Savez-vous sauver les choux ?

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Dim 6 Mai 2018 - 19:52

L’odeur du sang humain emplissait totalement l’air. C’était mauvais signe… très mauvais signe….

Le Floranide avait fini de récupérer et passa à l’attaque alors que je venais d’esquiver les feuilles de son allié. C’est alors que je le vis arriver derrière la créature végétale telle une bourrasque de vent. Sa lame entra à l’arrière du crâne du Floranide pour ressortir par sa bouche. Surpris, l’autre créature se tourna vers Félix et je profitais de son inattention pour abattre mon sabre sur lui d’un mouvement circulaire. Son cou ne soutint par le choc et sa tête tomba au sol. Ainsi décapité, il rejoint son camarade dans la gueule de Sercanth.

« Je crois… que j'ai besoin de repos… »

Je replaçais mon sabre dans son fourreau. Lorsque ma main lâcha l'arme, je sentis l'inquiétude m'envahir. Félix avait la jambe gauche en sang. Son épaule controlatérale n’était pas en bien meilleur état…. Ses habits déchirés par endroits laissaient deviner de nombreuses autres plaies, un peu partout sur son corps, qui lui faisaient perdre une quantité de sang non-négligeable.

Alors que je mesurais l’étendue des dégâts qu'il avait subi, il se laissa glisser au sol, les yeux fermés. Non, il n’allait pas mourir maintenant ? Pas comme ça ! Je m’approchais de lui en essayant de ne pas céder à la panique. Je me penchais vers son bras gauche et attrapais sa manche avec les dents, tirant fortement pour arracher plusieurs morceaux de tissu. Aussi vite que possible, j’enroulais un lambeau autour de sa jambe en serrant assez fort pour stopper momentanément l’hémorragie. Je fis ensuite de même avec l’épaule, mais le bandage hâtif ne suffisait pas. Il me fallait l’emmener rapidement dans un lieu où on pourrait le soigner.

Son visage était pâle. Il avait l’air déjà mort. Je ne pu m’empêcher de glisser deux doigts dans son cou pour vérifier que son pouls battait encore. Je sentis une faible pulsation.

« Tenez bon ! »

Je passais une main dans son dos et l’autre sous ses genoux pour le soulever de terre. Le bougre, il avait beau avoir perdu une sale quantité de sang, il pesait son poids ! Cependant, je n’avais pas de temps à perdre et j’avançais aussi rapidement que je le pouvais, me concentrant pour ne pas flancher. J’avais un pied blessé, mais ce n’était pas ça qui allait me ralentir.

Je me dirigeais vers la ferme des Xolons dans une course boiteuse. Elle me paraissait tout à coup bien loin. Avions nous marché autant à l’allée ? Au cours de ma progression, j’avais l’impression que l’esprit de Félix s’envolait. Que de sang perdu. Quel gâchis…. Allait-il vraiment mourir comme ça ? Je n’aurais jamais dû l’écouter. J'aurais dû rester combattre les Floranides à ses côtés avant de m’en prendre au Tréant. Je me maudissais intérieurement.

« On arrive. Ne mourez pas maintenant, on n’est plus qu’à quelques mètres. Rehb va s’occuper de vous, ça va aller… »

Je voyais déjà les bâtiments et la porte principale qui semblait me hurler d’accélérer.

« Et s’il ne peut pas vous sauver, je pourrais le faire… si vous voulez…. »

Je ne sais pas ce qui me prenait. Je n’avais pas eu le temps de lui demander ce qu’il aurait préféré entre mourir ou être sauvé en devenant un vampire. Réflexion stupide. Personne ne choisirait volontairement d’être transformé en monstre. Et de toute façon, Félix n’était pas en état d’entendre ce que je lui disais, encore moins de donner son avis.

Enfin, nous finîmes par traverser le porche.

« A l’aide ! On a besoin d’aide ! »

Je hurlais de toutes mes forces et la lumière d’une chandelle apparu bientôt, suivie d’un bruit de pas lourd. Un Xolon apparu, en tenue de nuit, les yeux encore rouges et le regard perdu. Il vit le corps de Félix et le prit dans les bras pour l'emporter dans la maison. Je le suivi en courant. Une femelle Xolon apparu à son tour et le couple se mit à parler de la marche à tenir. Félix fut emporté dans une chambre et le Xolon mâle me demanda d’attendre à l’écart, m’affirmant que sa femme prendrait soin de lui. Quant à lui, il parti en ville chercher quelqu’un capable de soigner de telles blessures.

