Savez-vous sauver les choux ?

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Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Dim 11 Fév 2018 - 22:40

Des voyous me harcèlent et saccagent mon exploitation depuis des semaines. Pitié, réglez leur compte, ou bien je finirai sur la paille à ce rythme.

– un fermier Xolon du nom de Rehb

Renseignements Pris, l'exploitation de Rehb se trouvait dans les environs du Guet. Partant de la petite auberge de Longe où je logeais, c'était une expédition d'une semaine que j'avais dû prévoir. Enfin, légèrement moins, grâce au cheval que j'avais réussis à me procurer grâce à mes économies récentes. Le temps de rassembler mes affaires et de négocier un report de paiement avec l'halfeline (je voulais éviter de payer des nuits que je passais à l'extérieur), et me revoilà sur les routes.

Fort heureusement, le trajet avait été pour le moins plat. Ennuyeux même. Une seule attaque, au milieu de la route, là où je me trouvais le plus éloigné de la civilisation. Rien de transcendant non plus ceci dit, j'avais pu me contenter de fuir mes assaillants. C'était un autre des avantages d'avoir une monture. C'est ainsi que j'arrivais sur les terres de l'éléph... du Xolon en fin d'après-midi, quelques jours après mon départ. Plein de bonne volonté, celui-ci me proposa de passer la soirée et la nuit avec sa famille : les voyous avaient "promis" de revenir dans deux jours, donc son exploitation était calme pour l'heure.

Un calme tendu. Même moi qui était incapable ou presque de lire les expressions sur un visage non humanoïde, il m'était facile de remarquer les impressionnantes cernes sur la figure de Rehb et de sa famille. J'insistai pour mettre ce qu'il me restait de provisions en commun avec leurs réserves pour préparer le dîner : de toute façon, je n'avais pas besoin de les conserver. La soirée fut agréable dans l'absolu, et une petite remise fut aménagée avec un matelas de fortune pour moi. j'avais connus infiniment mieux, mais après plusieurs jours à dormir à la belle étoile, je n'en demandais pas plus. Mon cheval fut amené dans un enclos qui avait connu des jours meilleurs mais restait encore solide, étrangement épargné par les attaques.

Depuis mon lit de fortune, je ne pouvais manquer d'être réveillé par une silhouette qui s'approcha de la ferme au milieu de la nuit. L'obscurité aurait du m'empêcher de la remarquer, mais bien qu'elle ne rase pas exactement les murs, elle restait dans mon espace. En fermant les yeux, je pouvais même aisément ressentir chacun de ses muscles se contracter tour-à-tour. Les siens, et ceux des quelques rongeurs alentours d'ailleurs, mais je mis ces derniers de côté. Lentement, le plus silencieusement possible, je me levais et me saisis de ma rapière : les voyous n'avaient pas annoncé venir si tôt, mais si on commence à prendre au sérieux les dires de tels pendards, où va-t-on ?

En pleine journée, j'aurais sans doute eu l'air un peu ridicule, à raser les murs dans l'ombre, les yeux fermés, ma lame pointée en avant. Mais dans le cas présent, mes sens invisibles m'aideraient bien plus aisément à intercepter l'inconnu. Sans un mot, caché par les ténèbres, j'attendais que l'intrus soit à ma hauteur. Les remous d'un mouvement non volontaire au niveau de sa poitrine m'indiquèrent d'ailleurs qu'il y avait de fortes chances que ce soit une femme. Je ne pris pas la peine de m'annoncer : au mieux je pourrais prendre la silhouette au dépourvu, au pire elle serait forcée de prendre mon arme pointée droit vers son cœur en compte.


Dernière édition par Félix d'Azgal le Lun 12 Fév 2018 - 19:34, édité 1 fois

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Message  Müss le Lun 12 Fév 2018 - 15:27

Ad vitam aeternam. Vampire j’étais, vampire je resterais. Toutes mes tentatives pour en finir avec cette malédiction avaient abouties à des échecs. Même la pierre de Mejayi ne pouvait m’aider à redevenir celle que j’avais été. Il n’y avait pas de retour en arrière possible.

Au fond de moi, je pense que je l’avais toujours su. Mais j'avais refusé d’accepter une telle vérité, me raccrochant à de faux-espoirs pour ne pas finir noyée dans les méandres du désespoir. Mais après moult tentatives, je ne pouvais continuer à fuir la réalité : je ne guérirais jamais.

Après avoir longtemps cherché la pierre de Mejayi et affronté d’étonnants dangers en compagnie d’étranges personnes, notre quête avait pris fin, mais pas mon calvaire.

Je marchais depuis maintenant plusieurs nuits sans savoir où j’allais. Je me nourrissais du sang d’animaux, comme j’en avais pris l’habitude depuis maintenant un an. Je n'avais pas bu de sang humain depuis si longtemps ! Tout ça pour quoi ? J’avais retenu mes pulsions pendant une année entière sous couvert que j’entretenais ma part d’humanité. A quoi bon… il n’y aurait plus jamais rien d’humain en moi. Je resterais morte-vivante à vie et n’avais aucune raison d’aller à l’encontre de ma véritable nature. J’étais un vampire, et les vampires buvaient du sang humain.

La soif me tiraillait, m’empêchant d’avoir les idées plus claires. Je n’avais pas envie d’attraper ce lièvre que je sentais à quelques mètres de moi. Je n’avais plus envie de sang d’animaux, de ces nourritures inadéquates et de ces faux-semblants.

Alors, pour la première fois depuis un an, je me décidais à me remettre à la chasse à l’humain.

Dans les ténèbres, je me laissais guider par les odeurs. Il ne me fallu pas longtemps pour tomber sur un petit village. Il faut dire que Telbara ne devait plus être bien loin et le coin grouillait d’humains.

Je me mis à chercher une auberge. C’était l’endroit idéal pour rencontrer dans gens ivres et vulnérables qui se laissaient attirer dans des ruelles sombres, se laissaient approcher et vider de leur sang sans en garder le moindre souvenir le lendemain au réveil. Je finis par trouver le lieu que je convoitais et y entrais, enivrée par toutes ces odeurs d’humains qui ne demandaient qu’à être goûtés. Je fus déçue de trouver l’établissement presque vide. Seul deux tigrains étaient attablés, probablement des voyageurs.

Je me dirigeais directement vers l’aubergiste, un xolon à l’air morne. Je l’interrogeais sur les chambres restantes et il me répondit :

« Presque toutes nos chambres sont vides… depuis que ces voyous saccagent les cultures de mon oncle Rehb, l'insécurité gagne notre village. En plus, on n’a plus grand-chose à vendre et on fait faillite. »

Comme je n’avais visiblement pas l’air d’être au courant, il m’expliqua qu’un groupe de personnes détruisaient les cultures de son oncle, Rehb, le plus grand fermier du village. Ce dernier avait lancé un appel aux secours, mais personne n’était encore venu les sauver. Je sautais sur l’occasion.

« Vous pensez que se sont des humains qui font ça ? »
« C’est possible, je ne les ais jamais vu. Ils attaquent toujours de nuit, ces lâches… »

Je souris. Me lancer dans une chasse à l’homme encouragée par les villageois… qu’aurais-je pu espérer de mieux ? Je lui demandais immédiatement comment me rendre chez ce fameux Rehb, expliquant à l’aubergiste que j’avais l’intention de l’aider. Etonné, le xolon m’expliqua alors la route à prendre et je le quittais immédiatement, heureuse et certaine que j’allais bientôt pouvoir satisfaire mes sanglants besoins, refreinés depuis trop longtemps.

Je suivais le chemin indiqué et finis par arriver à une ferme. Mes pas effleuraient à peine le sol, je ne respirais pas, mon cœur ne battait pas, j’étais aussi silencieuse qu’un cadavre. Je me glissais entre les bâtiments, cherchant l’entrée principale quand je sentis quelque chose d’anormal. A l’affut du moindre bruit, je me mis à humer l’air. L’odeur ne pouvait tromper : il s’agissait d’un humain. Il ne faisait presque pas de bruit en marchant et son souffle était maîtrisé. De plus, il se dirigeait droit vers moi alors qu’il n’aurait pas dû pouvoir me repérer. J’étais un vampire : je ne faisais aucun bruit et aucune odeur ne se dégageait de moi. Ce n’était pas normal qu’il m’eut repérée.

Orientée par le bruit et l’odeur, je finis par l’apercevoir. Il tenait une rapière dégainée et pointée droit devant lui… vers moi. Il s’agissait d’un humain d’une trentaine d’année. Sa posture avait une certaine grâce et laissait deviner un entrainement martial.

Sans qu’il ne pu s’y attendre, je disparu. Littéralement.

Je n’étais pas rassurée. Cette personne n’avait rien à faire là et n’aurait pas dû me repérer. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais l’impression d’être vulnérable. Je l’observais s’approcher, me demandant jusqu’où s’étendaient ses capacités. Il avait réussi à débusquer un vampire de nuit, pouvait-il encore déceler ma présence alors que j’étais invisible et immobile ?

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 12 Fév 2018 - 19:26

Tout mouvement cessa soudainement. Je fronçai les sourcils, m'immobilisant les yeux toujours fermés, me concentrant sur chaque sensation que me rapportait mon don. Ma concentration était au-delà de ce que je pouvais me permettre normalement en combat : mon immobilité était autant un moyen de ne pas oublier la position supposée de l'ennemi, qu'une nécessité pour me permettre de capter le moindre mouvement. Dans cet état de quasi-trance, je pouvais percevoir le jeu subtil d'une respiration, même précautionneusement ralentie. Mais je ne percevais rien. Un courant d'air léger souffla, et l'espace d'un instant je perçu la danse d'une mèche de cheveux. Le petit jeu durait depuis presque une minute entière, mais personne ne retiendrait sa respiration ainsi à moins de connaître mes capacités. Et j'étais certain qu'aucune femme nocturne me connaissant ne serait ici, et encore moins tenterait-elle de cacher sa présence.

- Vous n'avez pas besoin de respirer : qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ?

Inutile de s'épandre plus avant sur mes déductions. La seule autre personne que j'avais connue, capable de cet exploit d'immobilité, était mon maître d'arme, un vampire. Je ne voulais pas sauter aux conclusions, cette femme pouvait être spécialement entraînée, ou avoir prit le réflexe de retenir son souffle sur de longues période en tentant d'être discrète, que sais-je encore ? Toujours est-il qu'elle s'invitait sournoisement chez mon client, et tentait de sceller sa présence de façon éminemment suspecte. Un Marche-brise ne suffirait probablement pas à l'atteindre étant donnée la distance qui nous séparait encore, mais j'étais prêt à lancer le sort pour esquiver un éventuel assaut. Telle était la seconde leçon de Lozir après tout : "le duelliste immobile et un duelliste mort". Lorsque le début du combat sonnerait, si combat il y avait, je ne serais que mouvement. Enfin, il fallait l'avouer, mais si l'intruse était une vampire, je n'aurais qu'une poignée de seconde pour prendre la main et en finir. Rivaliser avec ces morts-vivants était une gageur en soi, et un exercice éreintant que je ne pouvais me permettre pendant plus de quelques passes d'armes, et seulement grâce à ma magie. La réponse à ma question tardant à venir, je tentais une autre approche. Sans baisser mon arme, je modulais ma voix : si il n'y avait plus de menace latente dans mon ton, une fermeté certaine s'y entendait encore. On apprend quelques petits tours utiles à la cours.

- Êtes-vous un des bandits qui sévissent ici ?

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Lun 12 Fév 2018 - 22:49

Je vis l’homme s’arrêter à l’instant où je disparu. Il ferma les yeux. Tout son corps était tendu, en alerte. Je ne bougeais pas non plus, cherchant à deviner si oui ou non il était capable de me percevoir.

