocence, et si elle ment bien, elle fera partir "l'honnête mercenaire". Je me mis en marche, tout en incitant par un signe de la main simple et paresseux que j'attendais de Lutostran qu'il me suive. Après quelques petites minutes de marche, nous arrivâmes à la taverne. J'entrai dans la tente trouée, et vis la chance me sourire pour la première fois de la journée. C'était bien Aurore qui tenait le bar, et non pas son père qui eut été bien moins sympathique à mon égare. Je ne pris pas une seconde pour penser et m'avançai d'un pas rapide, dépassant presque Lutostran d'un mètre avant d'atteindre la demoiselle. Je m'accoudai à une table avant de m'adresser à la demi-elfe qui semblait sidérée par la vue de l'humain qui me suivait. Je ne pouvais la laisser prendre la parole pour dire une bêtise. Je me mis alors à parler de manière presque hystérique...

-Bonjour Aurore, je suis bien heureux de te retrouver mais... hum, tu te rappelles de la semaine dernière, le soir où j'ai invité de nombreux mendiants? Ah quelle soirée, ils mourraient de faim jusqu'à ce que je leur paie la boustifaille. Mon ami mercenaire ici présent demande confirmation.

Mercenaire, invitation, confirmation... Ces messages principaux allaient forcément résonner dans l'esprit de la belle. Mais savait-elle seulement mentir? Manifestement, son talent pour le baratinage n’atteignait point la cheville du mien. Elle hésita après quelques rictus maladroits, et quelques moues curieuses, à répondre d'une voix peu assurée...

-Euh... Oui? Oui je m'en souviens ils étaient au moins dix, non huit. Et euh... Tu avais bien payé l'addition de chacun.

Outre sa voix plus qu'hésitante, ses mots et son ton trahissaient le mensonge évident, ou alors Lutostran allait-il croire que je l'ai menacé? Qu'importe, il ne sera sans doutes pas assez dupe pour croire au pot au roses.

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Lutostran le Lun 19 Nov 2018 - 22:51

Ô le petit tigrou fixait bien Lutostran comme s'il tentait de lui faire peur, à lui, l'impassible ! Bon en vrai intimider Lutostran était fort possible, mais là, l'ennemi n'était pas si apeurant, juste un voleur menteur tricheur. D'ailleurs, ce dernier serrait les dents, de hargne ? De rage ? De colère ? Il mangeait un truc ? Après une courte réflexion, il laissa échapper:

-Lutostran, je ne peux hélas vous rendre la bourse. Laissez-moi m’expliquer...

Il aurait été étonnant qu'il accepte. Après tout, il était perdant dans tous les cas.

-Dans mon infinie sympathie, j'offris un repas chaud aux nécessiteux que je croisai dans ce qui sert de taverne locale à cette... Euh... Cette ville.

Mmmmhhh....Cette hésitation. Oui, elle est traître la coquine. Pourquoi hésitait-il ? S'il savait aussi bien où aller pour donner aux pauvres, pour se justifier sur son environnement, pourquoi hésitait-il sur le nom à donner à l'endroit ? Peut-être fabulerait-on de penser ça, mais le fameux Nimar ne devait pas être si confiant à l'idée de décrire cette ville, soit car effectivement il ne la connaissait pas, soit il mentait et dans le stress, amènerait le mensonge. Mais passons sur cette idée, possible mais un peu trop chancelante de structure.

-Mais je ne peux vous fournir aisément une preuve, car il va de soit qu'en ce lieu on ne reste pas, mais on fui. Or, mes actes altruistes eurent permis, plus que la survie, le départ vers de meilleures terres aux aidés. Car comme pour vous, j'ai préféré discutailler et aider jusqu'au bout, plutôt que de tourner le dos.

Pourtant les gens ici n'avaient pas l'air de se plaindre. La preuve, il défend la pauvreté qui ne la serait pas tant que cela. La surpopulation serait un problème, d'ailleurs il faudrait voir les toilettes de l'endroit pour comprendre mieux. Et effectivement, comme il allait le dire...

-Pour ces raisons, vous comprendrez que les témoins ne sont pas légions. Mais ma... La bourse de votre client a bien servi de don.

...ses justifications étaient maigres, presque infondées, et ne reposant sur rien d'autre que sa parole beaucoup trop faible.

