La forêt de l'aube

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Message  Euryssa le Sam 13 Jan 2018 - 9:50

"Je suppose que savoir se faire discret et savoir se comporter en société sont deux choses différentes, en effet ... mais nous devrions nous occuper tout d'abord de trouver un lieu propice à passer la nuit et y faire quelques aménagements. Nous aurons tout le temps du repas pour discuter."

Il était vrai qu’il se faisait tard, et qu’une bonne nuit de sommeil nous ferait le plus grand bien pour réfléchir. J’avais senti aussi que l’idée ne l’enchantait pas plus que ça. Mais après tout, proposer un changement radical de vie pouvait être effrayant pour n’importe qui. La peur de l’inconnu était familière à tout le monde. Et puis aussi, chacun avançait à son niveau. Ce n’était pas parce que j’étais une élève studieuse, que tout le monde l’était. J’en avais vu des novices qui peinaient à apprendre. Mais au final, ils ont réussi dans leurs études, excellents dans leur domaine. Il ne fallait donc pas perdre espoir. Même s’il ne fallait pas oublier qu’il s’agissait là d’un nécromancien, et que même si je lui accordais encore le bénéfice du doute, il semblait avoir toutes les raisons du monde à en vouloir à l’univers.

"Vous avez raissson. Et il me sssemble apercevoir quelque chosse là-bas !"

En effet, dissimuler un petit peu derrière le relief irrégulier de la région, on pouvait apercevoir une sorte de vielle bâtisse. Pas de fumée, aucune lumière, l’endroit semblait désert. À moins que les occupants ne dormissent déjà. Mais peut-être y trouverions-nous de l’aide pour notre aventure. Qu’ils acceptent de prêter une couche pour la nuit, ou indiquer un endroit plus propice si l’endroit était occupé. Mais il valait mieux rester sur ses gardes. Tant que nous ne serions pas arrivés sur les terres de Telbara, l’endroit restera un très grand danger. Si cela se trouve, des sorciers, bandits ou esclavagistes se cachaient dans le coin. Mais arrivant à destination, c’était tout autre.

"Par tous les dieux ! L’endroit fut ravagé…"

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 15 Jan 2018 - 21:38

Je n'aime pas trop les chaumières isolées dans la forêt. C'est simple : les centaures ne construisent pas ce genre de bâtiments, et les humains vivent en société. Une chaumière isolée signifiait quelqu'un vivant en marge de la société, comme moi, mais qui avait suffisamment pu asseoir son autorité sur les alentours pour prendre le temps de bâtir, contrairement à moi. Autrement dit : un danger potentiel. Cependant, la naga elle ne semblait pas inquiétée par cela. Je n'avais toujours pas pu me fixer sur la question d'ailleurs : le manque apparent de prudence d'Euryssa était-il du seulement à la foi qu'elle portait à ses dieux, ou se savait-elle assez puissante pour se sortir de la plupart des situations épineuses ? Sa prestation face aux centaures m'avait semblé décevante de ce point de vue-là , mais elle ne semblait jamais penser à ce qui pourrait mal tourner. Sans quoi nous n'aurions, déjà, probablement même pas eu l'occasion de discuter pour commencer.

Pour ma part, plus nous approchions, moins je me sentais en sécurité : tout d'abord, la masure était certes faite de bois et non de pierres, mais elle était habilement bâtie. Autant dire que l'occupant avait reçu un minimum d'entraînement, de savoir, et n'en était de fait que plus dangereux. Mais surtout ... il n'y avait aucun signe de vie. Pas de lumière, pas de fumée, pas de fumet non plus. Pas de son. Il commençait à se faire tard, mais nous n'étions clairement pas encore au milieu de la nuit. Si ça avait été le cas, j'aurais pu comprendre. Inquiet, je parcourait nerveusement les lieux, les balayant de tous mes sens, laissant la prêtresse prendre les devants. Puis je l'entendis s'exclamer, et me dépêchait de la rejoindre.

En effet, l'endroit était saccagé. Tous les meubles étaient renversés ou brisés, leur contenu répandu au sol. La plupart des tissus, qu'il s'agisse des draps, du matelas, des rideaux ... étaient en lambeaux. Mais ce qui sautait aux yeux, du moins aux miens, était la nourriture qui jonchait le sol. Cela indiquait plusieurs choses : premièrement, le saccage n'était pas du fait d'une bête, sans quoi elle se serait restaurée. De plus, la nourriture semblait encore comestible si l'on omettait le fait qu'elle soit répandue dans toute la maison. Je m'approchai prudemment d'un chaudron renversé devant l'âtre, posant ma main dessus.

- Encore chaud. C'est un miracle que les tisons de la cheminée n'aient pas mis le feu à l'endroit. Nous ne devrions pas rester là, c'est dangereux. Même s'il n'y a pas de sang.

Car malgré tout, il n'y avait aucune goutte de sang.  L'habitant avait été assez chanceux pour être absent lorsque le coupable était passé, ou bien le combat avait été déplacé avant que le sang ne soit versé. Dans tous les cas, je n'étais pas motivé pour croiser l'un ou l'autre des belligérants. j'étais d'ailleurs plus inquiet du fait que nous n'ayons rien entendu qui indique un combat : la mise à sac n'était pas trop ancienne, C'était d'autant plus étrange que ...

- Wryyyyh !!!!

Je me figeai, un goutte de sueur froide glissant le long de mon dos. Je connaissais ce cri pour être un de ceux que tous fuyaient dans la forêt : un Pyxon. Mais ce qui me glaçait les sangs n'était pas seulement la présence d'un tel adversaire potentiel. Non, ce qui était en train d'occuper mon esprit était le fait simple que c'était un cri de douleur que nous venions d'entendre. Un hurlement victorieux retentit alors. Mais ce n'était pas celui d'un loup. Ni même d'un Vrot. Le son appartenait à quelque chose de plus gros, et je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être ...  à moins que ...

- Oh non ... non non non ...

Je me précipitais à l'extérieur, levant brièvement les yeux. Je ravalai le gémissement de terreur qui emplit ma gorge à ce moment là, alors que le puzzle tout entier se mettait en place. Je rentrais à nouveau à une vitesse que d'aucun aurait trouvée impressionnante, claquant la porte derrière moi. Commençant à paniquer, je chercher des yeux de quoi barricader l'entrée. Tout en expliquant la situation à Euryssa, je commençait à traîner des bouts de meubles pour bloquer la porte.

- C'est la pleine lune, et ce hurlement n'appartenait certainement ni à un loup ni à un Vrot. Un loup-garou vit ici. Il a du se faire surprendre par la pleine lune en préparant son repas. Il a saccagée sa demeure avant de partir dans la forêt, c'est pour ça qu'il n'y a pas de sang. J'avalais difficilement ma salive. Quel inconscient oublie la pleine lune ? Je comprend mieux pourquoi la cabane est isolée. Si on a de la chance, il ne reviendra pas avant l'aube ... Sinon, nous avons intérêt à bâtir une barricade solide.

C'était les humains qui avaient le plus à craindre les lycans et vampires, car ils pouvaient les transformer. Euryssa ne risquait donc réellement que des blessures ... ou pire, mais moi ? Je me savais à moitié humain, mais mon héritage elfique me protégerait-il de la malédiction ou pas ? Des spécialistes auraient sans doute la réponse à ma question, mais je n'en étais pas un, et je ne comptais pas le découvrir ainsi. Le lycan devait être déjà particulièrement puissant sous forme humaine pour avoir pu vivre ici. Je ne voulais absolument pas risquer de croiser les crocs de sa forme maudite.

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Message  Euryssa le Mer 17 Jan 2018 - 10:41

Un loup-garou disait-il ? Par tous les dieux ! Il ne manquait plus que ça. Bien qu’ils étaient très rares, au point de ne devenir qu’une légende, le Temple n’a jamais douté de leur existence. La considération de ce dernier vis-à-vis de ces créatures restait mitigée, mais souvent elle était peu enviable. On était partagé sur le fait que ce soit une maladie, ou bien un maléfice. Mais souvent, le débat revenait à la même conclusion, les lycanthropes étaient dangereux, et il fallait s’en débarrasser au même titre que vampire ou nécromancien. Ces pauvres âmes n’étaient plus maîtresses d’eux-mêmes, prirent dans une frénésie sauvage qui les poussaient à commettre les pires atrocités qui soient. J(aidais donc Zerith à barricader portes et fenêtres, nous isolant le plus possible du monde extérieur et du potentiel danger qui rôdait tout prêt.

"J'essspère que cccela tiendra. Avec un peu de chancce, il chasssssera aux alentour et oubliera sson foyer le temps de la nuit."