Le temps semblait être en suspens et j’en profitais pour observer celui qui me faisait face. Ses vêtements étaient propres et son arme était de belle facture. En ajoutant à cela son port altier, j’avais du mal à l’imaginer comme un simple bandit. Tout à coup, ses yeux s’ouvrirent et son regard se posa droit sur moi. Un frisson me parcourut l’échine. Cet homme savait traquer l’intraquable. Il voyait l’invisible et j’avais la désagréable impression qu’il avait l’habitude de se trouver face à des créatures telles que moi. En effet, aucun humain normal ne pouvait deviner la présence d’un vampire qui se cachait et pourtant non seulement celui-là y arrivait, mais il savait exactement ce qu’il cherchait. Les mots qu’il prononça confirmèrent mes doutes :

« Vous n'avez pas besoin de respirer : qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ? »

Il percevait jusqu’à ma respiration et n’était pas surpris qu’une créature n’eut pas besoin de respirer pour vivre. Non, il n’y avait aucun doute, il était habitué des morts-vivants. Et malgré le fait qu’il sache à qui il avait affaire, il ne fuyait pas mais gardait sa lame levée, prêt à se battre. S’agissait-il d’un chasseur de vampire ?

« Êtes-vous un des bandits qui sévissent ici ? »

Sa voix avait beau ne pas être menaçante, il restait sûr de lui, comme certain d’avoir le dessus. Cependant, sa question m’interpella. Il cherchait les fameux bandits dont m’avait parlé le xolon. Mes proies.

Sans baisser ma garde, je cessais d’être invisible à ses yeux et apparu entièrement à la lueur de la lune. J’affrontais son regard, presque défiante, avant de répondre :

« Non. Mais j’ai entendu dire qu’on cherchait de l’aide pour les combattre, d’où la raison de ma présence ici. »

Vu la formulation de sa question, je supposais qu’il ne faisait pas partie des bandits. J’espérais ne pas faire d’erreur en lui disant la vérité.

« Et vous ? Que faites-vous ici ? »

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Jeu 15 Fév 2018 - 2:29

- Non. Mais j’ai entendu dire qu’on cherchait de l’aide pour les combattre, d’où la raison de ma présence ici. Et vous ? Que faites-vous ici ?

La pointe de ma rapière s'abaissa de quelques centimètres à ces mots. Rien de flagrant pour le commun, mais quelqu'un habitué aux combats ne manquerait pas de noter ce léger relâchement dans ma posture. Une façon de montrer que je faisais confiance à mon interlocutrice ... sans trop me mettre ne danger non plus. En y réfléchissant, ce n'était pas vraiment étonnant que d'autres personnes viennent ici pour aider le Xolon. Cependant, alors que certains traits de la jeune femme devant moi se révélaient à la pâle lumière de la lune, il ne me restait plus de doutes. N'ayant pas besoin de respirer, se déplaçant de nuit ... c'était fort probablement une vampire, et je serais plus surpris d'apprendre le contraire à présent.

- La même chose. Je suis arrivé dans la soirée. Je me permis de la détailler un peu. Un éclat dans ses yeux m'arracha un petit tic nerveux. Vous ... avez faim, non ? Vous pouvez vous contenir ?

Mon mentor avait, lorsqu'il me formait, l'autorisation de se nourrir sur les prisonniers de guerre de mon père et mon frère. Au début il s'était refusé à mordre des compatriotes, et au fil des ans j'avais appris à repérer ce subtil changement d'expression sur son visage, lorsque cela commençait à faire longtemps qu'il ne s'était pas nourrit. Malgré tout, il gardait un très grande maîtrise de soi, mais quand je m'étais ouvert à lui sur le sujet, il m'avait conseillé d'être particulièrement sur mes gardes si je croisais un jour un autre vampire dans ce cas : tous ne sont pas capables de réprimer leur soif aussi efficacement que lui l'était. Je m'inquiétais donc pour moi bien sûr, mais aussi pour le fermier ; dans l'absolu, peu m'importait le sort des bandits, mais j'avais une petite idée quand à celui qui leur était réservé si la vampire s'en mêlait.

J'espérais simplement ne pas la vexer ou l'inciter à attaquer. Je savais pertinemment que les vampires étaient plus ou moins chassés à vu dans les royaumes humains. Pour ma part, c'était peut-être la "race" (même si les vampires restent des humains au départ) que j'avais le moins de mal à accepter, de par mon expérience passée. J'espérais que celle-ci serait suffisamment semblable à Lozir ... et au pire, j'avais mes leçons d'escrimes, ainsi que mon Lozi, pour m'aider à me sortir d'un éventuel mauvais pas.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Jeu 15 Fév 2018 - 10:44

Ma phrase eut l’effet escompté : la pointe de son arme cessa de pointer mon cœur et s’abaissa légèrement. Le mouvement avait beau être quasi-imperceptible, la posture de l’humain était désormais moins agressive, même s’il restait en alerte.

Je me sentis quelque peu rassurée… jusqu’à ce qu’il affirme être ici pour les même raisons que moi. Un élan de colère monta en moi sans que j’en comprenne immédiatement la raison. La soif me rendait bien trop sensible et il me fallut quelques secondes pour comprendre d’où me venait cette émotion inappropriée : la présence de cet homme compromettait mon festin. Ce trouble fête se plaçait entre mes proies et moi. S’il restait présent quand viendrait le moment de combattre les bandits je ne pourrais me sustenter et devrait me contenter de jouer les humaines-convenables, c'est-à-dire non-cannibales.

Je sentais la faim gronder en moi. L’idée de devoir reporter le moment où je la sustenterais ne faisait que l’accentuer. J’observais l’homme qui avait gardé une position de combat. Son odeur et la chaleur du sang qui coulait derrière sa peau excitait mes sens. Il avait l’air si gouteux… C’eût été si facile de me laisser aller à mes pulsions. Juste une fois. Mes yeux brillaient d’un éclat malveillant, mes lèvres s’étirèrent en un sourire affamé et ma langue y glissa.

« - Vous… avez faim, non ? Vous pouvez vous contenir ?
- Quoi ?! Je… non ! Pas du tout ! Pourquoi vous… qu’est ce que… »

En cet instant, paniquer était la meilleure chose à faire pour signer ma fin. Mon regard se fit fuyant tandis que je me demandais s’il ne s’agissait pas d’un quiproquo. Non seulement il semblait avoir deviné ma nature en un rien de temps, et là il me soupçonnait d’être affamée… Aucun humain ne pouvait enchaîner aussi rapidement de telles conclusions en un regard… à moins qu’il ne s’agisse vraiment d’un tueur de vampire, auquel cas j’étais dans une très mauvaise posture.

Je levais brièvement les yeux. Son regard ne laissa aucune place au doute : il ne s’agissait pas d’un quiproquo. Il avait deviné ma nature et me le faisait savoir.

Je n’avais pas encore touché à mon sabre. Une de mes techniques favorites consistait à trancher l’adversaire à l’instant où je dégainais. Cependant je regrettais de ne pas être plus loin afin d’étudier ses mouvements et sa technique d’approche. La faim et la peur me faisaient perdre mes moyens. Je ne savais ni comment réagir, ni comment comprendre ses paroles. Il m’accusait d’appartenir à une race honnie de l’humanité, traquée et tuée à vue. Il me voyait comme le monstre assoiffé que j’étais et je me sentais prise en flagrant délit, honteuse…

Mes doigts cessèrent de trembler à l’instant où ils se posèrent sur la garde de mon sabre. Ce contact me fit oublier immédiatement toute émotion, je redevenais moi-même, complète. Comme toujours, une fois que mon arme était en contact avec ma peau, je me sentais invincible et ni la peur ni la mort ne pouvaient plus m’atteindre. Lorsque je me remis à parler, ma voix n’avait plus rien à voir avec les balbutiements que j’avais bredouillé quelques secondes plus tôt. Elle était ferme. Mes traits ne laissaient plus aucune place aux émotions. Je ressentais un calme profond. Chaque détail m’apparaissait, depuis la puissance du vent à la direction de la lumière, jusqu’à la position de l’homme, son souffle, les battements de son cœur… rien ne m’échappait.

« Vous êtes perspicace pour un humain. Vous avez deviné…. Et maintenant, quelles sont vos intentions ? Si vous choisissez de jouez les héros prêt à défendre l’humanité contre les créatures du mal, je ne vous laisserais aucune chance. »

Je ne pouvais m’empêcher de sourire. Ce n’était pas seulement dû au plaisir de l’attente que je ressentais avant un combat, mais plutôt à ce sentiment de complétude que je ressentais à chaque fois que mon arme entrait en contact avec ma peau.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 19 Fév 2018 - 22:40

- Si vous choisissez de jouez les héros prêt à défendre l’humanité contre les créatures du mal, je ne vous laisserais aucune chance.

Je clignais des yeux pendant une demi-seconde, le temps qu'il me fallut pour que les pièces du puzzle se mettent en place. Evidemment ! Je m'étais tellement inquiété de savoir comment je pouvais m'assurer de lui faire confiance que je n'avais même pas réalisé à quel point je pouvais, moi, sembler suspect à ses yeux ! Je me fustigeai intérieurement, réalisant à quel point m'éloignait des intrigues de la cour avait pu, malgré tout, émousser mes talents. Me mordillant la lèvre inférieur, je pris à nouveau la parole.

- Loin de moi cette idée. Je me nomme Félix d'Azgal. Je n'ai rien à tenir au compte des vampires que je rencontre du moment qu'ils ne s'en prennent ni à moi ni à d'autres qui ne l'auraient pas mérités. Je marquais un temps d'arrêt. Catégorie dans laquelle ces bandits n'entrent pas. Cependant, je suppose que la famille de Xolons qui dort un peu plus loin a bien méritée sa nuit de repos, n'est-ce pas ? Contenez-vous tant que ce sera nécessaire, nous ferons notre travail demain.

A défaut de lui offrir toute ma confiance, je pouvais au moins faire comme si c'était le cas. Je doutais de me rendormir pendant la nuit, mais si aucun incident ne venait la troubler, ce serait déjà une très bonne chose. De plus, je n'avais jamais vu mon mentor se nourrir et je restai ... curieux, bien que je sache comment un vampire s'y prend en théorie. Si je restais sur mes gardes, je n'avais rien à perdre de toute façon : aussi rapide qu'elle soit, elle ne pourrait pas rattraper mon cheval, et j'étais capable de l'atteindre à une vitesse proprement prodigieuse pour un humain. Et si elle n'était vraiment là que pour apaiser sa soif sur les rebuts de la société, je ne m'en plaindrais pas : j'étais arrivé en Telbara sans le sous et sans possessions, et pourtant je vivais aujourd'hui convenablement. Les bandits de la région méritaient leur sort si le glaive de la justice leur tombait sur le cou.

Même si on ne pouvait pas vraiment parler de glaive actuellement. je portai une rapière et une dague, et la vampire avait pris une posture qui m'était étrangère, se saisissant de la garde d'une sorte d'épée qui me semblait bizarrement forgée à en juger par la forme de son fourreau. J'avais évidemment entendu parler de ces lames qui ne sont tranchantes que d'un côté, mais toujours d'après son fourreau ce sabre-là avait l'air différent : la forme générale de la lame était courbée, la garde avait une forme que je ne reconnaissais pas, et le manche de l'arme n'était pas rond non plus. Peut-être n'était-ce qu'un jeu de lumière dû à la lumière de la lune ? Non, j'en doutais.

J'attendais patiemment d'avoir confirmation de sa part qu'elle ne ferait pas de mal aux Xolons. Une fois cela fait, je profiterais d'un peu de semi-repos en gardant l'œil ouvert jusqu'aux aurores. Les choses suivraient leur cours quoique je fasse, il me suffisait de me laisser porter par le courant : plier sans jamais rompre, voilà qui était la clé. Quand à la question de son arme ... je doutais que les bandits attaquent aux aurores justement, et j'étais persuadé que j'aurais quelques heures à tuer en compagnie de la vampire pour approfondir le sujet.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Mar 20 Fév 2018 - 12:23

La réponse de l’homme me laissa la bouche bée et l’air complètement stupide. Je le regardais avec de grands yeux étonnés sans être certaine de comprendre tout à fait ses intentions. Il n’avait aucune haine à l’égard des vampires, ni crainte, pas même l’ombre d’une petite appréhension. Plus étonnant encore : il me laissait entendre qu’il acceptait qu’on s’en prenne aux bandits d’une façon peu kalunienne… si je comprenais bien, il ne serait pas choqué que je les boive ! A la fin, il me demandait simplement de laisser la famille d’éléphants tranquille et de me contenir jusqu’à demain.

Demain… il savait donc que les bandits attaqueraient demain ? Je ne pouvais que le supposer. Pour le moment, ce n’était pas ce qui m’interrogeait le plus.