-Mais comme je tiens à faire preuve de bonne foi, je peux vous donner l'une des rares preuves restante en ces lieux. Un témoin fiable que je n'ai, pour des raisons financières évidentes, pas pu soudoyer et dont j'assure la neutralité. La fille du tavernier locale qui travaille plus que son père. Elle me vit offrir à des mendiants les repas qu'ils méritaient, et saura en témoigner. La bourse ou les preuves disiez-vous? Je vous mène donc aux preuves, et n'osez en douter après avoir entendu la voix et l'honnêteté de la demoiselle.

Une demoiselle comme preuve, dans un endroit inconnu, potentiellement piégé, dangereux, et sûrement pas neutre vu qu'il est si confiant. Il commença à se dépêcher de partir, pour être sûr d'emmener à son traquenard le pauvre Lutostran, et se dépêcha bien trop. Heureusement que la taille supérieure du mercenaire l'aidait à voir par delà la foule sinon quoi il aurait pu s'échapper de vive allure. Mais au terme d'un obligatoire voyage, Luto et Nimar atterrirent dans un petit bar tranquillou bilou. Là, le fameux tigrain se dépêcha d'atteindre la tenante du bar, certainement pour fomenter quelconque plan contre l'incroyable. Il se laissa dire, de vive voix, presque hurlant, frénétique:

-Bonjour Aurore, je suis bien heureux de te retrouver mais... hum, tu te rappelles de la semaine dernière, le soir où j'ai invité de nombreux mendiants? Ah quelle soirée, ils mourraient de faim jusqu'à ce que je leur paie la boustifaille. Mon ami mercenaire ici présent demande confirmation.

Non mais sans déconner. Trop de détails, directement. Non, ça ne pouvait pas passer mais disons que dans un univers, l'ami Nimar était trop stressé devant la musculature du magnifique mercenaire et voilà la raison de ses réactions. Maintenant, pour achever la tentative, voyons ce qu'avait à dire la belle:

-Euh... Oui? Oui je m'en souviens ils étaient au moins dix, non huit. Et euh... Tu avais bien payé l'addition de chacun.

Quelles expressions faciales ! On paierait pour en voir des si originales ! Trêve de moqueries, Lutostran commença à parler, d'un sourire infini et d'une envie terrible de leur expliquer des choses:

-Bonjour, mon amie. Je me présente, Lutostran, humain de condition certaine, mercenaire, et nouveau compagnon de votre connaissance, Nimar Ombrien. Avant de parler de cette tentative ridicule de mensonge, bien qu'originale, je m'en vais expliquer ma situation: j'ai été engagé par le vieux Robert pour que sa bourse lui revienne, laquelle fut dérobée par le tigrain ici présent. Bon, je vous avoue avoir eu de la chance de tomber sur un voleur qui eut l'audace de m'affronter avec des mots et des preuves plutôt qu'avec des coups de griffes, même s'il y eut plus de mensonge dans ses mots et trop de flou dans ses preuves, dont vous faites partie. Je vais résumer sa justification pour le vol de Robert, mon employeur: il aurait tout donné aux pauvres. Bien sûr, je refuse d'y croire à 100%, mais j'ai la volonté d'y croire au moins, voilà pourquoi au lieu de l'attaquer, j'ai bien voulu le suivre jusqu'ici. Et il me mène jusqu'à vous.

Lutostran recula un peu, il avait une prestance !

-Ils étaient au moins dix, euh non huit ? Cet endroit doit être surpeuplé, comment avez vous pu vous rappeler, une semaine dans le passé, du nombre exact de personnes d'un groupe ? D'accord, ils étaient l'ami de Nimar, que vous appréciez assez pour le défendre, mais nous étions le soir, où usuellement nous avons dans les bars le pic de population. Je pourrais y croire, mais c'est un argument très peu convaincant. Et même, pour un voleur qui s'assume comme Nimar, avoir payé pour chacun avec un argent dont vous savez la provenance me paraît étrange ! Savez vous toujours de quelle bourse il tire son argent ? Non, votre argument me paraît trop irréaliste. Je pense être assez brut dans mes prochaines paroles, après tout malgré ma patience, je ne vais pas non plus commencer à vous apprécier, non pas que je ne le veuille pas, mais je travaille, le temps m'est précieux.

Là, il allait commencer à être méchant. Quoique le méchant dans l'histoire, qui est-il ?