C’était un bien maigre espoir. Les loups garou, comme le nom l’indiquait, étaient des canidés. Ils possédaient un flair hors du commun, des chasseurs impitoyables qui pouvaient courser pendant des heures, une proie sur de nombreux kilomètres. Je me souvenais des quelques récits sur eux, qu’on m’avait raconté durant ma formation de prêtresse, et en visite sur des territoires isolé. La description de ces bêtes variée souvent, d’un rien à beaucoup. Mais il s’agissait de monstre impitoyable, arrachant membre par membre de ses victimes, laissant une grosse partie de cette dernière pourrir le matin. On faisait alors souvent appel à des chasseurs spécialisé, ou bien aux gardiens de l’Ordre du Temple ou autre paladin religieux pour en venir à bout. Ils étaient mieux équipés que nous, alors je ne savais pas si mon unique foie suffirait à venir à bout d’une telle bête.

"Avez-vous déjà rencontrer de cces créatures ?"

L’angoisse emplissait l’air. Le silence était pesant, c’était trop calme. Poser des questions m’aidait à mieux me sentir et tenir bon. Et comme souvent, on mettait, excusez-moi mon expression, lycanthropes, vampires et nécromancien dans le même panier, j’en profitais pour savoir si ce genre de chose lui était familière, si la magie noire avait bien un lien avec ce maléfice, si s’en était bien un. Ainsi, cela mettrait fin à des décennies de débats. Mais je me disais que comme toutes maladie et malédiction, il devait y existait un remède.

"Pour ma part, ccce sserait la première fois, que j’en rencontrerais un, et je ne voudrais pas que cela sssoit la dernière dans un sssens."

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Message  Zerith le Mer 17 Jan 2018 - 13:57

- Avez-vous déjà rencontrer de cces créatures ? Pour ma part, ccce sserait la première fois, que j’en rencontrerais un, et je ne voudrais pas que cela sssoit la dernière dans un sssens.

- Qu'on m'en préserve ... Je ne sais que peu de choses sur eux. Ils sont porteurs d'une malédiction ou maladie qui les transforme en monstres sauvages et impitoyable les nuits de pleine lune, et leur condition peut se transmettre aux humains avec une simple blessure ... pour peu qu'un humain survive à une confrontation. En pratique, je peux vous dire une chose : le premier cri était le cri d'agonie d'un Pyxon ... et les Pyxon font partie des prédateurs les plus dangereux, forts et malins, de cette forêt.

Retors, toxique, violent. les Pyxons étaient des sortes de dragons-papillons qui se dissimulaient derrière une illusion pour attirer des prédateurs affamés, en paraissant plus petits qu'ils ne l'étaient. Une fois la taille réelle de la bête dévoilée, il était souvent trop tard. Ses battements d'ailes répandaient un poison paralysant autour de lui, ses crocs étaient une arme en soit, et sa salive pouvait entraver un humain en un seul coup. C'était une bête de deux mètres de haut qui se faisait passer pour une gros insecte de la taille d'une main humaine, un chasseur sournois doté d'armes redoutables par la nature. Mais aussi dangereux qu'il soit, et comme presque tous les prédateurs, il préférait économiser son énergie et, de fait, fuir restait une option valable si l'on en rencontrait un.

Les lycans étaient différents. J'avais entendu dire qu'ils pouvaient se transformer partiellement à volonté pour faire de formidables adversaires, mais c'était bien leur transformation finale qui était le plus connue et dangereuse. Il y a trois nuits consécutives de pleine lune par mois. Pendant ces nuits, les lycans ne sont plus humains le moins du monde. Ils ont la forme, dit-on, d'un énorme loup capable de se tenir debout si cela est nécessaire, doté de griffes et de crocs acérés, dont le pelage épais le protège des coups. Les muscles gonflés par l'adrénaline de la bête en font un ennemi aussi agile que puissant, et la folie et la soif de sang sont les seules choses qui animent cette machine à tuer. On dit que les blessures qui leur sont faites se referment dans l'instant, et que seul l'argent peut les affecter durablement. Une masse de crocs, de poils, de muscles et de rage qui, trois nuits par mois, détruit et tue sans même consommer ses proies, la plupart des temps. Un fléau.

Et ce monstre habitait ici. Il rôdait dans la forêt, cette nuit, la première des trois nuits de pleine lune. Une fois barricadés, je me mis à fouiller la maisonnette. On m'avait dit une fois, à l'époque où j'avais infiltré Vulgarde, que ces monstres se détestaient eux-même, et s'enfermaient chez eux. Enfin, disons plutôt que j'avais surpris la conversation d'un chasseur de monstres qui expliquait comment repérer un lycan vivant en ville. Au vu du carnage qui régnait ici, l'habitant du lieu ignorait sa condition ou n'avait pas eu le temps de s'entraver convenablement. Quelqu'un vivant en marge de la société à cause de ce genre d'affliction devait connaître sa force, et donc je doutais qu'il se soit entouré de meubles qu'il pouvait si aisément réduire en charpie. Il devait y avoir une trappe, ou des chaînes, quelque chose ...

- Même en étant un monstre, personne ne vit dans une maison en prenant la peine de construire des meubles qu'il détruit tous les mois. Notre hôte devait avoir un moyen de s'enfermer ou s'entraver, et avec un peu de chance nous pouvons le trouver ... et avec beaucoup de chance, nous en servir.

A moins que le lycan se contente d'habitude de partir au cœur de la forêt pour se déchaîner. Dans tous les cas, à moins d'être en argent, il y avait peu de chance que des chaînes nous aide : en effet, je ne pensais pas que nous saurions les manier correctement pour entraver un lycan en pleine rage. Si en revanche il s'agissait d'une cave, nous pourrions prévoir de nous y glisser en guise de protection supplémentaire, une seconde ligne de front en quelque sorte. Je n'imaginais guère d'autre méthodes, mais n'écartais pas l'hypothèse que la bête aie trouvé un autre moyen de se refréner ou de s'isoler du monde pendant ces trois nuits. Dans tous les cas, je restais inquiet : même si nous échappions au pire cette nuit, il y en aurait deux autres qui suivaient. On louait la vitesse de course de la bête, et je craignais que, si nous tentions de nous remettre en route avant que les trois nuits ne soient révolues, nous ne soyons forcés de combattre ... ou de rencontrer un destin funeste.

Je n'ajoutais rien, mais en mon fort intérieur je me demandais tout de même si un golem de chair et d'os ne pourrait pas, à défaut de le ralentir, au moins le distraire quelques instants. Toutefois, je ne m'attardais pas sur cette pensée : si la bête était redoutable au point de pouvoir vaincre un Pyxon, mes créations ne pourraient sans doute nous offrir que quelques frêles secondes. Outre le fait qu'Euryssa serait sans doute peu encline à apprécier mon geste si j'en créais un, il ne servirait guère qu'à repousser une confrontation inévitable. Non, le mieux restait de se barricader ici pendant les 72 prochaines heures ... nous devrions avoir les provisions nécessaires pour ce faire, ET pour atteindre le village le plus proche afin de regarnir nos besaces.

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Message  Euryssa le Ven 19 Jan 2018 - 10:54

Zerith n’en savait pas plus que tout le monde. Sans doute qu’un spécialiste serait nous en dire plus, malheureusement nous n’en avions pas sous la main. Et encore, quoi que ce soit pour lutter contre un tel monstre. Aucune arme, aucun objet fait en argent, aucun poison. Juste nos bâtons et nos dons. Serait-ce suffisant ? Il fallait l’espérer. Du moins, si nous ne pouvions le vaincre, nous pourrions toujours le garder éloigner de nous, le repousser le temps qu’il faudra jusqu’au levé du jour. Après, il serait sans doute possible de partir dès que le soleil se levait, mais d’ici la prochaine pleine lune, il pouvait à nouveau se changer et vouloir nous traquer. Sauf si, comme venait de dire le nécromancien, il avait prévu quelque chose chez lui pour ces tristes jours.

"Peut-être n'aurions-nous pas à tenir ausssi longtemps. Si au matin, il redevient humain, nous pourrions le laissser rentrer chez lui, et qu'il fasssse ce qu'il a prévu. Et nous n'aurions plus qu'à partir."