Après un instant, je repris contenance et refermais la bouche. Mes doigts avaient lâché la poignée de mon sabre et je me sentais à nouveau incomplète et mal à l’aise. Quand je me mis à parler, ma voix n'était plus celle de la guerrière sûre d'elle. Mais j’arrivais tout de même à émettre une suite de mots sensée :

« Je laisserais la famille xolon tranquille. »

Les xolons n’étaient pas très bon. En fait, comparé aux humains, rien n’était bon. Alors si quelqu’un devait avoir peur de moi ici, ce n’étaient certainement pas Rehn et ses petits… Je continuais à contempler l’homme face à moi.

« "Ça" ne vous fait pas peur ? Vous… vous connaissez d’autres personnes comme moi, n’est-ce pas ? »

Par "ça", j'entendais ma nature vampirique. Quand à ma supposition, la réponse me paraissait évidente. Tout le prouvait, son attitude physique, chacune de ses paroles… il s’agissait peut-être d’un piège, mais j’étais tout à fait prête à tomber dedans. S’il connaissait des vampires capables de lui enseigner le combat et de comprendre leur race, alors je pourrais les rencontrer, leur parler, découvrir leur mode de vie….

A chaque mot qu’il prononçait, ce Félix d’Azgal se montrait chaque fois plus intéressant. Il savait tant de choses que je devais découvrir. A mes yeux, il avait une perception du monde en totale contradiction avec celle du commun des humains puisqu’il acceptait d’entrée de jeu ce que j’étais. En plus il avait un nom de famille, ce qui signifiait qu’il était noble, n’était-ce pas incroyable ? Et pour ne rien gâcher, il était très beau… enfin, pour un humain.

Oui, la faim me faisait perdre la raison. Ça, je l’avais déjà dit. Toute proie potentielle était toujours magnifique au clair de lune. Ses yeux clairs reflétaient innocemment la pâle lueur des étoiles. Ses longs cheveux blonds encadraient un visage aux traits fins et tranquilles. Certains étaient attachés, mais quelques mèches caressaient son front noble, flottant distraitement dans le vent, glissant sur la peau de son cou… derrière laquelle pulsait un sang chaud et parfumé. Plus que "beau", ce spectacle était alléchant.

Mais je me retiendrais jusqu’à demain. Cet homme, Félix d’Azgal, résorberait mes soifs de connaissance sur ceux de ma race, et aviverait celles de sang, ce qui me rendrait encore plus combative le moment venu.

Et demain, les bandits payeraient le prix de la privation que je m'infligeais cette nuit.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 26 Fév 2018 - 19:20

- "Ça" ne vous fait pas peur ? Vous… vous connaissez d’autres personnes comme moi, n’est-ce pas ?

- J'ai connu un vampire en effet. C'est lui qui m'a apprit à manier mon arme. Malheureusement, pour autant que je le sache, il est mort : et s'il me venait la folle envie d'aller vérifier, je finirai pendu ou décapité en place publique. Je me permis un petit sourire amer : je ne cachais pas mon passé, mais je n'en parlais pas non plus à tort et à travers d'habitude ... Bref, si les vampires m'effraient en tant que race : comment ne pas être effrayé par des êtres capables de telles prouesses physiques ? Si nous en venions à nous battre, je pourrais peut-être espérer tenir le rythme pendant quelques secondes, avec de la chance. Je haussai les épaules. Mais en tant qu'individus, aussi longtemps que vous êtes capable de contenir votre soif, je n'ai rien à redire.

Je n'avais pour le moment aucune raison de mentir. Si elle se laissait aller à la soif avant que nous ne rencontrions les bandits, elle ou moi allions mourir et donc ce que je lui disais n'aurais plus aucune valeur. Et si nous survivions tous deux, une vampire avait sans doute mieux à faire que vendre des secrets qui n'en sont pas vraiment. La force invisible qui pesait sur mes paupières aurait voulu que je retourne me coucher aussitôt que les choses aient été clarifiées, mais les restes d'étiquette et de bienséance qui muaient encore ma personne insistaient pour entendre une dernière réponse de la part de la suceuse de sang avant de m'autoriser l'oubli du sommeil. Non pas que ce serait un sommeil profond ou bien long : je pouvais déjà deviner l'aube arriver dans quelques heures et je ne dormirais que d'un œil avec un vampire visiblement peu hydraté non loin de moi. Mais quelques heures de repos pouvaient faire la différence lorsqu'il s'agissait d'un combat.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Dim 4 Mar 2018 - 10:51

Oui, il avait connu un vampire. Ce dernier lui avait même appris à se battre ! Cependant la suite fit retomber tout mon enthousiasme : ledit vampire n’était sûrement plus en vie (enfin, si l’on pouvait qualifier son précédant état de « vivant »). Félix d’Azgal évoqua le fait qu’il ne pouvait rentrer chez lui sous peine de mort. Un instant je m'interrogeais sur les mystères qui se cachaient derrière ces mots, les complots de la cours, les trahisons et toutes les histoires romanesques qui les accompagnaient toujours. Qu’avait-il fait pour être banni ? Je m’imaginais déjà des histoires toutes plus folles les unes que les autres….

Il reprit ensuite la parole pour parler des vampires, avouant être effrayé par cette espèce, mais faisant la distinction entre race et individu. Je haussais un sourcil, étonnée mais ravie. Rares étaient ceux qui ne jugeaient pas les autres en fonction du groupe auquel ils appartenaient. Je hochais la tête admirative, sans me rendre compte que j’étais la première à penser de la sorte et à catégoriser les gens en fonction de leur race.

J’avais tant de questions à lui poser… mais je me retins en voyant que ses yeux papillonnaient et que ses paupières paraissaient bien lourdes. Encore un truc d’humain que j’avais tendance à oublier…

« Je m’appelle Müss. Je passerais la journée là-bas et reviendrais demain à la tombée de la nuit. »

Je fis une petite courbette dans sa direction avant de m’éloigner dans le noir.

Je n’allais pas réveiller le Xolon à cette heure de la nuit et me présenterais à lui en temps voulu, que ce soit avant ou après l’attaque des brigands. En attendant, je ne pouvais pas rester dans sa ferme, aussi il me fallait trouver un endroit où passer la journée éloignée du soleil. Je marchais en direction de la forêt bordant les plantations mais ne trouvais rien qui puisse me protéger du jour et fini par creuser le sol afin de m’enterrer pour la journée à venir.

Encore un jour à tuer…

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Sam 10 Mar 2018 - 22:36

- Je m’appelle Müss. Je passerais la journée là-bas et reviendrais demain à la tombée de la nuit.

Revenir à la nuit tombée ? J'allais objecter qu'il était probable que les bandits passent à l'assaut avant cela, mais avant même que je réagisse, elle s'était fondue dans la nuit. Au moins avais-je une idée approximative de la direction dans laquelle elle était partie. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir quelque peu mal à l'aise, mais je n'avais pas le choix : soit je ferais seul, soit elle arriverait peu avant les assaillants ... si tant est qu'assaillants soit le terme ? Certes les bandits avaient menacés Rehb et endommagées ses plantations pour l'intimider ... mais ils ne gagneraient rien à le blesser ou le mettre définitivement sur la paille. C'est malgré tout avec un léger sentiment d'inconfort que je m'endormais de nouveau, Lozir se blottissant dans mon cou pour échapper au froid nocturne.

L'aube vint me cueillir peu après. La matinée passa rapidement mais j'eus besoin de prendre un bon déjeuner pour être enfin réveillé entièrement. Gardant toujours mon arme à portée de main, j'aidais Rehb et sa famille dans leur travail tout en économisant mes forces : nombreux avaient été les "métiers" que j'avais du faire pour survivre, et vendre mes talents de bretteur n'était que le dernier en date. Plus le temps passait plus la tension était palpable. Les bandits avaient promis de venir dans la journée, et je ne doutais pas qu'ils tiendraient parole : c'était là la base de l'intimidation, tenir ses menaces.

C'est dans la soirée que j'entendis des bruissements inhabituels. L'hiver étant encore là, le soleil se couchait tôt et vite. Müss serait là dans moins d'une demi-heure. Je fis signe à Rehb et sa famille de rentrer, et me plaçais devant la porte. C'était une chance que nous soyons en hiver, le manque de vie m'avait permis de les entendre arriver à travers le champ et de prendre les devants. C'est ainsi, rapière à la main devant la porte fermée, que j'accueillis les "terribles bandits". Je fronçais les sourcils en les voyants.

Ils étaient trois. Jeunes, plus jeunes que moi. Et misérables. Un Séladien dont les écailles ternes étaient abîmées par la privation, un tigrain typé chat dont la fourrure pellait par endroits ... et une jeune demi-sang, indéniablement à moitié orc. Ils n'étaient équipés que de matraques de bois, à peine polies, presque obligatoirement de simples branches tailladées plus que taillées. Je ne pouvais pas imaginer un instant qu'ils soient les bandits qui terrorisaient Rehb et l'avaient forcé à demander de l'aide : il pouvait sans doute balayer les trois d'un coup en un seul mouvement de trompe ! Ils s'arrêtèrent juste devant moi, et je pus aisément suivre le cheminement de leurs pensées sur leurs visages.

D'abord, de la surprise : ils s'attendaient à tomber sur une famille de xolons terrifiés, ils avaient en face d'eux un humain sûr de lui, presque détendu. Ensuite, la crainte : la facture de mon arme, ainsi que ma posture, indiquaient clairement que je savais comment embrocher quelqu'un si besoin était. Enfin, et cela ne me plût guère, l'envie : même sans ses décorations, ma lame ETAIT de facture exceptionnelle, et pourrait se revendre à un prix que ces miséreux n'imaginaient même pas. Je décidai de les couper dans leur élan tout en gagnant du temps : je pris donc la parole.

- C'est tout ? Vous voulez me faire croire que trois mendiants ont pus intimider des Xolons ? Avec des matraques ?

Sauf dans le cas de la demi-orc, Rehb et les siens sentiraient sans doute à peine les coups si ces rigolos les attaquaient. La convoitise laissa place au doute sur leurs visages : soir Rehb était très impressionnable, soient ceux-là n'étaient que des fraîches recrues ou des chargés de corvées. Ils se déployèrent malgré tout en arc de cercle, ignorant sans doute que cela me permettrait de mieux m'en sortir en les attaquants chacun à son tour. Une quatrième source de mouvement entra dans mon périmètre, et je décidai de hausser la voix pour prévenir la nouvelle arrivante de la situation. Du moins imaginais-je que c'était la vampire qui arrivait, maintenant que la lumière du soleil était quasi-inexistante.

- Vous n'êtes définitivement pas ceux que j'ai été payé pour arrêter. Où sont les autres ? Les vrais bandits ?

Je fis siffler ma lame d'un moulinet nonchalant. Lozir pointait sa tête de ma poche, et je savais que le lozi désarmerait le premier de mes ennemis qui tenterait d'attaquer : un compagnon inhabituel mais étonnamment fiable que le petit lézard. J'espérais que Müss avait compris que nous allions devoir laisser des survivants, voir épargner ces trois-là, pour avoir une chance de trouver les bandits à proprement parler et remplir le contrat. Dans la maison, les xolons étaient silencieux, mais je les sentais bouger, serrés les uns contre les autres : à quoi pouvaient bien ressembler la véritable menace ?

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Dim 11 Mar 2018 - 16:23

Protégée du soleil par la forêt dans laquelle je me trouvais, ainsi que par une épaisse couche de terre, j’écoutais chanter les oiseaux. J’attendais patiemment que les pépiements joyeux des oiseaux diurnes laissent la place aux doux hululements des chouettes. Cette journée ensoleillée me paraissait bien plus longue que d’habitude. Je ne cessais de me demander si les brigands n’étaient pas déjà en train d’attaquer la ferme alors que j’étais là, coincée sous terre. Même si Félix paraissait être un excellent combattant, j’ignorais le nombre de nos adversaires. Il aurait beau être doué il ne pourrait pas faire face à une multitude d’assaillants.

Agacée par cette situation inconfortable, j’essayais d’arrêter de me ronger les sangs et tentait de me focaliser sur le positif. Bientôt je pourrais enfin assécher cette soif qui ne faisait que grandir depuis bientôt deux jours. J’imaginais un groupe d’humains féroces, au sang goûteux…, j'en salivais d'avance.