Le calme se fit tout à coup. Je restais quelques secondes devant la porte de la chambre, figée. Je finis par me rendre dans une petite cuisine pour m’asseoir sur une massive chaise de bois. Mes mains étaient rougies par le sang de l'Humain. Par réflexe, je les portai à mes lèvres pour les lécher, distraitement.

C’était tellement… délicieux…

Je sentis une goutte d'eau s’échapper d’entre mes cils pour couler le long de ma joue et s’écraser au sol. Cette larme fut bientôt suivie par une autre, puis par un torrent qui inonda mes yeux. C’était fini. Le calme était revenu. J’avais le droit de craquer maintenant.

Au bout d’un moment, Rehb revint accompagné par un Tigrain portant une caisse de bois. Ce dernier entra dans la chambre tandis que le Xolon vint me rejoindre sur une seconde chaise. Nous attendîmes là une bonne partie de la nuit. Finalement, le Tigrain-soigneur sortit de la chambre, accompagné de la Xolon. Tous deux avaient l’air à bout de souffle.

« J’ai fait ce que j’ai pu. S’il survit jusqu’à demain soir, c’est qu’il est tiré d’affaire. »

Il me demanda si j’avais également besoin de soins et je mentis en affirmant ne pas avoir été blessée. Je fermais les yeux et la femelle Xolon me proposa d’aller me coucher à mon tour. Elle m’installa une couchette de fortune dans une pièce qui servait à stocker des céréales. Je m’étendis là sans me faire prier.

Les heures passèrent lentement. J’attendais, l’esprit brumeux.

Je ne ressentais plus rien.

Pas même la soif.

Au final, quand la journée commença à mourir, je finis par sortir de ma couchette pour aller affronter la triste vérité. La porte derrière laquelle se trouvaient la femelle Xolon et Félix était ouverte. Je me glissais dans la chambre et jetais un coup d’œil à ce que j’espérais ne pas être un cadavre.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 14 Mai 2018 - 16:43

Un bretteur maniant la rapière excelle à combattre un seul ennemi, au corps-à-corps. Il est également, grâce à sa propension à l'esquive, un adversaire très honorable pour les archers de toutes sortes, bien qu'une flèche tirée à bout portant soit un challenge à éviter. Ma magie me permettait de faire face à plusieurs ennemis, et mon entraînement m'avait même donné les outils pou occuper deux floranides en même temps, quand bien même j'avais été cantonné à la défense. Mais c'était bien trop peu. Lozir n'avais pas eu le temps de faire de moi un maître duelliste, quand bien même les bases solides qu'il m'avait transmises m'avaient permis de défendre mon honneur sans grande peine à la cour. Et les années passées à la cour, justement, ne m'avaient offert que peu d'occasion d'affûter mes talents. Si bien que j'étais, en ce moment même, allongé dans un lit et couvert de bandages.


Je gardais les yeux fermés, respirant assez fort pour rassurer sur mon état, et assez doucement pour maintenir l'illusion du sommeil. Mais mes sens invisibles étaient étendus autour de moi, et j'écoutais. j'avais repris conscience depuis l'équivalent d'une heure ou deux selon mes estimations, assez pour que la personne qui s'était occupée des soins reviennent et discute à voix basse avec la femme de Rehb. Le plus gros soucis avait été la perte de sang : mis à part mon épaule et ma jambe, la plupart de mes blessures, si elles avaient laissé le précieux liquide couler, restaient superficielles. Pour ce qui était des deux véritables soucis, le médecin pensait que mon épaule mettrait deux semaine à se remettre. Pas un grand soucis, c'était mon épaule droite, et j'étais gaucher. En revanche, pour ce qui était de ma jambe …


La blessure originelle n'était pas gravissime. Certes, une branchette en travers de la cuisse c'est douloureux, mais le bois n'avait rien touché de vital ou d'important. En revanche, un stress malvenu avait été appliqué aux muscles, et ils avaient été salement atteints. Rien qui ne puisse être réparé avec le temps heureusement, mais si il fallait compter là encore deux semaines avant que je puisse marcher au calme, la convalescence complète se comptait en mois : 3 pour être précis, à moins de trouver quelqu'un capable d'utiliser la magie de soin naturellement. J'avais écouté tout cela sans réagir, soucieux d'entendre la vérité pure plutôt qu'une version inutilement édulcorée pour me ménager.