Sans doute un peu naïf de croire cela, mais la solution radicale n’était pas toujours la meilleure. La discussion sans doute pouvait aider, comme elle l’avait fait pour Zerith et moi. Le pauvre homme, ou femme, devait avoir peur que son secret soit découvert, mais si nous pouvions le rassurer de nos intentions, peut-être bien qu’il ou elle accepterait de nous laisser partir, en échange, nous laisserions cette âme en paix. Je n’étais pas d’humeur à me battre de toute manière, et je ne l’étais jamais. Mais j’aurais bien aimé qu’un paladin soit de notre côté. Il fallait croire qu’il aurait mieux fallu pour moi de venir escorter finalement. Mais comment pouvais-je deviner que nous rencontrions une créature considérer comme une légende ?

J’aidais Zerith à trouver quelque chose d’intéressant, poussant tous ces objets pour y voir plus clair. Il me serait difficile de vous les énumérer, tellement il y en avait. À croire qu’une guerre eut lieu ici, dans un espace aussi confiner, ou qu’un sorcier aeromancien aurait créer une tornade ici. Poussant ceux qui ressemblait à des plats en bois, mélanger à des vêtements en lambeaux, je trouvais une plaque en bois par terre. Dessus, je voyais une grossière gravure qui me fit sourire. Malgré les traits, on devinait qu’il s’agissait d’une représentation d’une petite famille. Il me semblait reconnaître un homme dessus, avec une enfant et sans doute la mère se tenant à côté. C’était adorable. Taillé avec un couteau, cela montrait que ce loup-garou était avant tout un être humain, une personne ayant sa sensibilité. Tous les monstres devaient avoir une part de lumière en eux.

"Que les dieux nous aident afin que tousss, nous survivions."

Soudain, mes sens de naga étaient en éveils. Je sentais des faibles vibrations me venir. Il ne s’agissait pas seulement de Zerith qui fouillait la maison, mais de quelques choses d’autre. C’était loin, mais se rapprochait. Il était fort à parier que cela se trouvait juste derrière la porte. On ne trompait pas une nagi, si vous vouliez la surprendre, il fallait utiliser un puissant sort, ou une potion miracle. Je fis signe de se taire au mage noir, guettant les fenêtres condamnées. Et je sifflais tout bas :

"Il y a quelque chose, jussste là…"

Mon ouie n’était pas développer, mais je pouvais imaginer qu’il s’agissait sans doute de notre hôte qui revenait chez lui. Il nous a sans doute sentie de loin, et après le Pyxon, il devait vouloir un dessert. Je me glissais bien à l’écart de la porte d’entrée, gardant le dos au mur. Lorsque ma longue queue toucha à travers ces objets abandonnés, quelque chose de bien y régulier sur le dol. Un rapide petit coup d’œil me permis de voir qu’il s’agissait d’une succession de planches qui dépassaient leurs semblables. Sans doute ceux qui cherchait Zerith. Je lui fis signe pour le lui montrer sans faire de bruit.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Jeu 25 Jan 2018 - 1:42

- Peut-être n'aurions-nous pas à tenir ausssi longtemps. Si au matin, il redevient humain, nous pourrions le laissser rentrer chez lui, et qu'il fasssse ce qu'il a prévu. Et nous n'aurions plus qu'à partir.

Pour être très franc, je préférerai largement l'enfermer moi-même ici et bloquer la trappe avant de partir ... quitte à le laisser mourir de fin dans son sous-sol. Mais je suppose que ce n'était pas dans les plans de la naga. Les choses se révéleraient déjà plutôt complexes demain matin justement, quand il faudrait expliquer à ce lycan nos raisons de nous retrouver chez lui. Mais je restais persuadé qu'il accepterait "on ne voulais pas mourir" comme une excuse valable, au final. En revanche, contrairement à Euryssa, je ne me sentais pas vraiment du genre à lui faire confiance : après tout, si nous étions actuellement en danger de mort, c'était justement parce qu'il n'avait pas fait ce qu'il était sensé faire. Pour peu qu'il ne vive pas en forêt justement pour pouvoir se lâcher les soirs de pleine lune.

- Il y a quelque chose, jussste là…

A peine eut-elle finit sa phrase qu'un bruit étouffé de course me parvint. Alors qu'Euryssa s'éloignait de la porte, pour ma part je me ruais contre elle aussi silencieusement que possible, prêt à appuyer les vaillants éclats de meubles qui servaient de barrage de fortune entre nous et la mort. Si le lycan avait la moitié de la force que les rumeurs lui prêtaient, un simple empilement de monceaux de bois risquait d'être insuffisant pour le retenir, et il faudrait que nous nous donnions du mal pour garder la porte scellée jusqu'à l'aube. Euryssa me pointa une irrégularité du sol quelques secondes avant le premier impact. Je poussais déjà contre les meubles aussi le barrages ne céda-t-il pas, mais je me sentis repoussé de quelques centimètres et manquai de perdre mon souffle. Un long hurlement, définitivement ni lupin ni humain, et provenant d'une bête énorme, résonna alors de l'autre côté de l'huis. Paniquant à moitié, je dû rassembler toute ma maîtrise de moi-même pour ne faire aucun son, et indiquer d'un mouvement frénétique à Euryssa d'ouvrir la trappe.

Une second coup, plus franc, me secoua violemment. Il était d'autant plus difficile de peser sur le barrage que, étant constitué de monceaux de bois brisés, il présentait quelques arrêtes et échardes douloureuses et malvenues. Dès que la naga aurait ouvert la trappe, nous y plongerions. Avec de la chance, nous y serions en sécurité assez longtemps : soit que le monstre ne sache pas comment l'ouvrir, soit qu'elle soit dotée d'un mécanisme permettant de le retenir, soit que nous y trouvions quelques chaînes ou autres outils nous permettant de le repousser assez longtemps.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Ven 26 Jan 2018 - 12:40

Les coups violents sur la porte suffirent à me donner la motivation nécessaire pour ouvrir la trappe et de nous y engouffrait pour nous abriter. La bête hurlait juste derrière la barricade de fortune de l’elfe, alors que je refermais la trappe juste derrière nous, nous plongeons dans le noir complet. Privé de ma très bonne vue, je devais me fier à mes autres sens pour me repérer. Je sentais l’odeur de l’elfe noir juste à côté de moi, ainsi que la fraîcheur et l’humidité de la cave. Tapotant sur la trappe, je sentais comme une sorte de crochet, et en l’actionnant, j’entendis un mécanisme s’enclencher, verrouillant sans nul doute le passage. Nous étions donc pris au piège, terrer dans ce trou, avec un monstre qui allait entrer d’une seconde à l’autre. Le bruit de ses coups dominait, mais je distinguais encore le cliquetis de chaîne en fer, se balançant légèrement pour s’entrechoquer.

Tendant le bras, j’attrapais délicatement l’une d’elle. Le métal était aussi froid que l’air en hiver. Je me demandais si de telles précautions étaient suffisantes pour retenir un lycanthrope. On disait qu’ils avaient une force extraordinaire, bien supérieur au meilleur des guerriers, pouvant rivaliser avec un minotaure. Alors, de simples chaînes pouvaient être efficaces ? J’essayais de voir ce que l’on pouvait trouver, mais difficile dans le noir, et je me doutais qu’il ne laisserait rien lui permettant de sortir d’ici sous sa forme lupin. Je pensais faire apparaître une lumière pour nous aider, mais j’entendis très bien la porte d’entrée exploser. Un vacarme épouvantable, où l’on reconnaissait les meubles en bois se désintégrer et s’écraser à l’autre bout de la pièce, suivit d’un long hurlement à la lune à briser les os.

"Il est entré..."

C’était à prévoir. Imaginez l’angoisse. Plonger dans le noir. La seule sortie connue était bloquée. Et au-dessus de nos têtes, un monstre rodait, on pouvait l’entendre grogner, faire trembler ce qui nous servait de plafond avec ses énormes pattes poilus et griffus. Il se déplaçait lentement, reniflant fortement pour sans doute retrouver notre piste et chercher un moyen pour nous atteindre. Vous savez que le danger était tout proche, mais vous ne pouviez le voir, et encore moins prévoir son attaque.

"Esssayez de trouver quelque chossse dans le coin… Moi, je vais monter la garde près de la trape et tenté de le retenir." Sifflais-je tout bas, de peur que l’ouïe extra fine du prédateur ne nous entende.

Ceci aussi était stressant, quoi qu’on puisse faire pour nous aider à nous en sortir, cela deviendrait un immense avantage pour notre adversaire. La moindre lumière pour nous guider, le moindre son pour discuter et se mettre d’accord pour nous en sortir, pouvait nous couter chère.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 5 Fév 2018 - 21:57

Il était plus que rare que je ne voies rien. Les pupilles délicates de mes ascendants elfiques me procuraient une vision nocturne nette, tirant profit de la plus ténue des sources lumineuses. Bien entendu, une lumière trop aveuglante blessait d'autant plus efficacement ma vue, et je n'aimais guère me déplacer en pleine journée car je m'y retrouvais plus facilement éblouis. Mais il ne m'était arrivé que très rarement d'être privé de ma vue par les ténèbres. Cependant, à cet instant précis, je me trouvais dans une cave solidement close, au sous-sol d'une maisonnette, au milieu de la nuit. Aucune lumière ne pourrait venir éclairer mon petit monde ici.