Un bruit me tira de mes pensées. Quelqu’un approchait. Ou plutôt… quelque chose ? Je ne reconnaissais pas ce bruit qui n’était pas celui d’un pas bipède, ni celui d’un animal. Il s’agissait plutôt de frottements qui approchaient dangereusement. Je mis quelques secondes à me rendre compte qu’il y avait également des voix. Je n’avais d’abord par reconnu ces sons comme des paroles car cela ressemblait d’avantage aux bruissements des feuilles dans le vent et aux craquements des troncs qu’à des mots. Je me concentrais pour en déceler le sens et compris qu’il s’agissait d’une espèce de litanie. Un seul mot répété en boucle : « vengeance, vengeance, vengeance… ».

Je m’immobilisais totalement, pétrifiée. Si ces choses repéraient la terre fraichement retournée qui me servait de toit et qu’elles commençaient à la creuser, je serrais alors exposée au soleil et me transformerais en poussière sans avoir le temps de tenter quoi que ce soit. Félix devrait alors se battre seul contre tous ses adversaires et je n’aurais jamais la possibilité d’étancher ma soif ! Je priais tous les dieux pour que les choses ne se passent pas ainsi. Je n’avais nullement envie d’en finir de cette façon.

Un nouveau bruit se fit entendre. On aurait dit une multitude de serpent glissant sous terre, juste à côté de moi. Je fermais les yeux de toutes mes forces en espérant que ces serpents ne parviennent pas jusque moi et ne me repèrent pas.

« - VENGEANCE !
- Vieille branche… tu t’es encore enraciné…
- C’est… l’émotion. Quand je pense… à tous ces arbres… qu’ils tuent… pour construire leurs maisons… et étendre… leurs champs… encore… et encore… ça me… glace la sève….
- Dépêches-toi de te déraciner. Mère Gisaï nous attend… ce soir… la nature reprendra ses droits…. Avec sa magie… et notre colère… nous en finiront avec… ces destructeurs. »

Quoi ?! Cette conversation n’avait aucun sens. Et pourquoi ne partaient-ils donc pas ? Les secondes passaient et ils restaient là, attendant je ne sais quoi. J’étais totalement concentrée sur mon corps afin de le rendre aussi immobile qu’un véritable cadavre, ne respirant pas, ne déglutissant pas, ne pensant même plus.

Au bout d’un moment qui me paru interminable, j’entendis les espèces de serpents ressortir de la terre. Les frottements s’éloignèrent alors, ainsi que les voix sans âge.

Je me détendis enfin en remerciant les dieux de m’avoir épargnée.

La journée mourut rapidement après cet évènement qui m’avait laissée encore plus glacée que d’habitude. D’un geste vif, j’écartais la terre qui me recouvrait et sorti du sol.

Les vêtements, les cheveux et la peau encore à moitié recouverts d’une pellicule de terre et parsemés de cailloux, je me précipitais vers la ferme de Rehb en espérant de tout cœur ne pas retrouver le cadavre de Félix d’Azgal, piétiné par une centaine de brigands.

Quand je fus assez proche, je pus enfin sentir de l’humain. Ah quelle odeur suave ! Ces brigands n’étaient donc pas des créatures immangeables, mais bien des humains aux sangs si doux. Il n’y avait pas que de l’humain, je sentais aussi quelque chose ressemblant à de la charogne, l’odeur féline d’un tigrain et… autre chose. Je ralentis mon rythme. J’avais la chance d’être dans le vent, ainsi ils ne pourraient pas immédiatement sentir ma présence. Il me fallait également être silencieuse afin de ne pas me faire remarquer. L’effet de surprise était toujours avantageux.

J’aperçu le groupe. Ils n’étaient que trois et s’étaient placés en arc de cercle autour de Félix d’Azgal. Je me maudis. L’odeur d’humain venait de lui. Comment n’avais-je pu m’en douter… les autres n’en étaient pas. Celui qui se trouvait sur l’extrémité gauche était celui qui sentait la charogne. De dos, je ne pouvais distinguer de quoi il s’agissait, mais je savais d’avance que je n’avais pas intérêt à boire de son sang. Si son goût était conforme à son odeur, plutôt mourir que d’avoir à goûter de ça…. Au milieu se trouvait un de ces reptiles au sang froid. Encore une fois, rien de mangeable. Enfin à droite se trouvait un tigrain typé chat. Comme ses congénères, il n’avait pas l’air bien en forme. Il était maigre et perdait ses poils par endroits. Cependant, à l’heure actuelle, c’était peut-être le seul des trois qui aurait pu étancher ma soif. Un tigrain moribond… si j’avais su que je n’aurais droit qu’à ça…. J'aurais perdu moins de temps à m'attaquer à du gibier.

Déception.

J’observais leurs démarches, leurs musculatures et leurs armes tout aussi misérables que le reste de leurs personnes. Celui qui sentait la charogne avait l’air d’être le plus fort. Les autres semblaient en trop piteux états pour représenter le moindre danger.

Je m’approchais silencieusement du tigrain. C'était celui qui avait l'air le plus faible et le moins aux aguets.

« Vous n'êtes définitivement pas ceux que j'ai été payé pour arrêter. Où sont les autres ? Les vrais bandits ? »

Félix d’Azgal supposait qu’ils n’étaient pas seuls. Un espoir naquit en moi. Pourvu que les autres soient humains ! Je repensais aux étranges créatures qui étaient passées près de moi durant la journée et un mauvais pressentiment m’envahit. Quelque chose me disait que c’était eux, leurs alliés. Des créatures qui ne sentaient nullement le sang et dont la seule chose qui coulait dans les veines devait être… de la sève. Pouah ! Malchance !

Bon, pour le moment, je n’avais pas le temps de penser à cela. Voyant qu'aucun des brigands n'avait l'intention de répondre et qu'ils se montraient menaçant, je profitais de l’effet de surprise pour attaquer mon adversaire. En trois bonds de vampires, je me retrouvais à un mètre de lui. Il se retourna et vis mon arme. J’étais trop loin pour l’atteindre et il pensait avoir le temps de se mettre en position de combat. Il n’imaginait pas un seul instant que ma lame était déjà en train de s’allonger et je vis la surprise laisser place à la peur sur son visage de chat. Le métal tranchant fonçait droit sur sa gorge. Il ferma les yeux en hurlant, prêt à mourir.

Cependant, au moment où la lame dû entrer en contact avec son cou, elle se dédoubla et se ré-unit après l’avoir dépassé, si bien qu’il se retrouvait le cou entouré par le métal.

« Si vous faites un seul geste, il perdra sa tête », dis-je d'une voix forte afin que les deux autres entendent la menace.

Je jetais un rapide coup d’œil à la ronde, vérifiant qu'ils n’auraient pas l’intention d’attaquer en voyant leur allié dans une telle posture. Pour le moment, l'homme-lézard et son ami ne bougeaient pas. Ils semblaient juste prendre conscience de ce qui était en train de se jouer. Ils se retrouvaient à trois contre deux et l’un d’entre eux était déjà en très mauvaise posture.

« Répondez-lui et vous aurez la vie sauve, dis-je en désignant Félix de la tête. Où sont les autres ? »

Si je leur laissais une chance de survie, ce n’était pas seulement parce qu’ils n’avaient pas l’air comestibles. L’idée de me battre contre eux me mettait mal à l’aise. Ils étaient malades et affamés plus que dangereux.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Sam 17 Mar 2018 - 23:46

- Si vous faites un seul geste, il perdra sa tête. Répondez-lui et vous aurez la vie sauve. Où sont les autres ?

Je dois avouer que j'étais aussi surpris que les malfaiteurs. Personne parmi les innombrables gens que j'avais rencontrés n'était capable de faire ... ça avec une arme. La lame du sabre avait semblé avoir une sorte de spasme, et à présent elle tenait le cou du tigrain dans un étau mortel. Je ne doutais pas que la vampire soit prête à décapiter un ou même deux des voleurs, et à voir l'expression du séladien, il était du même avis. La demi-orc en revanche, qui semblait la plus vaillante du groupe, était juste ... en colère. A moins que ce soit son visage de base, mais j'en doutais. Surtout étant donné qu'elle amorçait un geste pour frapper Müss. Je ne lui en laissais pas le temps.

Autant se montrer impressionnant. Je fis deux pas, les renforçant à l'aide de ma magie. Le cri de guerre de la demi-sang s'étrangla dans sa gorge alors que le sang commençait à couler de son cou. Ses mains quittèrent son arme pour tenter de boucher la plaie, ne faisant qu'accélérer son destin, alors qu'elle s'étouffait dans son sang. Le Séladien se tourna instinctivement vers moi, et ses yeux se posèrent sur la pointe de ma rapière, teintée de sang. Je lui adressai un sourire doux-amer.

- Jouer au malin ne vous amènera à rien, et tu n'as aucune chance de réussir à me distancer. Parle.

J'aurais préféré simplement les effrayer, mais de deux choses l'une. Premièrement, la demi-sang avait eu l'intention de se battre, et donc l'intimidation aurait été inutile. Ensuite, la vampire qui m'accompagnait avait été claire : elle voulait se nourrir. Et je doutais que les bandits que nous chassions se laisse joyeusement vider de leur sang. Il y aurait donc combat quoiqu'il arrive, et des morts s'en suivraient. C'était quelque peu regrettable dans un sens, mais ces bandits méritaient ce qui allait leur arriver.

D'abord trop terrifié pour réagir, le lézard finit par balbutier quelques mots quand le chaton pelé se mit à l'invectiver d'une voix paniquée. Ce n'est qu'à ce moment-là que je réalisais qu'une odeur âcre flottait dans l'air : le tigrain s'était ... uriné dessus. Je retins un soupir tout en écoutant son comparse. Je tiquai un peu quand il ne mentionna aucun campement ni aucune base, mais une simple direction ... et une clairière ? Quoiqu'il en soit il ne s'en sortirait de toute façon pas si aisément : d'un pas de plus, je me trouvais juste devant l'écailleux, la pointe de mon arme contre sa poitrine, pointant son cœur.

- Bien. Je suis sûr que tu ne verras pas d'inconvénients à nous guider de toute façon. Oh et bien sûr, tu t'en doutes, au moindre signe d'entourloupe ...

La base de l'intimidation c'est d'être crédible. Et après avoir tuée la demi-sang, je l'étais. Le séladien ouvrit donc la marche, et nous nous éloignâmes rapidement de la ferme pour nous diriger vers la forêt. En mon fort intérieur je restais inquiet : certes la plupart des xolons étaient placides voir pacifistes, mais jamais je n'imaginerais un humain sain d'esprit décider de s'en prendre à l'un d'entre eux pour le menacer. Et encore moins y arriver. Nous avions sans doute à faire a des hors-la-loi endurcis, voir non humains. Rien qui soit réjouissant pour moi ou même Müss. Je jetais d'ailleurs régulièrement un œil la vampire, de façon aussi discrète que possible. Je guettais la tension de ses muscles, la régularité de ses déglutitions, et de nombreux autres petits signes de stress : elle avait beau être mon alliée dans cette histoire, il n'en restait pas moins que j'étais sans doute le casse-croûte le plus appétissant du coin pour autant qu'elle le sache.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Mer 21 Mar 2018 - 18:49

Maintenant que je voyais les brigands d'un peu plus près, je compris que celui qui sentait la charogne était en fait une demie-Orc. Ses muscles se tendirent et je devinais déjà le mouvement qui suivrait. Une attaque latérale. Je m’apprêtais à esquiver lorsque Félix s’interposa. Son mouvement avait été d’une rapidité surnaturelle. Avait-il utilisé de la magie ? Ou alors son maître d’arme lui avait-il enseigné ce genre de chose ? Même moi, en tant que vampire, ne pouvais me déplacer aussi rapidement… Son mentor était peut-être bien plus puissant.

En tout cas, peu importait la façon dont il avait procédé, sa victime se trouvait déjà étalée au sol, baignant dans son propre sang, noir et visqueux. Je regardais le spectacle, dégoûtée de découvrir que du sang puisse dégager une odeur aussi nauséabonde. C'était presque écœurant.