-Alors voilà: je vais donner à Nimar une dernière chance de se justifier pleinement, avec votre aide bien sûr Aurore. Si la justification n'est pas réaliste, je vais devoir sévir, et c'est une menace certaine. Bien sûr, nous sommes dans une taverne, je ne vais pas entamer un combat ici, parce que ce n'est pas l'endroit. Nimar, vous connaissez le lieu, vous pourriez vous enfuir. Mais imaginons que vous partiez, je n'appartiens à aucune juridiction, je pourrai très bien vous poursuivre jusqu'au bout du monde. Maintenant, voudriez vous vraiment jouer à cela, alors que vous pourriez juste aller confronter le vieux Robert? Dans le pire des cas vous travaillerez quelques mois. Mais bon, cela ne me concerne pas. J'ai apposé ma menace éhontée, je suis désolée encore une fois de vous importuner, et j'excuse à la place de Nimar, Aurore, de vous avoir impliqué dans cette affaire malgré vous.

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Nimar Ombrien le Mar 4 Déc 2018 - 19:44

Aurore était paralysée par le monologue de ce curieux personnage. Moi, j'en étais enragé. J'aime quand les individus dotés d'une certaine sagacité soient à mes côtés, et non pas face à moi, ou à s'accrocher avec hargne à mes pieds pour me pourrir la vie. Ce Lutostran parle bien, sourit bien, et est, en quelques sortes, accompagné d'une certaine aura de sympathie qui n'a hélas aucun effet sur moi pour une simple raison. Toutes ses compétences sociales et cérébrales étaient appliquées à un usage: me gêner. Vertuchou, j'aurai  tellement dû le planter dans le dos à la nuit tombée! Mais c'était trop tard. Ces paroles atteignirent les oreilles d'Aurore, qui, en plus d'être humiliée par sa tentative lamentable de bluff, est maintenant perturbée par la valeur morale de ses actes, et des miens. Forcément, quand grand couillon sympathique vient dire "le vol c'est très vilain" avec des phrases bien construites, quelques semaines ne suffisent pas à créer un lien suffisamment solide entre un voleur et une marchande pour demeurer indemne face à la justice. Elle ne m'en voulait pas, mais elle était perturbée, et peut être pour longtemps, me laissant seul. Voilà pourquoi ce parasite moustachu m'était si antipathique: il me ramène à mon habituelle solitude. Il rappelle à l'ordre les rares personnes aux quelles je tiens, en leur disant que je suis un voleur. Il leur rappelle ce qu'ils avaient fait l'effort d'oublier: je ne suis pas une bonne personne.

Il perd patience, et moi de même. Si je ne trouve pas d’arrangement rapidement, il le sait comme moi, ce sera la fuite ou le sang. Je me levai lentement, me retournai vers la sortie, et me mis à avancer d'un pas lent et assuré. Avant que Lutostran ne décide de m'intercepter, ce qui eut été un réflexe plus que logique, je sortis de ma manche une bourse, vide, mais confectionnée d'un bien bon tissu. Je l'envoyai au mercenaire avant de m'expliquer...

-C'est celle du vieux Robert. Tu t'en doutes, elle n'était pas vide lorsque je l'ai dérobé, et, vu qu'il ne sert à rien de te mentir, je te préviens que je ne rendrais pas l'argent avec. D'une part, j'en ai dépensé la majeure partie, et d'une autre, si je devais donner MON or à quelqu'un, ce ne serait pas à ce vieil avare qui n'en a nullement besoin pour subsister.

Je repris alors ma marche vers l’extérieur, étouffant d'impatience. Quelle impatience?...

-Il n'en sera pas satisfait... Ce chien t'a demandé la bourse mais il n'en voudra plus. Il te demandera de revenir, plus sévère, pour récupérer l'argent. Si tu venais à accepter, je n'ai ni les moyens, ni l'intention de te rendre ses pièces d'argent. Un pacifique dialogue ne sera plus réellement envisageable, ou alors tu devras te montrer terriblement convaincant. Je traînerai dans la rue marchande à quelques vingtaines de mètres de là...

Était-ce un simple avertissement? Une provocation en duel? Une menace? Je ne le savais pas moi même. J'étais enragé par ces multiples échecs lors des négociations, et honteux de l'implication d'Aurore, que je ne pu regarder dans les yeux. Aurore, qui devait être bien attristée, voir choquée de me voir trahir, et ma promesse, et mon attitude. En effet, mon habituel sourire narquois et rieur, accompagné d'un regard vif quoi que légèrement alcoolisé n'était plus. Mes yeux devinrent sombres, presque morbides, et ma gueule terriblement neutre, peinant à lâcher ces simples mots...