Mais ce n'était pas ma cécité qui était la cause de mon angoisse. J'en avais vu d'autres, et même si cela accentuait mon malaise, elle n'en était pas la cause. En revanche, la présence d'un lycan sous l'influence de la lune juste au-dessus de ma tête y était pour beaucoup, je dois l'avouer. Et en d'autres circonstances, avoir un immense serpent capable de raisonner dans la même pièce que moi ne me rassurerait pas non plus. Cependant c'était bien la bête maudite qui m'inquiétait réellement, et dont la simple évocation avait suffit à nouer mes tripes. Le vacarme résultant de la destruction de notre petit barrage m'avait forcé à serrer les dents pour retenir un gémissement de douleur, et plus encore quand le hurlement avait à nouveau retentit, tout proche.

- Esssayez de trouver quelque chossse dans le coin… Moi, je vais monter la garde près de la trape et tenté de le retenir.

Inutile de me le demander. Sans lumière, toutefois, je devais me fier à mes autres sens pour me guider. L'ouïe était exclue car le son des griffes et le ronflement sonore de la respiration du prédateur emplissaient la pièce malgré l'épaisseur du sol : la bête devait vraiment être énorme. Mon ouïe ainsi parasitée et ma vue presque complètement indisponible, j'en étais réduit à me déplacer à tâtons avec la plus extrême des prudences. Même s'il n'était plus qu'une montagne de muscles animée d'une soif de meurtre inextinguible, le lycan avait probablement construit ce lieu et le connaissait parfaitement. Il ne lui faudrait pas toute la nuit pour se rappeler qu'il y avait un sous-sol, et de toute façon il y avait fort à parier qu'il pouvait nous traquer grâce à son flair. Alors autant ne pas lui faciliter la tâche plus encore en signalant notre position.

Mes pupilles se dilataient à l'extrême, tentant désespérément de saisir la plus infime lueur lunaire qui aurait pu se glisser à mes côté par des planches mal agencées. Si la pièce n'était déjà plus une mer de ténèbres impénétrable, elle n'en était guère plus qu'un ensemble de masses indistinctes. J'étouffais un gémissement en réalisant que la méthodologie utilisée par le lycan consistait en une table sur laquelle étaient solidement fixées différents fers. Il y avait également, pourtant, une chaîne qui pendait du plafond, sans doute pour immobiliser son bras pendant la transformation. D'abord surpris pas la finesse de cette dernière, j'en vins rapidement à la conclusion qu'elle était faite d'argent. Assez souple pour servir d'arme peut-être, mais ni moi ni Euryssa n'étions doués avec ce genre d'armes. Peut-être ...

Délicatement, je remontais le long de la chaînette pour découvrir le système de fixation de l'objet et l'en libérer. Toujours aussi silencieusement, je réfléchissais à comment arriver à mes fins de manière efficace. Je finissais mes réflexions, arrivant à une conclusion, quand les premiers coups retentirent contre la trappe. Elle était conçue pour empêcher de sortir le monstre, pas l'empêcher d'entrer : même avec Euryssa qui la maintenait autant qu'elle le pouvait, elle finirait par céder. Je respirais profondément, me concentrant. Un bâton d'os, pointu aux deux extrémités, se mit à sortir du sol. Concentré sur les formes indistincts que je percevaient, je réalisai qu'il serait plus difficile d'arriver à mes fins dans le noir.

- J'ai besoin d'un peu de temps pour arriver à un résultat utile, tiens le coup ! ... et fais-moi confiance ...

Je serrais les dents, saisissant le bâton dans la main droite, alors que j'enroulais la chaîne tout autour. Utilisant un seul sort de sang, je glissais précautionneusement le long de l'arme, faisant légèrement fondre l'os pour y sceller la chaîne. Le sort fonctionnait au mieux sur la chair et les os, et je n'avais pas le temps de l'adapter au bois, aussi était-ce la raison pour laquelle je fusionnais la chaîne à un bâton invoqué, qui finirait par disparaître. Il faudrait agir vite, mais j'avais confiance. Enfin, je n'avais plutôt pas le choix. Il fallait tenir aussi longtemps que possible ou le mettre hors-combat tout aussi vite : or mon bâton "d'argent" finirait par disparaître.

- Ouvre !

Je me ruais en avant, invoquant une autre "larme" à la pointe de mon arme. Le but était simple : empaler la bête alors qu'elle atteindrait le sol, avant qu'elle puisse bouger. Planter mon arme, et compter sur la combinaison de l'argent et du sang maudit pour lui porter un coup réellement puissant et potentiellement handicapant. Puis se désengager et se battre de façon plus classique, en laissant l'arme incrustée d'argent dans son corps pour maximiser son impact. Le tout reposait sur plusieurs choses : premièrement, je devait toucher un point critique. Secondement, je devais réussir à planter mon arme profondément. Enfin, j'espérais que l'effet de l'argent sur ces bêtes n'était pas exagéré, sinon, au lieu de profiter de son cri de douleur pour reculer, j'avais de grandes chances de me faire profondément griffer. J'aurais peut-être pu tenter de le maudire avant, mais je n'avais plus le temps, et cela ne ferait qu'affaiblir ma charge.

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Message  Euryssa le Jeu 8 Fév 2018 - 9:30

Tenter de retenir une bête aussi puissante, semblait être peine perdue. Déjà qu’il pouvait à lui seul déchiqueter les plus grands prédateurs du continent, une nagi et un elfe noir n’étant pas des plus musclés, risquaient de faire une grosse différence. La bête meurtrière ne ferait qu’une bouchée de nous deux. Il faudra plus compter alors sur notre intelligence pour nous en sortir qu’à la force de nos bras. Mais les loups-garous étaient connus pour être aussi rusé qu’un homme, que fort qu’un loup. Mais cela ne voulait pas dire qu’ils étaient imbattables. J’attendais donc que Zerith trouve quelque chose pouvant nous aider. Je priais les dieux de ne pas nous abandonner, de guider nos pas et nous faire sortir d’ici vivant. C’est alors que j’entendis le magicien noir me crier de l’ouvrir. Pendant quelques secondes, j’ai hésité, mais au final, j’obéissais. Sans doute était-ce notre seule chance.

Je ne vis rien à cause du moi, mais j’entendais et je ressentais. Quelque chose me passa à côté rapidement, suivit d’un bruit violent comme si quelque chose percuté autre chose, suivit d’un loup cri inhumain à glacé le sang. Puis ce fut le silence, un vent me frôla, passant par l’ouverture. J’avais les os et le sang qui se glaçaient. Dans aucun de mes souvenirs, je n’eus autant peur. L’expression, « Frôler la mort » n’en était plus une à présent. J’en tremblais même et il me fallait un petit moment pour me rassurer en me disant que j’étais toujours vivante, et non dans le ventre de Sercanthe.

"Zerith ?! Vous êtes toujours là ? Vous allez bien ?"

Je prenais un immense risque en l’appelant de la sorte, mais je voulais être sûr qu’il est survécu à son entreprise contre la bête maudite. De toute façon, cette dernière savait où nous nous cachions à présent. Et c’était sans nul doute elle, qui avait prit la fuite. J’ignorais ce qu’avait réaliser le nécromancien, mais cela avait suffit à repousser le lycanthrope. Du moins, pour le moment. Et la nuit était loin d’être finie. Il me semblait avoir entendu le son de quelque chose perforant la chaire, j’étais donc curieuse de savoir ce qu’avait trouver l’elfe pour arriver à un tel résultat. Le maître des lieux devait sans doute avoir à sa disposition tout un équipement pour se protéger de sa bête intérieure. Si jamais il en avait besoin, il devrait posséder un outil pour « se soigner ». Sans perdre un instant, je me pressais pour refermer la trappe.

"Je... je crois qu'il est partit. Malédiction ! La trappe ne se referme plus très bien. Elle a dû être endommager lors de sses passsssages."

C’était comme si quelque chose bloquait la fermeture. Mais je pouvais distinguer qu’à présent, les planches ne formaient plus une surface plate, mais cabosser. Certaines avaient perdus des morceaux. Bon, déjà qu’elle n’offrait qu’une protection rudimentaire contre notre ami, là elle ne valait plus grand-chose. Il faudra donc se tenir plus que près à subir une prochaine attaque du monstre, s’il se remettait de ses blessures.