Félix s’occupa de faire parler les deux survivants qui ne se firent pas prier. Enfin, surtout le tigrain que son nouveau collier de métal semblait effrayer au plus au point. L’odeur âcre qui se dégageait de lui me laissait deviner que ses sphincters n’avaient pas tenu le coup. Ma lame glissa le long de son cou tel un serpent de métal. Elle reprit sa forme originelle avant de se placer entre les deux omoplates du jeune brigand. Quand elle s’enfonça plus en avant, il fit un bond et se lança à la suite de son comparse.

Guidés par ces deux hors-la-loi, Félix et moi avancions en direction de la clairière évoquée par le Séladien. Je ne prononçais pas un mot, me contentant de vérifier inutilement que mon tigrain famélique ne tenterait pas de s’enfuir. Il avait beau n’avoir que la peau sur les os, il restait mon unique potentiel repas. J’aurais voulu éviter de respirer afin de ne pas sentir cette autre odeur, bien plus appétissante que celle de ma proie. Cependant, je ne pouvais me priver de mon sens de l’odorat alors que nous étions à la recherche de bandits probablement bien plus dangereux que les deux que nous tenions en joue.

Nous nous dirigions à peu près vers l’endroit où j’avais passé la journée, juste un peu plus à l’Ouest. Nous passions les premiers arbres de la forêt et, rapidement, les troncs s’espacèrent pour laisser place à une clairière. Je ne voyais et ne sentais rien de particulier. La lueur de la lune et des étoiles arrivaient jusqu’à nous, dévoilant un lieu qui, dans d’autres circonstances, m’aurait paru apaisant et charmant. Cependant, tous mes sens étaient en alerte et je m’apprêtais à tout instant à voir surgir des monstres sanguinaires.

Un long silence plana sur le lieu… puis un léger frottement se fit entendre. Je sentis mon pied s’enfoncer dans le sol et découvrit une racine enroulée autour ma cheville, m’empêchant de lever la jambe. D’un mouvement rapide, je frappais de mon sabre et la coupais nette afin de me libérer de cette étreinte malvenue.

Un rire effrayant se fit alors entendre, et de nouvelles racines sortirent de terre en tremblant pour tenter de m’attaquer. Je reculais d’un bond et elles n'attrapèrent que du vide.

Le rire se fit alors plus fort et une créature étrange fit son apparition. Une femme à demi-plante s'avançait vers nous en glissant ses racines sur le sol. Ses cheveux étaient faits de longues branches de sol pleureur et sa peau avait la consistance des écorces. Son visage semblait aussi âgé que le monde… et affreusement triste.

Il me fallu quelques secondes pour comprendre qu’il s’agissait d’une dryade des bois. J’en avais déjà rencontré une du nom de Salix, prête à tout pour défendre son territoire, y compris tuer. Un regard vers celle qui approchait suffisait pour deviner que, elle non plus, n’hésiterait pas une seconde.

Je pris une position de défense en me rendant compte que, loin derrière elle, un arbre était en train d’ouvrir deux yeux aussi rouges que de la braise.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Sam 24 Mar 2018 - 1:38

Je sentis les racines arriver avant de les voir ou les entendre. C'est ce qui m'évita de me retrouver piéger dès les premières secondes du combat, bien que je fus forcé de "relâcher" mon otage. Malgré ma propension naturelle à me déplacer, les racines qui ne cessaient de tenter de m'attraper me cantonnaient à cette activité. En effet, contrairement à la vampire, mon arme de prédilection ne me permettrait pas de trancher si aisément mes assaillantes. Je cherchai donc un refuge temporaire dans les branches des arbres qui bordaient la clairière. De mon perchoir, je pus apercevoir enfin notre ... non, NOS ennemis.

je ne m'attendais sûrement pas à ça ! Je n'avais jamais vu de dryade, mais la créature qui se trouvait devant moi me semblait trop frêle pour être un tréant, même féminin. Quand à la créature qui s'éveillait un peu plus loin, elle, c'était bel et bien un tréant, bien qu'il me semble quelque peu dégarnit. Je tiquai en voyant ce duo : une fois encore, mon arme risquait de ne pas se montrer très utile, face  à la protection offerte par de l'écorce. La dryade se tourna vers les petits bandits à la manque. En contrepoint de son rire à glacer le sang, sa voix semblait presque douce, et même chantante.

- Un échec ! Si vous êtes là, c'est que vous avez échoués ! C'est impardonnable, je ne peux pas l'accepter ! Désolée, mais vous vous arrêtez là !

Contrairement  à moi et Müss, les deux "bandits" n'avaient pas pu éviter les racines. Avec un sourire malsain, la dryade claqua des doigts, et des cris retentirent. C'est avec horreur que je ressentais le mouvement desdites racines alors qu'elles pénétraient sous la peau (ou les écailles) de leurs victimes respectives, rampant et se frayant un chemin dans les chairs. Même à travers les guenilles le chemin des appendices se devinait à l'œil nu, et je du rassembler toute ma volonté pour ne pas vomir alors que les hurlements d'agonie de nos guides involontaires emplissaient la clairière. Frissonnant, je me demandais comment j'allais pouvoir m'en sortir. Je pouvais esquiver quelques assauts, certes : mais mener un combat contre une dryade ET un tréant ? J'espérais que Müss avait d'autres tours dans son sac, sans quoi les choses s'annonçaient très mal.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Ven 30 Mar 2018 - 18:47

Si la voix de la Dryade m’avait stupéfiée de par son aigreur, le spectacle qui s’offrait désormais à mes yeux me sidéra. Les racines pénétraient l’intérieur des deux bandits et on pouvait voir le volume du végétal distendre leur peau. Aux cris de douleurs qu'ils poussaient, je devinais que les racines s’attaquaient également à leurs organes. Ils finirent par tomber au sol et leurs hurlements devinrent râles puis s'éteignirent. Après ça, je n’entendis plus rien, ni les battements de leurs cœurs, ni le bruit de leur souffle.

Je déglutis difficilement. Heureusement, Félix et moi-même avions réussi à nous protéger de cette attaque, mon allié se trouvant hors de portée dans les branches basses d’un arbre, et moi ayant coupé une racine et reculé assez pour en être à présent hors d’atteinte.

La dryade se mit alors à faire un étrange bruit et il me fallu quelques secondes pour comprendre qu’elle riait. Mais son rire était à la fois triste et fou, si bien qu’on aurait pu le confondre avec un cri de douleur.

Je jetais un rapide coup d’œil à l’arbre aux yeux rouges. Il avait tout d’un véritable arbre, notamment ses racines qui semblaient bien ancrée dans le sol. Pouvait-il seulement se déplacer ? A cet instant, je fis le pari que non et choisit de me concentrer sur la Dryade. Elle devait être le chef, et si nous la mettions hors d'état de nuire avant que l’arbre ne se déracine et puisse nous atteindre, peut-être renoncerait-il à nous attaquer. C’était un pari risqué, puisqu’il supposait d’une part qu’il soit trop enraciné pour bouger, et d’autre part qu’il nous laisse tranquille si nous tuions son leader.

« Dévassssstateurs, assssssssasssssssin… », siffla la dryade entre ses… morceaux de bois.

Après avoir rapidement analysé le terrain, je choisis d’attaquer par le ciel afin d’éviter de me faire perforer par des racines sorties de terre. Quelques mouvements disgracieux et fort peu anatomiques me permirent de faire sortir deux grandes ailes noires dans mon dos. Je serrais les dents et m’envolait rapidement. L’arbre n’avait toujours pas bougé. En quelques battements d’ailes, je fus au dessus de la Dryade et mes ailes disparurent alors. Elle leva la tête lorsque je tombais sur elle, plaçant mes pieds sur ses épaules, jambes pliées et sabre pointé vers le bas. Ma lame pénétra verticalement l'arrière de son cou, descendant jusque dans son dos, entre l’écorce qui lui servait de seconde peau et le reste de son corps. D’un mouvement sec, je tirais mon arme vers l’horizontal, ce qui fit voler un morceau d’écorce, dévoilant une sorte de première peau de couleur verte. Avant qu’elle ne puisse m’attaquer, je tendis mes jambes pour sauter au sol. Malheureusement, la Dryade était rapide et elle réussi à me faire perdre l’équilibre, si bien que je tombais à sa portée. Elle sourit en me voyant accroupie, une main au sol pour me retenir. C’est alors que je vis à nouveau des racines sortir de la terre pour tenter de me transpercer. Elles parvinrent à m’attraper l’annulaire et l’auriculaire droits. Je sentis le végétal se glisser sous mes ongles pour entrer à l’intérieur de ma main. En même temps que d’entrer en moi, les racines me maintenaient au sol. Je n’avais pas la force de lutter aussi, je n’hésitais pas une seconde à me trancher les doigts pour pouvoir à nouveau reculer, hors de leur portée. Mes doigts tranchés se firent envahir par les racines avant d’être attirés à l’intérieur de la terre pour y disparaître.

Je fis passer mon arme dans ma main gauche et observait la Dryade. Son corps était mis à nu dans une partie de son dos et la chaire verdâtre suintait de sève. Cela devait être douloureux car elle ne se déplaçait plus de la même façon, compensant certains mouvements afin de limiter tout frottement dans son dos.

Derrière elle, l’arbre aux yeux rouges n’avait toujours pas bougé.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Dim 1 Avr 2018 - 2:35

- Dévassssstateurs, assssssssasssssssin…

Les évènements s'enchaînaient à grande vitesse, je pouvais sentir toute la végétation alentour frémir : on disait que combattre une dryade dans son élément était une mauvaise idée, n'est-ce pas ? Mais s'il était assez ridicule d'imaginer qui que ce soit se battre au milieu d'un incendie ou sous l'océan, les forêts n'étaient pas si impropres que cela au combat. Il n'en restait pas moins que notre adversaire pouvais sans doute faire bien plus que profiter du terrain, sans parler de son allié aux yeux rouges qui était pour l'instant enraciné. Jusqu'à présent, je m'étais contenté de me mettre à l'abri et de regarder, mais la branche sur laquelle je me tenais ne resterais pas sûre bien longtemps, j'en avais la conviction. Müss était impressionnante, et n'hésita même pas à sacrifier quelques phalanges dans le combat. Enfin, "sacrifier" est un bien grand mot pour un vampire. Moi en revanche, je ne pourrais me permettre ce genre de fantaisies. Un sourire doux-amer s'invita sur mon visage : "le secret des duellistes est simple. Il faut bouger. Tu dois te défendre ? Esquive ? Tu veux attaquer ? Soit vif, précis, et ne t'arrête jamais." Tout cela paraît incroyablement simple, non ? Mais je n'avais encore jamais du me battre sur un sol littéralement hostile ...

- Je suppose que ça fera un bon entraînement ... déglutis-je, avant de me lancer à l'assaut.

Le mouvement est tout, le mouvement est la clé de tout. Lame en avant, je me ruais vers la dryade. J'avançais en ligne droite, faisant des écarts brusques à intervalles irréguliers. Mon seul avantage était de sentir les racines pointer vers le ciel un bref instant avant qu'elle ne puissent tenter de me saisir. Concentré, je suais déjà légèrement sous l'effort nécessaire pour à la fois me permettre de percevoir ces mouvements infimes et les éviter. Je savais que je devais profiter de l'ouverture offerte par Müss, ou au moins apparaître comme une menace suffisante pour distraire nos ennemis le temps que la vampire en dispose. Or, pour atteindre son dos je devais me rapprocher.

- MAUDITS !!!

J'eus à peine le temps de réagir, alors qu'une ligne de pals de bois sortait du sol, invoquée par le tréant : ils ne pouvait pas bouger, mais utiliser ses pouvoirs n'était pas forcément un soucis. Je dus faire appel à un premier sort pour esquiver. C'était mauvais, être forcé si tôt à user de magie était de mauvais augure. Toutefois, devoir m'entraîner contre Lozir avait eu un avantage : j'avais appris à penser et agir vite en combat. Qu'un seul mouvement remplisse plusieurs objectifs n'était pas si rare pour moi, surtout quand il me fallait exploiter au mieux ma magie. Je ne lançais donc pas un seul, mais deux sorts : esquivant en diagonale, le premier me rapprocha de la dryade, légèrement décalé sur le côté, de façon à la mettre entre moi le tréant. Sans même prendre le temps de m'arrêter plus de temps que nécessaire à cette manœuvre, je recommençai. Je grimaçai en réalisant mon sort, car ma manœuvre nécessitait un "virage" particulièrement brusque, étant donné que les trajectoires des deux sorts formaient une sorte d'angle. J'étais légèrement décalé face à la dryade après le premier, aussi mon second sort me vit réapparaître derrière elle. Sans hésiter, je frappais trois coups presque à l'aveugle, très rapidement, et me résolu à m'écarter d'un troisième sort, avant que les racines ne me saisissent ou que le tréant ne lance à nouveau son sort. La vitesse d'exécution avait crée la surprise, qui était un atout dont j'avais pu profiter cette fois ... mais la suite s'annonçait plus difficile. De là, je me remis à courir pour me percher à nouveau sur une branche, essoufflé mais pas inattentif à mon environnement.