Depuis, j'étais resté immobile, songeur. Il me fallait réfléchir à mes priorités. Me faire payer pour mon travail, sermonner Rehb pour son manque de précision … et rentrer ? Je ferais mieux de ne pas trop traîner de toute façon, Longe était à plusieurs jours de trajet et Je n'avais eu une ristourne auprès de cette chère aubergiste que pour un temps limité. Je ne risquais pas de me retrouver à la rue pour autant, mais mes maigres possessions restées là-bas, si. Du moment que je la payais à nouveau en rentrant, je n'aurais à déplorer la perte que de quelques livres et vêtements, à moins qu'elle n'ai trouvé quelqu'un d'autre à loger à ma place évidemment.

C'est pendant que je réfléchissais à cela, immobile et feignant le sommeil, que je perçu une nouvelle approche. quelqu'un qui n'était pas un xolon approchait. Je la reconnu à son manque de .. respiration. Je n'avais plus rien à obtenir à dissimuler mon état de veille. Je me tournai donc vers la porte, reportant mon attention vers la vampire. Je ne tentais pas de me redresser de peur de compromettre les soins qui m'avaient été apportés, mais je doutais que parler soit bien dangereux.

- Je pensais que vous étiez partie : il paraît que je suis resté inconscient un moment. Je repensais un instant au style de combat de la vampire : maintenant que je pouvais m'inquiéter d'autre chose que ma sécurité, ma curiosité était piquée. Je … merci. Et … ce que vous avez fait … avec vos sabres … Je toussotai, me demandant comment amener le sujet sans sembler indélicat. Enfin … disons que je voulais d'abord en savoir plus sur la nature de ces phénomènes. C'était … ce n'était pas lié à votre condition ? C'était très impressionnant.


Je n'avais entendues que des rumeurs sur des maîtres d'armes capables de faire des miracles avec leurs lames. Mais j'avais vu Müss sortir un sabre du sien, forcer sa lame à enserrer une gorge sans la trancher … je m'étais toujours montré dubitatif devant ces récits, d'autant que mon ami mage ne semblait rien connaître de comparable, mais j'avais eu la preuve qu'il ne s'agissait pas de fables. De tels pouvoirs seraient sans aucun doute un avantage face à des adversaires comme les floranides. Mais Müss était une vampire : sa magie était-elle liée à sa condition de morte-vivante ? Verrait-elle un quelconque intérêt à m'enseigner ses secrets si ce n'était pas le cas ? Ou préfèrerait-elle disparaître vers son monde nocturne ? Dans ce dernier cas, je ne pourrais rien faire : même au sommet de ma forme je ne pouvais espérer la poursuivre, et sans soin magique je mettrais des semaines à retrouver mes capacités entières.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Mar 15 Mai 2018 - 12:37

Voyant que l’Humain dormait, apaisé, la femme de Rehb tourna les talons. Elle m’aperçu et posa une main compatissante sur mon épaule avant de quitter la chambre. Je m’approchais du lit sans savoir quel comportement adopter quand Félix ouvrit les yeux et se mit à parler.

« Je pensais que vous étiez partie : il paraît que je suis resté inconscient un moment. »

Je hochais la tête sans rien dire. Comment pouvait-il s’imaginer que j’étais partie alors qu’il était dans cet état ? Il me remercia et, encore une fois, je me contentais de hocher la tête. Je pouvais dire la même chose : sans lui, je ne m’en serais pas sortie avec quelques doigts en moins et un pied blessé. Trois voyous, une dryade, un tréant et deux floranides… non, je n’aurais pas tenu bien longtemps seule face à tant d’adversaires.