"Ccc’était par contre, si brave cce que vous avez fait. Et bien vue. Qu’avez-vous utilisez ?"

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Message  Zerith le Dim 11 Fév 2018 - 15:16

Le choc fut terrible. Le son et la sensation de l'os qui s'enfonce entre les chairs n'était pas vraiment gênant pour moi, mais j'avais sous-estimée la bête. Mon arme se brisa net, laissant pas loin de 30 cm d'os sertit d'argent dans le corps du monstre. Celui-ci hurla et tourna sur lui-même, me propulsant à travers la pièce. Puis s'enfuit. Nous venions de gagner du temps, et même si j'avais l'impression que tout mon corps était à l'agonie, je ne devais souffrir que de quelques contusions.

- Zerith ?! Vous êtes toujours là ? Vous allez bien ?

- Urgh ... je crois.

Je me relevais, faisant tinter au sol les quelques objets que j'avais percutés dans ma chute. Ma première observation fut de remarquer l'éclairage bien plus généreux de la pièce : je m'en serais s'en doute réjouis si cela ne signifiait pas que notre retraite était plus exposée que jamais. Un coup de chance retentissant n'assurait pas la victoire. Je cherchais des yeux le reste de mon arme, me dirigeant vers elle pour la récupérer et l'inspecter : l'os avait été brisé, et la chaînette aussi. Il me restait donc encore un peu de longueur d'os sertis, mais l'extrémité n'était plus vraiment apte à percer la fourrure épaisse et la peau tannée du monstre.

- Ccc’était par contre, si brave cce que vous avez fait. Et bien vue. Qu’avez-vous utilisez ?

Je lui tendis l'arme, avant de réaliser que si le peu de lumière qui perçait à présent me suffisait amplement, ce n'était pas le cas d'Euryssa. Content qu'elle ne puisse voir ma mine confuse, je me raclai la gorge et, tâtant doucement mes bleus, je me mis à répondre.

- C'était de la chance autant que de la logique, pour être franc. J'ai trouvé une table d'entraves, avec une chaîne trop fine pour vraiment compléter l'attirail. J'en ai conclu que c'était de l'argent et ... j'ai invoqué un os sur lequel j'ai sertie la chaînette. Je voulais l'affaiblir pour nous donner une chance, mais il fallait agir vite car les os que j'invoque finissent par disparaître. De fait, la chose la plus logique à faire était de vous faire ouvrir la trappe tant que je possédais une arme efficace.

Bien sûr, ça aurait pu être n'importe quel autre métal et nous aurions été bien embêtés : et je préférais taire l'utilisation de sang maudit à la prêtresse. L'un dans l'autre, nous avions un lycan fou de douleur qui devait être en train de ravager l'extérieur. Le calme qui planait malgré tout était signe qu'il s'était franchement éloigné de nous. Si l'argent était aussi efficace qu'on le disait, même une fois mon os et mon sang disparus, la chaînette à l'intérieur de son corps devrait le faire souffrir et au moins le ralentir si il revenait. Je soupirai intérieurement : si elle réalisait pleinement ce qui s'était passé, Euryssa ne risquait-elle pas d'insister pour que l'on aille à la recherche du lycan une fois qu'il aurait reprit forme humaine ? Si 30 cm de chaînette d'argent était au pire une gêne pour la bête, pour l'homme les conséquences seraient bien plus fâcheuses, je le "craignais".

- Il à l'air d'être partit pour le moment. Nous avons plus de visibilité, et un lycan affaiblit à notre crédit. En contrepartie, notre cachette n'en est plus une, et l'entrée en est faussée.

Et la bête avait toute les raisons du monde d'être enragée contre nous. Je clignais des yeux, réalisant le temps que nous avions passés, dissimulés dans les ombres, à prier pour notre salut. La fatigue n'était restée loin de nous que grâce à l'adrénaline, mais à présent elle se mettait à peser sur mes paupières. Le monstre lui se déchaînerait toute la nuit, ainsi que les deux suivantes. Pire encore pensais-je, mon petit moment de gloire venait au prix fort : la cave de la chaumine n'était plus vraiment apte à retenir un lycan à présent.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Lun 12 Fév 2018 - 9:41

J’ignorais si les explications de Zerith devaient me rassurer ou non, mais finalement, il valait mieux sans doute ne pas en tenir compte, vue la situation. Au moins, le loup-garou ne semblait plus être dans les parages, je ne ressentais plus la moindre vibration étrangère et son odeur sauvage avait disparue. J’espérais qu’il n’était pas parti se défouler sur de pauvres créatures innocentes. On dira que c’était mieux que ce soit eux que nous, mais tout de même, personne ne devrait subir un tel sort. Mais comme je ne savais pas ce que manigançait la bête, il valait mieux éviter de s’imaginer des choses. La première chose qui m’inquiétait le plus, c’était cette maudite trappe qui ne voulait plus se refermer correctement, nous rendant encore plus vulnérables qu’avant.

"Sssouflons un peu. Nous devons économisser nos forccces si on doit encore se battre pendant plusieurs heures encore."

Profitant du moment de répit, je me mis à ramper un peu plus loin. J’ignorais ce que je comptais trouver, il faisait toujours aussi noir, même si un faible rai de lumière lunaire passait à présent à travers la trappe cabossait. Si ce malheureux voulait éviter de faire subir au monde son maléfice, il ne devait avoir prévu un moyen pour s’enfuir, du moins, un accès facile une fois sous sa forme de bête. Si je ne pouvais rien voir, ni rien faire comme ça, je pouvais au moins réfléchir pour méditer sur certains points. Ne pas me lancer dans de grandes réflexions philosophiques et spirituelles, mais du moins, aider à voir plus clair ce qui nous arrivait.

"Croyez-vous qu’il se sssouviendra de ce qui lui est arrivé ? Déjà, vivre avec une telle malédiction ne doit être facile, mais s’il devait en plus se remémorer ssses atroccités..."

J’avais une grosse envie de le prendre en pitié. Après tout, un humain se transformant en bête n’était pas forcément responsable. Il s’agissait plus d’une maladie qui tombait sur le premier malheureux qui passait par là, et qui n’avait rien demander. Apparemment, les Naga n’avaient à craindre de connaître un sort semblable. Mais elle ne pouvait s’empêcher de compatir pour les victimes. Se voir maudire, sans comprendre pourquoi, il y avait de quoi perdre la tête et crier au ciel pourquoi. Sans doute que certains ont songer, et même tenter le suicide. Quelle horreur. Mais à chaque mal existait un remède. Si ça ne tenait qu’à moi, je soignerais la terre entière. Mais déjà qu’à l’heure actuelle, j’avais dû à m’occuper d’un problème à la fois.

"En plus, on dirait qu’il avait une famille. Sssi oui, j’essspère qu’ils vont bien."

Les gravures semblaient bien le prouver. Comme c’était la pleine lune, ses proches ont dû s’en aller. S’ils n’étaient pas déjà partis dès qu’ils ont comprit que le père de famille était maudit. Mais ce dernier semblait s’être laisser surprendre sur ce coup-ci. Alors, ses proches pouvaient tout de même avoir le temps de prendre les jambes à leur cou ?

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 12 Fév 2018 - 20:30

- J'ai entendu dire qu'ils oubliaient tout ce qu'ils faisaient pendant ces nuits. Pour sa famille ... il n'y avait aucune trace de sang dans la maison, et le récipient où mijotait son repas me semble trop petit pour trois personnes ou plus. Je suis plus inquiet pour cette nuit et les deux prochaines : son dispositif est brisé, la trappe faussée ... même avec tout la bonne volonté du monde, je doute que cette cave puisse encore lui permettre de s'isoler.

Je balayais les craintes d'Euryssa d'un revers de pensée. Elle était bien trop conciliante, et même si c'était ce défaut-même qui m'avait sauvé, je me sentais plus investit dans notre survie immédiate que dans l'analyse comportementale d'un lycan. Bien entendu, loin de moi l'idée de le pointer plus directement que cela à la naga. Pour ma part, bien que je l'avouerai jamais devant elle, j'espérais que le monstre avait ... ou allait trouver une fin funeste dans la forêt cette nuit-même. Cela m'éviterait de passer deux nuits épouvantables et d'accumuler ainsi la fatigue de plusieurs jours et nuits de voyage à la suite sans sommeil. Car si la bête survivais, je ne comptais pas faire long feu dans la région, de toute façon !