C'était mauvais, très mauvais : je n'avais pas pu porter un coup fatal à la dryade, bien que je sois certain d'avoir fait quelques dégâts. Mais les racines sont bien trop rapides pour me laisser gérer ma respiration. J'avais du utiliser trois fois ma magie, et j'avais déjà le souffle court et de la sueur coulait sur mon front. Je ne pourrais pas tenir très longtemps ... surtout si les deux décidaient de s'allier, comme ne témoignait leur mouvement suivant !

Je sautai au sol, évitant de peu les pals qui volaient vers moi ... ou presque. L'un deux m'arracha un cri de douleur alors qu'il me touchait à l'épaule : rien de réellement grave, ce n'était pas mon épaule d'arme, mais la plaie saignait : il faudrait agir vite. La dryade semblait pouvoir tirer profit des sorts du tréant pour mettre en œuvre de nouvelles tactiques de combat ! Mais elle était enragée par notre présence, et c'était à la fois sa force et sa faiblesse. Elle allait tout donner très vite, se révélant extrêmement mortelle ... mais elle se fatiguerait. Et aussi, son jugement serait altéré. La preuve ? Elle venait d'utiliser ses pouvoirs pour m'attaquer, alors que ses mouvements étaient déjà ralentis à cause de l'attaque de Müss et des quelques coups que j'avais portés en profitant de l'ouverture. Je n'avais pas percé d'organe vital (en avait-elle seulement au même titre que les humains ?), mais je savais que, même si je n'avais pas touché le cœur, aucun être vivant n'apprécie de recevoir trois coups successifs dans la poitrine.

Quoiqu'il en soit, en s'en prenant à moi, la dryade avait fait une erreur. Elle avait détournée son attention d'une vampire.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Jeu 5 Avr 2018 - 19:03

Je n’avais pu retenir un sursaut lorsque les pals de bois sortirent du sol pour s'envoller vers Félix. Les pieux ainsi formés semblaient prêt à l'empaler. Il me fallu quelques secondes pour me re-concentrer sur le combat.

Félix avait attaqué avec la même rapidité que celle dont il avait fait preuve en affrontant la demie-Orc. Encore une fois, je fus surprise. Il s’agissait forcément de magie… aucun être humain ne pouvait se déplacer à cette vitesse. Je n’arrivais même pas à suivre ses mouvements du regard. Il avait réussi à esquiver les racines, les pals de bois et les attaques de la dryade pour l’atteindre dans le dos.

Il frappa une fois.

Son adversaire relâcha alors totalement son attention de moi, se concentrant sur l’Humain qui lui entaillait la chair.

Il frappa une seconde fois.

Je courus vers elle. Cette fois-ci, les racines ne m’attaquèrent pas. Peut-être parce qu’elle avait épuisé ses capacités en terme de magie, ou alors parce qu’elle était bien trop concentrée sur Félix. Cependant, les pals de bois, eux, ne restèrent pas sous terre. J’en vis deux voler dans ma direction et les déviais avec mon sabre, concentrée sur la nécessité de protéger mon cœur.

Il frappa une troisième et dernière fois avant de s’éloigner. Je pris sa place, le sabre pointé droit devant moi. La dryade regardait encore son premier attaquant quand la lame lui traversa sa peau à l’endroit où Félix l’avait déjà fragilisée. Cette fois-ci, le métal pu entrer sans résistance à l’intérieur du corps végétal.

Le coup l'avait traversée, cependant, la dryade ne tomba pas. Elle baissa la tête vers l’extrémité du sabre qui sortait de son ventre. J’entendis alors un sifflement et, par réflexe, me baissais en me retournant. Une nouvelle volée de pals de bois s’envola vers nous. Je sentis un choc à mon épaule droite qui m’emporta contre la dryade. En me baissant, j’avais pu esquiver le plus gros de l’attaque mais, même si je ne ressentais pas la douleur, je devinais que mon épaule était blessée. Etonnement, l’un des pals destiné à me traverser la tête se cogna contre celle de mon adversaire qui s’était elle aussi retournée. Elle semblait légèrement sonnée, mais il ne lui fallu pas longtemps pour qu’elle reprenne ses esprits. Elle sourit en contemplant la lame du sabre qui ressortait par son ventre. Elle devait m’imaginer désarmée et ne devinait pas que j’avais usé de magie pour dédoubler mon arme. Avant qu’elle ne puisse en prendre conscience, je la plantais dans sa tête, en passant par son œil gauche pour éviter sa peau d’écorce. Si un sabre traversant son corps ne suffisait pas à l'achever, peut-être que le lui faire traverser la tête lui ferait plus d’effet. Je ne pris pas le temps de vérifier sa réaction et m’éloignais pour éviter de me faire surprendre par une nouvelle volée de pals de bois. Quand je fus hors de portée, je me retournais avec mon second sabre serré dans mon poing.

La dryade était penchée sur le sol, empalée par mon premier sabre. Ses racines ne semblaient plus supporter son poids. Une de ses mains était posée au sol pour la soutenir et l’autre était placée sur son œil percé. Entre ses doigts coulait un liquide visqueux dont la couleur hésitait entre le jaune et le vert. Elle releva la tête vers nous et ce simple mouvement semblait lui coûter tous les efforts du monde. Son œil intact nous dévisageait avec hargne. Elle éloigna alors sa main poisseuse et dégoulinante de sève pour nous pointer du doigt, l'un après l'autre.

« Je vous maudis… »

Sans relâcher ma vigilance de la dryade, je vérifiais que l’arbre aux yeux rouge ne faisait aucun geste suspect mais… mon regard ne perçu que la forêt et ses milliers d’arbres. Il m’était impossible de les distinguer les uns des autres.


Dernière édition par Müss le Dim 15 Avr 2018 - 20:19, édité 1 fois

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Message  Félix d'Azgal le Sam 14 Avr 2018 - 13:28

Les vampires sont des créatures impressionnantes. Puissants, rapides, et rusés, ils sont des prédateurs-nés, et parmi les vivants, rares sont ceux à pouvoir leur tenir tête. Malheureusement pour moi, qui n'en faisais pas partie, la dryade qui était face à nous, elle, l'était. J'avais eu un moment de pure surprise en voyant la vampire tirer un autre sabre de celui qu'elle avait laissé dans le corps de notre ennemi. Et utiliser la présence de cette arme impossible pour frapper l'ennemi à la tête. Soit dit en passant, de tout l'assaut et de ses répercussions, il semblait à présent qu'un point important nous était révélé : le corps de la dryade ne semblait pas souffrir tant de recevoir de l'acier en son milieu que son œil (et sans doute son crâne) ne le faisait. Alors que ses doigts dégoulinants de sève se pointaient vers nous en proférant une malédiction dont j'espérais secrètement qu'elle ne soit que des mots en l'air, je remarquais un autre soucis : le tréant n'était plus là.

Je fronçai les sourcils, inquiet : m'étais-je à ce point éloigné de lui que je n'avais pu sentir ses mouvements alors qu'il se déplaçait ? Non, c'était plus subtil que cela : il n'y avait pas de végétation écrasée, il avait simplement ... disparu ? Aurait-il été une invocation ? Si c'était le cas, il était étrange qu'il soit resté immobile et ai lancé des sorts ... alors quoi ? N'accordant qu'une attention minime à la vampire et la dryade mourante, je fermai les yeux pour me concentrer sur mon pouvoir. Je réalisai alors que ce n'était pas tant que le tréant s'était déplacé, qu'il s'était fondu avec le reste des arbres : impossible de le localiser avec précision. La dryade était déjà morte, ou dans le pire des cas ce ne serait plus très compliqué pour Müss de s'en occuper. Mais le tréant ...

Plus encore, la dryade et le tréant ... c'était loin d'être de simple bandits. Ce genre de créatures n'est pas enclin à verser dans le crime pour le crime. Nous avions de toute façon été engagés pour nous débarrasser des assaillants de la ferme, aussi nous fallait-il mener ce combat à son terme quoiqu'il arrive, mais un sentiment diffus de malaise commençait à s'installer en moi. Pourquoi attaquer la ferme ? En y repensant, Rehb n'avait pas parlé de vol ou de rançon ... mais ses champs avaient été saccagés et lui menacé. J'aurais peut-être du me renseigner plus avant, au final. Alors que j'avais l'intention de profiter de la mort imminente de la dryade pour confronter le tréant et l'amener à parler, un filet de sueur froide parcourut mon dos.

- A terre !!!

Je suivis mon propre conseil promptement, brisant ma concentration en grande partie. Un vol de plusieurs branches et feuilles tranchantes traversa la clairière. Le Tréant ouvrit alors de nouveau les yeux depuis l'autre côté de la clairière, et un ... sourire se dessina sur son écorce. Ce n'était pas lui qui avait lancés les sorts, mais deux nouveaux venus. J'avais à peine eu le temps de réaliser leur présence : des floranides. Bien moins dangereux dans l'absolu que nos adversaires précédents, mais pour moi cela restait une mauvaise nouvelle, surtout avec ma blessure.

- Venez à moi, gardiens de la forêt ! Châtiez les envahisseurs, leur acier et leurs demeures faites des cadavres de nos frères !

Impossible ... Rehb se serait installé sur les terres de ces tréants ? N'avait-il pas remarqué, ou avait-il pensé qu'il pourrait combattre une forêt entière ? Pourquoi ne s'en prendre à lui que maintenant ? Rah, ce n'était pas le moment ! Il fallait agir vite, sans quoi nous risquions d'avoir toute la forêt contre nous !

- Müss ! Occupez-vous du tréant ! je vais ralentir les renforts autant que je le peux, mais si nous ne nous en débarrassons pas vite, c'est toute la forêt qui va nous tomber dessus !

Je me remis à courir, gêné par mon épaule blessée, mais pas hors combat pour autant. J'éviter une première volée de feuilles en grimaçant, avant de dévier une branche particulièrement aiguisée qui filait vers mon cœur. Tant que je gardais l'attention des floranides, Müss aurait plus de facilité à se débarrasser du tréant ... et pourrait venir m'aider ensuite. Car j'étais cantonné à la défense, ce qui n'était guère confortable.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Dim 15 Avr 2018 - 21:40

Faisant confiance à mon coéquipier, je m’étais jetée au sol quand il m’avait hurlé de le faire. Une flopée de branches, feuilles, ronces et autres projectiles naturels m’avaient frôlé, volant juste au dessus de moi.

J’étais maintenant allongée au sol et tentais de comprendre la situation.

La voix de l’arbre se fit à nouveau entendre, identique à celle que j’avais entendue dans la journée. Je levais les yeux pour le chercher, orientée par le son de sa voix. Il s’était déraciné et commençait à se déplacer. En le voyant progresser lentement, je me concentrais sur mes souvenirs, cherchant à me rappeler les méthodes les plus efficaces pour vaincre un tel adversaire. C’était un Tréant et la meilleure arme contre lui s’avérait être le feu. Or nous n’en avions pas.

Félix s’occupait déjà des nouveaux arrivants : des Floranides. Il était blessé et ces créatures végétales pouvaient s’avérer dangereux. Mon premier réflexe fut de venir le seconder, mais l’Humain m’arrêta en m’assurant qu’il les ralentirait pour que je me charge du Tréant. Je le regardais, en proie à une foultitude d’émotions contradictoires. Je finis par me retourner et courir dans la direction inverse. Je devais lui faire confiance : il n'y avait pas d’autres façons de nous en sortir. Cependant, j’avais peur de ne pas être assez rapide et de ne pas pouvoir l’aider assez rapidement…

Non. Je devais me concentrer sur mon adversaire, sans penser à rien d’autre.