« Et … ce que vous avez fait … avec vos sabres … C'était … ce n'était pas lié à votre condition ? C'était très impressionnant. »

Je ne pu m’empêcher de sourire face à sa remarque. Il venait de frôler la mort mais ça ne l’avait pas refroidi, le voilà qui s’intéressait déjà à de nouvelles techniques de combat. Je réfléchis à sa question, les yeux fixés sur le plafond, pensive. Il est vrai que j’avais développé cette aptitude avec le sabre de ce satané vampire, juste après avoir été transformée. Mais était-ce vraiment dû à ma condition, comme disait Félix ? Non, je ne pensais pas. Lorsque j'étais encore humaine, j'allongeais la lame de la faux que j'utilisais aux champs. Mais j’avais toujours caché ce pouvoir qui m’aurait fait passer pour une fille maudite aux yeux de mes pairs. Et si j’avais tant amélioré cette aptitude après être devenue un vampire, c’est parce que j’avais pu la travailler à longueur de journée, après avoir radicalement changé de vie.

Avec hésitation, je répondis donc ceci :

« Je ne pense pas que ce soit lié à ma condition… »

Je continuais à observer le plafond avec attention, perdue dans mes pensées.

« J’imagine qu’avec beaucoup de travail, il serait possible de maîtriser ces… heu… ces techniques… notamment pour quelqu’un ayant déjà une certaine affinité avec le… la… enfin, la… magie… »

J’avais du mal à prononcer ce mot compliqué. La magie. C’était quelque chose de très mal vu de par chez moi, vers Estandre. Les mages n’étaient pas sensé exister hors de la haute société. Ils se réunissaient en secret et ne dévoilaient jamais leur véritable nature aux autres mortels. Mais Félix avait fait preuve de certaines capacités hors du commun et, même si je n’osais pas l’accuser ouvertement d’être un magicien, je devinais qu’il faisait partie de « ces gens-là ». Aussi, non sans mal, j’avais osé prononcer ce fameux mot.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Dim 20 Mai 2018 - 16:43

- J’imagine qu’avec beaucoup de travail, il serait possible de maîtriser ces… heu… ces techniques… notamment pour quelqu’un ayant déjà une certaine affinité avec le… la… enfin, la… magie…

Je manquais de rire, mais je me retins en prenant en compte le fait que cela pourrait raviver quelques douleurs. Je me contentais donc d'un grand sourire amusé, dû à l'hésitation dans la voix de la vampire. Pouvait-on vraiment vivre une vie immortelle et toujours n'oser évoquer la magie qu'à demi-mot ? Certes je savais que les estanols étaient peu accueillants au regard de la magie, mais il n'y avait rien à craindre ici, loin s'en faut ! Même en Tacomnal la magie n'était pas aussi violemment perçue qu'en Estandre, mais il faut dire que là-bas, mieux vaut ne pas lancer de sorts.

- Vous étes ... ou étiez estanole, n'est-ce pas ? Pour ce qui est de la magie, (j'appuyais le mot, trop amusé pour ne pas insister sur son petit mal-être, bien qu'il s'agisse au pire de taquinerie) j'ai eu un professeur à la cour tacomane. Je ne maîtrise qu'un sort ceci dit, mais comme vous l'avez vu, il me permet de manier mon arme avec une efficacité redoutable. Je poussais un petit soupir, reprenant mon sérieux. Mais comme en atteste la situation présente, ce n'est pas toujours suffisant. Je dois rentrer sous peu à Longe, à une petite semaine d'ici. Si vous vous sentez l'âme d'un professeur, peut-être accepteriez-vous de m'entraîner un peu ? J'aimerais beaucoup réussir ce genre d'exploits moi aussi.


Je voulais au moins récupérer les affaires que j'avais laissées à l'auberge. Je doutais que Müss soit intéressée par, ou même envisage de vivre dans ou près de Longe. Les siens sont chassés par beaucoup, même à Telbara, et il est difficile de cacher son identité quand on ne peut vivre que la nuit. A moins donc qu'elle garde une surprise dans sa manche, je m'apprêtais à suivre Müss sur les routes ou, du moins, là où elle irait. Sacrifier quelques semaines de confort dans le but de manipuler ce genre de pouvoir me semblait tout à fait acceptable. Grâce à ma monture je ne la ralentirais pas, mais si nous avions l'occasion de croiser quelque soigneur magique en route, ce n'en serait que mieux. Dans tous les cas, je devrais attendre demain avant de pouvoir partir de la ferme, alors je demandais également à Müss d'aller chercher Rehb : Il était temps de se faire payer, et de lui rappeler que remplacer "dryades" par "bandits" sur une annonce n'est pas une bonne idée !

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