Non pas que j'ai prévu de m'installer ici dans le cas contraire, remarquez bien. J'avais plusieurs mois de voyage devant moi pour saisir cette "nouvelle vie" qui m'avait été promise, après tout. Ou tout du moins pour en obtenir le maximum. Cependant, à chacune de nos péripéties, il me semblait plus évident que jamais que j'avais besoin de la magie pour me protéger. Une idée commençait à prendre forme dans mon esprit, mais il me faudrait attendre que toute cette histoire de lycan soit terminée avant d'en parler à la naga. Une fois de plus je passais mon regard sur le contenu de la cave : Une table où des menottes d'acier étaient serties, l'anneau auquel la chaînette avait été fixé qui pendait maintenant dans le vide ... et guère plus, malheureusement. Une commode presque rudimentaire dont je percevais seulement maintenant quelques effluves de nourriture ... sans doute de quoi caler dès le "réveil" une fringale dû à une nuit passée à se débattre et à hurler. Le sang répandu au sol était trop peu profus pour que j'en fasse un petit golem, sans quoi j'aurais sans doute proposé d'aller disséminer la nourriture autour de la maison, ou même de l'emmener loin, pour nous offrir quelques minutes de plus en cas de retour de la bête. La proposition d'économiser nos forces me revint en mémoire.

- Pour ce qui est de nous reposer ... nous pourrions tenter de mettre en place des tours de garde ? Fermer les yeux même une heure pourrait être profitable.

En considérant que nous aurions le luxe d'attendre autant de temps, s'entend. Même si je n'étais pas habitué à le faire en prenant en compte une présence non hostile, m'organiser était une activité qui, m'ayant sauvée bien des fois, avait un effet apaisant et m'aider à garder les idées claires tout à la fois.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Mer 14 Fév 2018 - 9:35

Il avait raison, aucune trace de sang, donc aucune victime, c’était déjà ça. S’il avait encore une famille, alors elle devait avoir quitté les lieux depuis longtemps, sans doute à l’abri chez des parents ou amis. Je me demandais alors s’il était donc possible à la fin de sauver le lycan. Sans doute, étais-je folle de penser ça, mais au fond, la bête n’y était pour rien dans cette histoire. Je ne ferais que le répéter, mais cet homme n’avait sans doute rien demandé de toute cette histoire. Il était donc hors de question de laisser une âme damnée être damné injustement. Il n’avait pas besoin de fâcher les dieux pour être maudit. Il suffisait qu’il se balade une nuit de pleine lune pour se faire mordre. Mais il valait mieux, oui, pensé à notre survie en premier. Mais, encore un mais, on m’avait toujours appris à éprouver de la compassion pour autrui et chercher à les aider. Un lycan étant un homme n’ayant pas eu le choix, contrairement à un bandit par exemple.

"Très bien... Allez dormir en premier. Je monterais la garde."

Bien que je ne pusse pas voir pour l’heure, je pouvais encore sentir et entendre. N’ayant jamais vu de loup-garou avant, ses vibrations et son odeur m’étaient étrangères. Mais à présent, je serais le reconnaître et me battre comme une aveugle. Ne jamais sous-estimer une personne privée d’un de ses sens, voir tous, car elle pouvait vous surprendre. Au moins, en restant en alerte, je pouvais continuer ma méditation et réfléchir à notre situation. Cela faisait un bon moment que notre ami à fourrure n’avait fait signe. Il avait peut-être abandonné, ou bien sa blessure fut plus grave que nous l’aurions pensé. Par contre une petite chose qui me tracassait, concernait Zerith. Je sentais qu’il était toujours aussi attaché aux ténèbres. Il était encore trop tôt pour lui d’en être purifié, mais je me demandais si au final, il allait vraiment en sortir.

Soudain, j’entendis quelque chose de lourd tomber sur le sol. Cela me fit sursauter. Une fine odeur vint piquetait le bout de ma langue. Il était là. J’aurais imaginé un retour plus discret, mais il a dû perdre une grande quantité de sa puissance à cause de l’argent. Il me semblait même qu’il se trainait sur le sol, lâchant un gémissement à peine audible.

"Ressstez ici, je vais aller voir." Sifflais-je à Zerith.

Me glissant vers l’ouverture, je demeurais silencieuse quand je me faufilais par la trappe. La lumière était meilleure ici, bien qu’il fasse encore nuit, l’éclat de la lune me permettait de mieux distinguer les choses et cette grosse masse noir qui se mouvait à l’entrée de la demeure. C’était effrayant, une si grosse bête qui bloquait notre seul moyen de sortit. Sa taille faisait peur, mais elle semblait comme ça si… Peu dangereuse, moins hostile que tout à l’heure.

"Je crois qu’il est blessser. Il bouge à peine."

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Jeu 15 Fév 2018 - 19:48

- Je crois qu’il est blessser. Il bouge à peine.

En entendant ces mots, mon premier réflexe fut de sortir de la trappe et de retenir la naga. J'étais certain qu'elle ne résisterait pas à la tentation de venir en aide au lycan si elle le pensait vraiment blessé (et il était très probablement vraiment blessé par l'argent). Et quoiqu'on en pense, je n'avais aucun attrait pour le cadavre de ce monstre : il y avait là bien plus que je ne pouvais réanimer de toute façon, et comme je l'avais dis avant qu'Euryssa ne décide de prendre le premier (et seul) tour de garde, j'avais ma survie en tête avant tout. Et je connaissais plusieurs ruses de chasseurs, aussi ne doutais-je pas que le monstre en connaisse autant.

- Euryssa, laissez-le pour le moment. L'argent empêche sa blessure de se fermer complètement et le fait souffrir, mais ça ne va pas plus loin. Tant qu'il est sous cette forme, quoiqu'on en dise et quoiqu'il veuille, il reste un prédateur et un assassin. Je fis de mon mieux pour adoucir ma voix. Vous pourrez lui apporter vos soins dès l'aube, mais outre le fait que j'ai déjà vu des prédateurs mimer une blessure pour attirer des proies aventureuses, je fais encore moins confiance à une créature animée par la rage que je ne ferais confiance justement à l'un de ces prédateurs. Même dans cet état, il reste dangereux.

J'essayais désespérément d'inciter la naga à la prudence. la chaînette serait facile à retirer une fois l'aube venue, même si ce ne serait pas sans douleur pour le maudit. Si Euryssa pouvait soigner son prochain, comme j'étais persuadé que tous les prêtres l'étaient, je préférais qu'elle attende que ce soit un humain devant nous, et non plus une masse de poils, de muscles et de crocs. je profitais d'ailleurs de la situation pour étudier le monstre du regard. C'est un œil presque analytique que je passais sur la bête, tout en restant immobile. Je notais le changement des os de la jambe, pour obtenir une créature digitigrade. Les muscles du cou, très développés, qui permettaient de maintenir la longue tête lupine droite. La fourrure drue qui recouvrait la quasi-totalité de la créature était d'un noir profond que la plupart des races confondrait aisément avait le linceul de la nuit. Ceux du cou étaient particulièrement prononcés c'est vrai, mais chaque muscle du corps du prédateur semblait rouler sous la peau, parfaitement visible malgré la protection de la fourrure.

Les dents étaient plus longues que ce à quoi je m'attendais, les griffes recourbées vicieusement étaient faites pour tenir une prise ou, si elle devait lui concéder la liberté, en arracher la chair à tout le moins. Un filet de sang coulait doucement, de son flanc droit : ne fut-ce pour l'éclat rouille léger de son pelage à cet endroit-là, j'aurais eu bien du mal à percevoir où j'avais frappé. j'en conclus que la naga n'avais sans doute pas noté la blessure encore. Plus ... inquiétant ... ? Un autre filet de sang semblait couler de sa mâchoire : je doutais cependant que ce soit le sien, malgré la gravité de la blessure que je lui avais infligée, je ne pensais pas que ce soit suffisant pour lui provoquer des lésions internes aussi graves. Pas avec autant de fourrure et de muscles pour amortir l'assaut. Ça, en revanche, elle risquait de ne pas le rater,  et je devais prendre les devants avant qu'elle ne tente de le soigner en douce.

- Si ... si vous voulez, on pourrait veiller ici à partir de maintenant ... sa présence devrait tout de même éloigner la plupart des bêtes, et en cas d'urgence la trappe est toujours là. En plus, vérifier que son état ne s'améliore ... ou ne s'aggrave pas dans la nuit donnera quelque chose à faire à celui d'entre nous qui restera éveillé.