-Désolé Aurore, je repasserais si tu peux me pardonner.

Je finis enfin par sortir, d'un pas soudainement vif, presque accourant, de crainte que Lutostran dont j'eu presque oublié l'existence, ne décide de ne pas faire un passage par Robert. Je m'arrêtai enfin dans un large passage quelconque, quoi que bondé de peuple. De nouveau seul, je patientais en Caressant, dans l'ombre de ma cape, deux dagues. Comment pourrait-il ne pas revenir ce mercenaire?

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Re: Le vaillant et le vil.

Message  Lutostran le Lun 10 Déc 2018 - 11:35

Appelez les pompiers et évacuez les gens de l'auberge !
Nimar fumait tellement intérieurement que cela aurait pu provoquer un feu et cramer l'établissement ! Ô, Lutostran le voyait s'énerver, à tel point que le grand dadet était prêt à dégainer ses épais bras pour contrer un coup d'arme. Aurore, elle, ne bougeait pas. Elle réfléchissait certainement, et c'était parfait: elle ne prenait parti de personne. Le mercenaire avait gagné, techniquement, le combat psychologique: lui restait calme tandis que Nimar enrageait. Il ne restait maintenant plus qu'à le cueillir. Cependant, il préféra...jeter l'éponge. Voyez donc:

-C'est celle du vieux Robert. Tu t'en doutes, elle n'était pas vide lorsque je l'ai dérobé, et, vu qu'il ne sert à rien de te mentir, je te préviens que je ne rendrais pas l'argent avec. D'une part, j'en ai dépensé la majeure partie, et d'une autre, si je devais donner MON or à quelqu'un, ce ne serait pas à ce vieil avare qui n'en a nullement besoin pour subsister.


Il jeta donc une grosse bourse dodue d'air, que Robert avait dû engraisser d'autre chose, d'où l'intérêt de Nimar pour son larcin. Bah, le contrat était de ramener la bourse, après, de voler la sienne en guise de paie. Compliqué cette affaire. N'empêche que l'ami tigrain continua sa rage en lettres:

-Il n'en sera pas satisfait... Ce chien t'a demandé la bourse mais il n'en voudra plus. Il te demandera de revenir, plus sévère, pour récupérer l'argent. Si tu venais à accepter, je n'ai ni les moyens, ni l'intention de te rendre ses pièces d'argent. Un pacifique dialogue ne sera plus réellement envisageable, ou alors tu devras te montrer terriblement convaincant. Je traînerai dans la rue marchande à quelques vingtaines de mètres de là...

Oh ! Lutostran voyait, un peu triste, l'expression du visage de Nimar alterner entre la haine, le dépit, la paresse et la tristesse. Fut-ce un défi, une invitation à la discussion loin d'Aurore, une tentative d'embuscade ou alors un petit repas ? Il pouvait peut-être aussi être en train de péter les dents de Robert mentalement, avant de le faire physiquement. Mais bon, dans tous les cas il partait en demandant pardon à Aurore. Il partait, allez allez, calmos. Lutostran tendit une pièce à Aurore:

-Je vous pris de ne pas refuser cette pièce, j'ai bien consommé de votre temps n'est ce pas ? Au lieu de haïr votre ami, détestez moi à la place, je vous l'implore. Il ne semble pas un mauvais bougre dans le fond, sinon il n'aurait pas réagit de cette manière. Enfin bon, bonne fortune à vous madame ! En espérant qu'il ne transforme pas cette altercation en duel...


Lutostran sortit et dépassa vite la foule. En peu de temps, Lutostran découvrit Nimar passant la ruelle discrète. Il y avait étonnamment moins de gens ici, et d'espace encore moins. Avant même que la ruelle ne soit franchie par le voleur, l'argilite ne le sachant pas découvrit son ami arrêté. Il semblait avoir découvert qu'on le suivait. Lutostran leva son bras comme un bonjour:

-Je ne sais pas comment cela va tourner mais il semblerait que nous n'allons pas en sortir indemne. Je vous propose quelque chose Nimar: moi même je ne suis pas un grand méchant mercenaire et je veux bien qu'un voleur comme vous ait une seconde chance. Mais alors, je vous propose un compromis: allez donc en ma présence voir le vieux Robert, et nous parlerons tous ensemble d'un compromis. Ou alors battons nous, mais je ne vous propose pas d'essayer, il faut dire que ce n'est pas dans ce genre d'endroit que je montrerais mon réel potentiel !




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