En quelques pas, je me retrouvais à hauteur du corps de la Dryade morte, récupérait mon premier sabre, et continuais ma course, droit devant moi. Mon épaule droite était blessée et ne pouvait pas bouger normalement. Il faudrait encore quelques heures pour qu’elle se répare totalement. Il me manquait également deux doigts à ce même membre. Cependant, avec mon membre blessé, je maintins mon arme pointée vers le Tréant. La lame éclata en morceau et, dans un fracas, des centaines de petits éclats de métal vinrent traverser de part et d’autre le corps de mon adversaire. Ou plus précisément… certains le traversèrent, mais la majorité ne fit que l’écorcher, sans entrer en profondeur dans l’écorce qui le recouvrait. Alors que les éclats d'acier revenaient vers moi pour reformer mon sabre droit, je m’apprêtais à frapper du gauche.

L’objectif de ma première attaque était de trouver les points faibles de mon adversaire. Ne s’attendant pas à un tel assaut, il avait tenté de se tourner sur le côté, cherchant à protéger le haut de ses jambes avec ses bras. Ses mouvements avaient été trop lents, et je voyais déjà la sève couler de ses cuisses (ou de ce qui s’y apparentait). Ses jambes étaient épaisses jusqu’à ses genoux mais, au dessus, ses membres inférieurs semblaient plus fin. C’était une chance pour moi car il était tellement grand que si son point faible avait le même que celui de la Dryade, à savoir sa tête, j’aurais eu beaucoup de mal à l’atteindre.

Focalisée sur sa cuisse droite, je lançais ma première attaque directe, concentrant toute mes forces dans le mouvement de mon sabre qui entama sa peau. Satisfaite, je l’entendis pousser un hurlement et vis un morceau d’écorce s’envoler pour dévoiler une blessure d’où suintait déjà de la sève. Je me reculais et me préparais à une seconde attaque. J’étais agile et rapide alors que mon adversaire était lent et… s’était à nouveau enraciné sous la douleur. J’avais toutes les chances de mon côté, il me suffirait de frapper vite et à plusieurs reprises. Sûre de moi, je passais sur son côté droit et frappais à nouveau quand une nouvelle rafale de pals de bois sortis de nulle part volèrent dans ma direction. Encerclée par ces pieux prêts à me trucider, je relâchais la poigne de mon sabre pour le faire tourner sur le côté tout en faisant une roulade vers l’avant qui m’évita de me faire empaler. Je me retrouvais ainsi derrière le Tréant et plongeais la lame de mon sabre dans sa cuisse déjà blessée. Le métal passa à travers le bois. Les bras de mon adversaire tenta de m’écraser, mais quand il arriva à l’endroit où je m’étais trouvée, j’étais déjà devant lui, ayant roulé en avant entre ses jambes. Je réitérais mon attaque, cette fois-ci frappant de biais afin de faire une encoche plus importante dans le bois. Je frappais deux fois d’affilée et changeais de position, l’empêchant encore une fois de m’atteindre. Un craquement se fit entendre et je devinais qu’il ne faudrait plus qu’un coup bien placé pour que la cuisse cède complètement et que mon ennemi devenu unijambiste perde l’équilibre. Même enraciné, le poids du haut de son corps l’emporterait et il tomberait tel un arbre cédant à une tempête. Ensuite, je ne lui donnais pas longtemps pour qu’il se vide de sa sève. Il en avait déjà perdu beaucoup…

Je levais mon sabre pour frapper mon dernier coup, espérant que, de son côté, Félix s’en sortait avec les Floranides…

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 23 Avr 2018 - 16:16

Je ne m'en sortais pas du tout. Enfin, mieux que je n'aurais cru, tout de même. J'avais du dégainer ma dague, et je m'étais cantonné à la défense. J'avais d'abord pensé qu'il me suffirait d'attendre une ouverture ... mais c'était peine perdue. J'avais pourtant été bien inspiré de dégainer ma seconde arme, car les deux lames déviaient presque autant de projectiles que j'en esquivais. Jamais encore n'avais-je était à ce point poussé dans mes retranchements, du moins pas pour aussi longtemps. le seul avantage que j'avais par rapport à plus tôt, était que le rythme de mes adversaires était plus facile à lire que celui des racines de la dryade. Je pouvais ainsi me placer plus aisément, respirer plus librement, et donc me fatiguer moins rapidement.

D'un autre côté, j'étais littéralement dans l'impossibilité de m'arrêter de bouger. J'avais hésité un court instant un peu plus tôt, et si j'avais réussis à dévier la pointe d'une branche particulièrement effilée, le reste du projectile m'avait probablement causé un joli hématome à la cuisse droite. De même, de minuscules coupures à peine assez profonde pour relâcher quelques gouttes de sang parsemaient mon visage et mes bras. Mais je pouvais toujours utiliser ma magie ... deux fois. Mon inquiétude grandissait au fur et à mesure qu'il devenait évidemment que la fatigue et les multiples blessures superficielles me ralentissaient, alors que les floranides commençaient à saisir mon style de combat et à s'y adapter. Avec quelques gros efforts j'aurais pu en combattre un : j'avais remarqué un certain temps de pose entre deux attaques d'un même individu. Malheureusement mes deux adversaires utilisaient leur nombre pour combler les temps morts l'un de l'autre.

Un pas à gauche, une feinte arrière, parade, déviation, un pas à droite. J'étais concentré, utilisant le minimum de mouvements de la façon la plus optimale possible. Je pouvais ressentir le déplacement de chaque projectile, et ainsi prévoir leurs propres feintes. Du moins c'est ce que j'avais imaginé. Je fis un pas à gauche pour éviter une nouvelle branche, sachant pertinemment que cela allait me coûter une nouvelle balafre de la part d'une feuille qui arrivait. Il me suffirait cependant de pencher la tête pour ne recevoir qu'une énième égratignure et non une blessure sévère. Je ne perçut que trop tard le moment ou la branche se scinda en deux, l'un des parties se fichant dans ma jambe. je poussais un cri et m'effondrait, la feuille ne me touchant même pas. Au milieu de ma douleur, j'étais conscient de trois choses. La première : j'avais cessé de bouger. La seconde : Une rafale plus fournie que les autres se précipitait sur moi. La dernière : si je voulais survire, je n'avais pas le choix.

Je puisais dans mes forces mentales pour réaliser un marche-brise, laissant toute la rafale derrière moi. Serrant les dents, je me préparais à recommencer. Ma blessure allait s'aggraver, mais c'était cela ou finir empaler. J'avais cru entendre un craquement retentissant peu avant de me faire piéger. J'espérais qu'il s'agissait du signe de la victoire de Müss, parce que je doutais de pouvoir encore tenir très longtemps. Dès que les floranides se seraient remis de leur surprise, ils allait frapper. Je pourrais sans doute éviter une seconde vague ... mais pas une troisième.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Jeu 26 Avr 2018 - 20:58

La lame de mon sabre traversa enfin la cuisse du géant de bois. Le Tréant tomba alors au sol en dans un hurlement plaintif. Ses mains se posèrent sur sa blessure d’où la sève coulait abondement.

Je ne pris pas le temps de l’achever, certaine qu’il ne pourrait réchapper de l'hémorragie découlant de la perte de son membre. Je levais la tête vers le combat qui se déroulait de l’autre côté de la clairière et poussais un hurlement : Félix était blessé, au sol, et un Floranide s’apprêtait à l’empaler. Je n’arriverais jamais assez vite pour dévier son attaque… et même si j’avais été plus rapide, pouvais-je seulement contrer une telle rafale ?

Je courais. Jamais je n’avais couru aussi vite qu’en cet instant. Mais ce n’était pas suffisant ! J’étais encore à quelques mètres quand une liane mortelle se fracassa à l’endroit… où Félix ne se trouvait plus ? Emportée par mon élan, je me retrouvais déjà face au Floranide. Je tournais la tête sur le côté pour apercevoir l’Humain qui s’était encore une fois projeté sur le côté à l’aide de sa magie. Je poussais un gémissement de soulagement.

La créature de la forêt profita de mon inattention pour me frapper. Elle m’avait attaquée avec une espèce de liane pleine de ronces immenses et de feuilles tranchantes. Le coup me faucha le pied, si bien que je tombais à la renverse.

Le seconde Floranide profita que je sois au sol pour m’attaquer à son tour et je roulais sur moi-même pour éviter les feuilles. Je me redressais en grimaçant. Je n’avais pas mal, bien évidement, mais je devinais que mon pied n’était pas en bon état. Il me portait plus difficilement. Rien de grave, mais le moindre déséquilibre pouvait s’avérer fatal. Sans parler de ma main droite amputée de deux doigts…. Mais je devrais faire avec, prévoir et compenser ce risque. Le premier Floranide se lança dans une nouvelle offensive, identique à la première. Cette fois-ci, j’anticipais le coup et tournait sur ma gauche pour l’esquiver, tout en donnant un violent coup de sabre dans la liane. Cette dernière ne résista pas et, tranchée sec, tomba au sol. Cela ne servait pas à grand-chose puisque la créature en possédait une bonne dizaine sur tout le corps.

Il prit le temps de préparer une nouvelle charge tandis que son compagnon prenait le relais. Ils étaient lents mais compensaient cette faiblesse par leur nombre, ne laissant pas de répits à leurs assaillants. Sauf qu’à présent, nous étions deux contre deux. Nous pouvions avoir l’avantage.

Je reculais pour éviter la rafale de feuille tandis que son compagnon s’apprêtait déjà à envoyer une nouvelle bourrasque. Je me plaçais sur le côté droit, prête à esquiver.

Je n’avais pas le temps de jeter un regard à Félix, mais j’espérais qu’il ne soit pas trop blessé. L’odeur de son sang embaumait toute la clairière, ce qui n’était pas bon signe. Mais s’il était encore en état de se battre, peut-être pourrait-il profiter de cet instant : le premier Floranide fit apparaître une nouvelle bourrasque de feuille dans ma direction et le second était encore en train de récupérer.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Dim 6 Mai 2018 - 0:56

Ma vue était brouillée par les larmes de douleurs qui m'échappaient. L'intervention de Müss m'avait permis de gagner un peu de temps. Le temps de retirer le bois qui était dans ma jambe : la plaie saignait donc avec bien moins de retenue, mais je ne risquais plus de l'aggraver en me déplaçant inconsidérément. Ceci dit, la douleur. Mon corps était couvert de diverses coupures, plus ou moins anecdotiques certes, mais nombreuses et douloureuses chacune à sa manière. De plus, mon épaule droite et ma jambe gauche était bien plus sérieusement touchées : je ne perdrais pas conscience dans l'immédiat, mais je perdais trop de sang pour ne pas sentir l'urgence de la situation non plus.

Les floranides étaient une menace principalement parce qu'ils se coordonnaient. Quand bien même j'aurais eu du mal à en combattre un seul à la fois, ce n'était très probablement pas le cas de Müss. Autrement dit, si je donnais une ouverture à la vampire, les choses devraient pouvoir se faire rapidement. Je me permis un sourire amer malgré tout, me demandant si elle saurait résister à sa faim assez longtemps pour me ramener en lieu sûr, et si je pourrais la remercier pour son aide quand tout cela serait finit. Prenant une grande inspiration, je me remis en garde alors que les créatures végétales étaient complètement focalisées sur la vampire. De la même façon que j'avais été cantonné à la défense face à eux, ils étaient forcés de m'ignorer pour pouvoir tenir face à elle. C'était ma chance, et je n'en aurais qu'une. Je détendis lentement mes muscles, ajustant ma pose, et essuyant mes yeux, avant de me lancer une dernière fois en avant grâce à la magie du vent.

La première chose que je ressentis fut, bien évidemment, la douleur. Chaque muscle de mon corps, chaque blessure, se rebellait face à la pression que le mouvement engendrait. Je serrais les dents et ravalait un cri, forçant chaque parcelle de mon corps à maintenir ma pose, à ne pas dévier un instant, de peur que mon attaque n'en soit comprise. Puis le moment de vérité, alors que l'acier de ma lame pénétrait sa cible. Un moment de soulagement certain plus tard, ma vue se brouilla de nouveau.