J'essayais d'avoir l'air compatissant avec le monstre, mais c'était difficile : toute mon expérience me hurlait littéralement de profiter de l'occasion pour l'empaler en faisant pousser une lance de sang sous son torse et de partir en courant au cas où ça ne suffise pas. le simple fait de le laisser en vie était une preuve de bonne foi de ma part, j'espérais juste qu'Euryssa le comprendrait au lieu de penser que je voulait voir la bête souffrir. Prudemment, j'étendais mes sens magiques vers le sang qui avait coulé de sa plaie : je pourrais peut-être en faire un petit homoncule utile pour tenir la bête en respect. Plusieurs idées me passaient par la tête pour assurer discrètement notre sécurité sans attenter aux jours du monstre, mais j'attendais de savoir ce qu'Euryssa comptait faire avant tout.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Sam 17 Fév 2018 - 19:38

"Je veux bien vous croire. Et ssstratagème ou non, je risssque de me prendre un coup mal placé en m'approchant de trop près."

L’envie de soigner cette pauvre bête était grande. Quand on voyait quelqu’un, ou quelque chose rampant dans son propre sang, et souffrant, il fallait bien être un véritable monstre pour ignorer un appel à l’aide. Mais je partageais l’avis de Zerith, malheureusement, le damné restait une bête sauvage sous cette apparence, un état proche de la folie sanguinaire. Contrairement à un loup ou un lion classique, la créature ne devait comprendre l’empathie et la gratitude envers ceux lui venant en aide. Sans doute que les dieux aimeraient me voir sauver une vie, mais cela entraînement la mort de deux autres. Au matin en effet, il serait plus prudent de prendre soin de cette personne quand les premières lueurs du jour se lèveront et qu’il retrouvera son apparence d’origine. J’essayais au moins de constater son état, lorsque l’elfe m’interpella.

" Si ... si vous voulez, on pourrait veiller ici à partir de maintenant ... sa présence devrait tout de même éloigner la plupart des bêtes, et en cas d'urgence la trappe est toujours là. En plus, vérifier que son état ne s'améliore ... ou ne s'aggrave pas dans la nuit donnera quelque chose à faire à celui d'entre nous qui restera éveillé."

Je pris quelques secondes pour réfléchir à son idée. Elle était sensée et pleine de compassion, du moins laissait-elle transparaître en premier lieu. Honnêtement, j’aurais imaginé Zerith préférait une méthode plus expéditive. La bête était à notre merci, il aurait pu proposer de l’achever maintenant. Et je ne disais pas cela, car il était nécromancien. La personne la plus basique, quel que soit d’ailleurs son niveau social et origine, serait tentée de tuer la créature à ce moment-ci. Par peur, par cupidité, par cruauté… Même chez certains défenseurs du Temple, certains connus comme étant pieuse dans notre communauté, n’hésiterait pas à lever l’épée pour trancher la tête sans plus de procès. Alors, la décision du mage noir me surprit quelque peu.

"Vous êtes plein de bon sssens Zerith. Au moins, nous aurons notre ami à l’œil et pourrons mieux resspirer."

Le loup-garou ne semblait avoir trop bougé. Il continuait à gémir comme un chiot, avant de grogner comme un molosse. Si ce n’était à coup de patte qu’il nous achèverait, ce serait avec sa puissante mâchoire. Comment un tel mal pouvait exister ? Serait-ce d’origine divine ? Certains théologiens le pensent. Mais on nous enseignait que les dieux étaient amour. Donc, si tel était le cas, pourquoi avoir créé un mal touchant les humains sans distinction sur le plan de la foi et de la droiture ? Sans doute l’œuvre d’une magie noire, ou d’un incident. Mais il était possible que nous ne sachions jamais la réponse, du moins, pas ce soir non plus. J’étais alors curieuse de parler à l’humain qui se cachait dans ce corps poilu et aussi musclé qu’un minotaure, connaître sa mésaventure et peut-être, le moyen de le soigner.

"Je vous remerccie par contre Zerith. Vous m’avez prouver avoir du cœur, contrairement à beaucoup d’autres mages noirs qui n’ont que de la cruauté dans leur âme. La lumière vous touche aussssi, même sssi vous le na distinguez pas encore."

On revenait sur son histoire, où il racontait que c’était cette magie qui l’avait trouvé et aidé. Mais là, je commençais à me dire qu’en réalité, il était toucher par la lumière en premier. Mais l’obscurité de Méphiti a voulu l’étouffer, au point de l’aveugler. Mais avec de l’aide, il pourra retrouver la vue et voir cette lumière, pour la suivre tel une lanterne sur une chaloupe, au beau milieu de la brume, ou un phare dans les ténèbres. Sans doute n’y croyait-il pas, mais j’avais foi que cela changerait. En attendant, nous devions nous occuper d’une question prioritaire, concernant le moment présent pour notre survit jusqu’à l’aube.

"Sssinon, qui monte en premier la garde ?"

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Mar 20 Fév 2018 - 18:51

- Je vous remerccie par contre Zerith. Vous m’avez prouver avoir du cœur, contrairement à beaucoup d’autres mages noirs qui n’ont que de la cruauté dans leur âme. La lumière vous touche aussssi, même sssi vous le na distinguez pas encore.

je me contentais de lui renvoyer un rictus gêné. Touché par la lumière ? Si elle en était persuadée, ça n'en serait que mieux pour moi. Surtout si je voulais tenter de mettre en place le plan qui naissait doucement dans mon esprit. Quoiqu'il en soit, je jetai un œil au ciel étoilé lorsqu'elle me posa la question suivante.  Après un rapide calcul, je lui proposai de monter la garde moi-même et de nous alterner toutes les deux heures. La nuit ne vit aucun retournement de situation, si ce n'est que les grognements du monstre devenaient de plus ne plus menaçants, et ses gémissements de plus ne plus plaintifs, à mesure que la nuit avançait. Je restais particulièrement étonné à l'idée que l'on s'impose à soi-même un tel châtiment ... en effet, la chaînette devait être en contact avec sa peau toute la nuit habituellement. Enfin, je suppose que la blessure n'aidait pas.

Lorsque les premières lueurs du jour se mirent à poindre, je venais de passer mon temps de garde à contourner les crocs et griffes du lycan de façon à être à portée de sa blessure. Ce sont les engins de morts qui disparurent en premiers. Puis la silhouette de la bête commença à se réduire alors qu'un hurlement de douleur se transformait en cri d'agonie. Serrant les dents, je plongeai presque sur la plaie, y enfonçant mes doigts sans hésitation : c'était, ceci dit, la première fois que je faisais ça sur quelqu'un de vivant. Je grimaçai en réalisant que l'argent avait fusionné en partie avec la chair : malgré ses propriétés, la chaînette de métal n'avait pas pu empêcher entièrement l'incroyable régénération du lycanthrope pendant toutes ces heures. Je tirais un coup sec et violent alors que je savais que la prêtresse avait déjà été réveillé par les hurlements de douleur de son futur patient. Non vraiment, j'aurais préféré cent fois le tuer lorsque j'en avais eu l'occasion, mais à présent il était trop tard et je n'avais plus le choix.

- Dépêchez-vous, j'ai retirée la chaînette avant qu'il finisse sa retransformation, mais c'est à vous de jouer maintenant !

Je ne pouvais plus rien faire, sinon hâter la mort du pauvre bougre : même en relevant son cadavre, je savais que je ne pourrais le faire se transformer de toute façon. S'il n'était humain que d'apparence, ses pouvoirs de régénération étaient bien plus faibles, son corps bien plus frêle. Le sang, qui jusqu'à présent n'avait fait guère plus que suinter doucement, s'était mis à couler sans timidité au sol : Ce n'était pas non plus abondant, mais sans soins il se viderait avant que son corps n'endigue l'hémorragie de lui-même. Je me fichais de son sort, mais si il y restait cela risquait de créer des tensions entre moi et la prêtresse, et j'avais besoin de toute sa confiance pour ce que je prévoyais de faire. Je m'étais écarté pour m'assurer de laisser toute latitude à son travail. Je ne pouvais que regarder.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Jeu 22 Fév 2018 - 9:27

Finalement, ce fut Zerith qui monta en premier la garde. Je ne savais pas trop si c’était une bonne idée, mais il fallait avouer que j’avais cruellement besoin de sommeil. Une fois de plus, j’allais placer ma sécurité entre les mains d’un nécromancien. Le monde devenait vraiment de plus en plus étrange. Au moins, tout se passait bien, malgré que je ne dormisse que d’un œil. La nuit fut tranquille, et ceux, malgré les plaintes de la bête. Aucun doux rêve ne venait apaiser mon esprit, et ni cauchemar non plus, ce qui n’était pas plus mal. Mais je fus sorti de ma torpeur violemment par les cris du monstre. Les rayons du soleil venaient de se lever, et la bête commençait à retrouver son apparence d’origine. L’elfe me signala que c’était le moment d’intervenir.