Mon arme avait transpercée la tête d'un des floranides. Mon souffle me manquait, je sentais mes membres me lâcher, et un léger vertige s'emparait de moi. Mais à présent, la vampire ne devrait avoir aucun soucis pour en finir avec le combat. Vraiment, j'aurais deux mots à dire à Rehb ... et j'espérais que Lozi avait pu échapper à tout cela : dans le feu de l'action je n'avais pas vraiment pu m'inquiéter de ce qui arrivait à mon petit familier.

- Je crois ... que j'ai besoin de repos ...

Je fermai les yeux un instant. Il me semble les rouvrir aussitôt, mais quand je le fis, il n'y avait que le silence autour de moi, et j'étais ... en mouvement. Un nouveau clignement, et j'étais sur un matelas, recouvert de bandages. Une silhouette passa dans mon champ de vision, mais je n'arrivais pas à vraiment l'identifier : la perte de sang avait peut-être été plus violente que je ne l'avais anticipé, au final ...

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Müss le Dim 6 Mai 2018 - 19:52

L’odeur du sang humain emplissait totalement l’air. C’était mauvais signe… très mauvais signe….

Le Floranide avait fini de récupérer et passa à l’attaque alors que je venais d’esquiver les feuilles de son allié. C’est alors que je le vis arriver derrière la créature végétale telle une bourrasque de vent. Sa lame entra à l’arrière du crâne du Floranide pour ressortir par sa bouche. Surpris, l’autre créature se tourna vers Félix et je profitais de son inattention pour abattre mon sabre sur lui d’un mouvement circulaire. Son cou ne soutint par le choc et sa tête tomba au sol. Ainsi décapité, il rejoint son camarade dans la gueule de Sercanth.

« Je crois… que j'ai besoin de repos… »

Je replaçais mon sabre dans son fourreau. Lorsque ma main lâcha l'arme, je sentis l'inquiétude m'envahir. Félix avait la jambe gauche en sang. Son épaule controlatérale n’était pas en bien meilleur état…. Ses habits déchirés par endroits laissaient deviner de nombreuses autres plaies, un peu partout sur son corps, qui lui faisaient perdre une quantité de sang non-négligeable.

Alors que je mesurais l’étendue des dégâts qu'il avait subi, il se laissa glisser au sol, les yeux fermés. Non, il n’allait pas mourir maintenant ? Pas comme ça ! Je m’approchais de lui en essayant de ne pas céder à la panique. Je me penchais vers son bras gauche et attrapais sa manche avec les dents, tirant fortement pour arracher plusieurs morceaux de tissu. Aussi vite que possible, j’enroulais un lambeau autour de sa jambe en serrant assez fort pour stopper momentanément l’hémorragie. Je fis ensuite de même avec l’épaule, mais le bandage hâtif ne suffisait pas. Il me fallait l’emmener rapidement dans un lieu où on pourrait le soigner.

Son visage était pâle. Il avait l’air déjà mort. Je ne pu m’empêcher de glisser deux doigts dans son cou pour vérifier que son pouls battait encore. Je sentis une faible pulsation.

« Tenez bon ! »

Je passais une main dans son dos et l’autre sous ses genoux pour le soulever de terre. Le bougre, il avait beau avoir perdu une sale quantité de sang, il pesait son poids ! Cependant, je n’avais pas de temps à perdre et j’avançais aussi rapidement que je le pouvais, me concentrant pour ne pas flancher. J’avais un pied blessé, mais ce n’était pas ça qui allait me ralentir.

Je me dirigeais vers la ferme des Xolons dans une course boiteuse. Elle me paraissait tout à coup bien loin. Avions nous marché autant à l’allée ? Au cours de ma progression, j’avais l’impression que l’esprit de Félix s’envolait. Que de sang perdu. Quel gâchis…. Allait-il vraiment mourir comme ça ? Je n’aurais jamais dû l’écouter. J'aurais dû rester combattre les Floranides à ses côtés avant de m’en prendre au Tréant. Je me maudissais intérieurement.

« On arrive. Ne mourez pas maintenant, on n’est plus qu’à quelques mètres. Rehb va s’occuper de vous, ça va aller… »

Je voyais déjà les bâtiments et la porte principale qui semblait me hurler d’accélérer.

« Et s’il ne peut pas vous sauver, je pourrais le faire… si vous voulez…. »

Je ne sais pas ce qui me prenait. Je n’avais pas eu le temps de lui demander ce qu’il aurait préféré entre mourir ou être sauvé en devenant un vampire. Réflexion stupide. Personne ne choisirait volontairement d’être transformé en monstre. Et de toute façon, Félix n’était pas en état d’entendre ce que je lui disais, encore moins de donner son avis.

Enfin, nous finîmes par traverser le porche.

« A l’aide ! On a besoin d’aide ! »

Je hurlais de toutes mes forces et la lumière d’une chandelle apparu bientôt, suivie d’un bruit de pas lourd. Un Xolon apparu, en tenue de nuit, les yeux encore rouges et le regard perdu. Il vit le corps de Félix et le prit dans les bras pour l'emporter dans la maison. Je le suivi en courant. Une femelle Xolon apparu à son tour et le couple se mit à parler de la marche à tenir. Félix fut emporté dans une chambre et le Xolon mâle me demanda d’attendre à l’écart, m’affirmant que sa femme prendrait soin de lui. Quant à lui, il parti en ville chercher quelqu’un capable de soigner de telles blessures.

Le calme se fit tout à coup. Je restais quelques secondes devant la porte de la chambre, figée. Je finis par me rendre dans une petite cuisine pour m’asseoir sur une massive chaise de bois. Mes mains étaient rougies par le sang de l'Humain. Par réflexe, je les portai à mes lèvres pour les lécher, distraitement.

C’était tellement… délicieux…

Je sentis une goutte d'eau s’échapper d’entre mes cils pour couler le long de ma joue et s’écraser au sol. Cette larme fut bientôt suivie par une autre, puis par un torrent qui inonda mes yeux. C’était fini. Le calme était revenu. J’avais le droit de craquer maintenant.

Au bout d’un moment, Rehb revint accompagné par un Tigrain portant une caisse de bois. Ce dernier entra dans la chambre tandis que le Xolon vint me rejoindre sur une seconde chaise. Nous attendîmes là une bonne partie de la nuit. Finalement, le Tigrain-soigneur sortit de la chambre, accompagné de la Xolon. Tous deux avaient l’air à bout de souffle.

« J’ai fait ce que j’ai pu. S’il survit jusqu’à demain soir, c’est qu’il est tiré d’affaire. »

Il me demanda si j’avais également besoin de soins et je mentis en affirmant ne pas avoir été blessée. Je fermais les yeux et la femelle Xolon me proposa d’aller me coucher à mon tour. Elle m’installa une couchette de fortune dans une pièce qui servait à stocker des céréales. Je m’étendis là sans me faire prier.

Les heures passèrent lentement. J’attendais, l’esprit brumeux.

Je ne ressentais plus rien.

Pas même la soif.

Au final, quand la journée commença à mourir, je finis par sortir de ma couchette pour aller affronter la triste vérité. La porte derrière laquelle se trouvaient la femelle Xolon et Félix était ouverte. Je me glissais dans la chambre et jetais un coup d’œil à ce que j’espérais ne pas être un cadavre.

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Re: Savez-vous sauver les choux ?

Message  Félix d'Azgal le Lun 14 Mai 2018 - 16:43

Un bretteur maniant la rapière excelle à combattre un seul ennemi, au corps-à-corps. Il est également, grâce à sa propension à l'esquive, un adversaire très honorable pour les archers de toutes sortes, bien qu'une flèche tirée à bout portant soit un challenge à éviter. Ma magie me permettait de faire face à plusieurs ennemis, et mon entraînement m'avait même donné les outils pou occuper deux floranides en même temps, quand bien même j'avais été cantonné à la défense. Mais c'était bien trop peu. Lozir n'avais pas eu le temps de faire de moi un maître duelliste, quand bien même les bases solides qu'il m'avait transmises m'avaient permis de défendre mon honneur sans grande peine à la cour. Et les années passées à la cour, justement, ne m'avaient offert que peu d'occasion d'affûter mes talents. Si bien que j'étais, en ce moment même, allongé dans un lit et couvert de bandages.


Je gardais les yeux fermés, respirant assez fort pour rassurer sur mon état, et assez doucement pour maintenir l'illusion du sommeil. Mais mes sens invisibles étaient étendus autour de moi, et j'écoutais. j'avais repris conscience depuis l'équivalent d'une heure ou deux selon mes estimations, assez pour que la personne qui s'était occupée des soins reviennent et discute à voix basse avec la femme de Rehb. Le plus gros soucis avait été la perte de sang : mis à part mon épaule et ma jambe, la plupart de mes blessures, si elles avaient laissé le précieux liquide couler, restaient superficielles. Pour ce qui était des deux véritables soucis, le médecin pensait que mon épaule mettrait deux semaine à se remettre. Pas un grand soucis, c'était mon épaule droite, et j'étais gaucher. En revanche, pour ce qui était de ma jambe …


La blessure originelle n'était pas gravissime. Certes, une branchette en travers de la cuisse c'est douloureux, mais le bois n'avait rien touché de vital ou d'important. En revanche, un stress malvenu avait été appliqué aux muscles, et ils avaient été salement atteints. Rien qui ne puisse être réparé avec le temps heureusement, mais si il fallait compter là encore deux semaines avant que je puisse marcher au calme, la convalescence complète se comptait en mois : 3 pour être précis, à moins de trouver quelqu'un capable d'utiliser la magie de soin naturellement. J'avais écouté tout cela sans réagir, soucieux d'entendre la vérité pure plutôt qu'une version inutilement édulcorée pour me ménager.


Depuis, j'étais resté immobile, songeur. Il me fallait réfléchir à mes priorités. Me faire payer pour mon travail, sermonner Rehb pour son manque de précision … et rentrer ? Je ferais mieux de ne pas trop traîner de toute façon, Longe était à plusieurs jours de trajet et Je n'avais eu une ristourne auprès de cette chère aubergiste que pour un temps limité. Je ne risquais pas de me retrouver à la rue pour autant, mais mes maigres possessions restées là-bas, si. Du moment que je la payais à nouveau en rentrant, je n'aurais à déplorer la perte que de quelques livres et vêtements, à moins qu'elle n'ai trouvé quelqu'un d'autre à loger à ma place évidemment.

C'est pendant que je réfléchissais à cela, immobile et feignant le sommeil, que je perçu une nouvelle approche. quelqu'un qui n'était pas un xolon approchait. Je la reconnu à son manque de .. respiration. Je n'avais plus rien à obtenir à dissimuler mon état de veille. Je me tournai donc vers la porte, reportant mon attention vers la vampire. Je ne tentais pas de me redresser de peur de compromettre les soins qui m'avaient été apportés, mais je doutais que parler soit bien dangereux.

- Je pensais que vous étiez partie : il paraît que je suis resté inconscient un moment. Je repensais un instant au style de combat de la vampire : maintenant que je pouvais m'inquiéter d'autre chose que ma sécurité, ma curiosité était piquée. Je … merci. Et … ce que vous avez fait … avec vos sabres … Je toussotai, me demandant comment amener le sujet sans sembler indélicat. Enfin … disons que je voulais d'abord en savoir plus sur la nature de ces phénomènes. C'était … ce n'était pas lié à votre condition ? C'était très impressionnant.


Je n'avais entendues que des rumeurs sur des maîtres d'armes capables de faire des miracles avec leurs lames. Mais j'avais vu Müss sortir un sabre du sien, forcer sa lame à enserrer une gorge sans la trancher … je m'étais toujours montré dubitatif devant ces récits, d'autant que mon ami mage ne semblait rien connaître de comparable, mais j'avais eu la preuve qu'il ne s'agissait pas de fables. De tels pouvoirs seraient sans aucun doute un avantage face à des adversaires comme les floranides. Mais Müss était une vampire : sa magie était-elle liée à sa condition de morte-vivante ? Verrait-elle un quelconque intérêt à m'enseigner ses secrets si ce n'était pas le cas ? Ou préfèrerait-elle disparaître vers son monde nocturne ? Dans ce dernier cas, je ne pourrais rien faire : même au sommet de ma forme je ne pouvais espérer la poursuivre, et sans soin magique je mettrais des semaines à retrouver mes capacités entières.

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