Sans perdre une seconde, je me dirigeais vers cette masse qui rapetissait, devenant quelque chose d’informe, avant de finalement ressembler à un humain. Le lycan passait du stade effrayant à pitoyable. C’était à présent un corps meurtri, couvert de plaie pullulante, et qui n’allait sans doute pas survivre bien longtemps, si rien n’était fait à temps.

"Prions les dieux, pour qu'il ne sssoit pas trop tard."

Mains jointes, je les posais sur son corps agonisant, libérant une douce lumière, procurant réconfort et chaleur. Cette énergie matérialisée, passa d’entre mes écailles pour entrer dans le corps de ce pauvre malheureux. Toute cette force qui me quittait, cette énergie bienfaitrice, était comme un sacrifice de ma part pour sauver une vie. Mais que pouvait bien représentait une partie de ma force, pour une vie entière. Cela dura quelques minutes, mais quand la tâche fut accomplie, je fus comme prise d’un léger vertige qui me fit m’écarter de mon patient. Au moins, ses blessures se mirent à se refermer à vue d’œil, ce qui était rassurant. J’avais eu aussi peur que ces blessures, causaient par l’argent, n’interfèrent avec mes soins. Sans doute que oui, s’il était resté sous forme lycan. L’homme se mit soudainement à tousser et crache, tel un humain ayant manqué de se noyer. Automatiquement, j’attrapais sa tête pour la reposer sur ma queue, afin que ce soit plus confortable.

"Zerith ! Esssayez de trouver quelque chose à boire je vous prie."

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Message  Zerith le Ven 2 Mar 2018 - 18:20

Il était à présent totalement humain, absolument et totalement humain, et je pouvais l'assurer jusque dans les moindres détails, y compris ceux pour lesquels je n'avais aucune curiosité. Poussant un soupir alors qu'il lâchait, pour sa part, une quinte de toux, je me saisi d'un lambeau de tissu pour épargner sa pudeur. Je me détournai alors de la scène, avec l'idée de prendre un peu l'air. Cependant, la prêtresse ne semblait pas l'entendre de cette oreille.

- Zerith ! Esssayez de trouver quelque chose à boire je vous prie.

Je grommelai intérieurement : je n'avais pas envie de l'aider à sauver ce lycan, à vrai dire si j'avais pu le faire sans éveiller les soupçons de la naga j'aurais mis fin à sa vie sur-le-champ. En vérité non, il serait mort depuis bien plus longtemps. Je me retins toutefois de laisser paraître mon agacement sur mon visage, me contentant de chercher dans les décombres du mobilier. Je ne trouvais qu'un seau, et après avoir prévenu Euryssa que j'allais chercher de l'eau, je passai le pas de la porte.

J'aurais voulu inspecter les alentours, observer le cadavre du pyxon, ou même d'une ou deux autres bêtes que notre hôte aurait tuées dans la nuit. Mais au lieu de ça, je mis 10 minutes à tourner autourde la masure avant de trouver un ruisseau d'eau claire. Ce n'était que logique : si l'on cherche à s'isoler du monde, il faut pouvoir pourvoir à ses propres besoins en eau. Ceci dit, ledit ruisseau n'était pas non plus trop proche (sans doute pour ne pas risquer d'attirer les bêtes assoiffées vers la maison), et entre le moment où elle me le demanda et celui où je posai le seau d'eau près d'Euryssa, plus d'une quart d'heure s'était écoulé.

Pendant ce temps, le lycan avait reprit conscience, même s'il était évident à la façon dont il avait regardé le seau d'eau qu'il avait la gorge fort sèche. Je me munie d'une coupe en bois qui traînait là, la rinçai, la remplit et lui tendit, tout en parlant. Je ne doutais pas que la naga nous ai déjà présentés, mais autant le faire à mon tour.

- Je suis Zerith. Vous avez eu de la chance d'être tombés sur nous cette nuit. Reprenez rapidement des forces, nous allons avoir besoin de vous. Il faut remplacer la chaîne d'argent et la trappe du sous-sol avant ce soir.

Sans quoi, à moins que nous ayons plusieurs heures d'avance sur lui, je résolus de le tuer moi-même. Jouer les bons samaritains pouvait encore passer, mais je refusai de me mettre plus en danger que nécessaire. Le sous-sol n'était plus en mesure de retenir correctement le lycan sus l'influence de la lune, et je n'avais plus à ma disposition les outils nécéssaires pour le mettre en échec. A moins que tout soit réparé, ou qu'il ai une solution de rechange, il serait trop dangereux de passer la nuit dans le secteur s'il était vivant.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Dim 4 Mar 2018 - 13:45

Je ne serais trop dire pourquoi, mais je sentais quelque chose de bizarre, venant de Zerith. Venir en aide à un lycanthrope, pouvait rebuter, ça, je le concevais. Mais il y avait quelque chose d’autre. Quelque chose de plus noir… Il était évident que je ne pouvais me montrer naïve vis-à-vis d’une personne exerçant la nécromancie. Il n’était sans doute pas devenu un bon paladin en une journée, il fallait que je continue de le surveiller. En attendant, la victime du maléfice reprenait peu à peu ses esprits.

"N'ayez aucune crainte... Vous êtes en sssécurité à présent, cc'est fini."
"Où... Où suis-je ?"
"Vous êtes chez-vous. Je me présente, prêtresse Euryssa. Et vous-êtes ?"
"Quoi ?! Mais je devrais... Vous n'êtes pas ?"
"Non, rassurez-vous, plus de peur que de mal."

Zerith revint enfin avec l’eau. Il voulu bien en donner à ce pauvre homme, qui devait être aussi dessécher qu’un morceau de bois en plein désert. Cela me fit plaisir de voir l’elfe prendre l’initiative de lui donner à boire, mais il n’oublia pas de lui parler de son système de la cave, complétement anéantit. C’était en effet un problème, mais chaque chose en son temps, nous trouverions bien une solution entre temps.

"Quoi ?! Mais comment alors vais-je faire ? C’est terrible !"
"Calmez-vous, il doit sssans doute exister une ssolution."
"Non il n’y en a pas ! C’était mon garde-fou ! Sans ça… Je devrais mieux mourir."

Je dévisageais Zerith, car j’avais un doute sur ce qu’il pouvait bien penser. Il eut droit à une seconde chance, pour avoir une vie normale. Qu’il n’interdisait pas aux autres d’en avoir une aussi. Je pouvais laisser passer certaines choses, comprendre et pardonner, mais il existait des limites, à ne pas franchir. Etre compatissant, ne voulait pas dire, être naïf. Jusqu’ici, je n’arrêtais pas de me dire que mon objectif fut béni par les dieux, mais je pouvais tout de même douter, me disant si tout cela ne cachait pas autre chose. Après tout, n’étais-je pas sur le point de faire entrer un loup dans la bergerie ? Si je devais jouer les bergères, je ne devrais pas hésiter à jouer du bâton pour assurer la paix qui m’entourait.

"Sssi vous nous dites, comment êtes-vous devenu cette bête ?"
"Je… Je ne m’en souviens pas..."
"Bon, nous allons au moins voir pour vous aider avec cette trappe."

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 5 Mar 2018 - 10:17

- Non il n’y en a pas ! C’était mon garde-fou ! Sans ça… Je devrais mieux mourir.

Je me contentai de fermer brièvement les yeux et d'inspirer lentement. Je pouvais presque sentir le regard de la naga sur moi. En temps normal, j'aurais simplement acquiescé et proposé mon aide au maudit. Mais pas ici, pas maintenant. Je ne pouvais pas me le permettre devant elle. Et, je le savais déjà, ces mots annonçaient que nous allions passer notre journée ici, à tenter de réparer le sous-sol. Avec un peu de chance et d'aide du propriétaire, il y avait même moyen que nous arrivions à un résultat acceptable, capable de tenir deux nuits. Je pensais à une vitesse folle, tentant de trouver une solution qui ne nous mette pas en danger. Alors que la discussion s'éteignait doucement à côté de moi, la seule option viable que je trouvai (mis à part le tuer bien sûr, mais cela aurait signé la fin de mon voyage) ne m'enchantait guère, mais elle devrait suffire.

- Sssi vous nous dites, comment êtes-vous devenu cette bête ?
- Je… Je ne m’en souviens pas...

Voilà qui eut la qualité de me faire ravaler mon soupir et froncer les sourcils. Pour être atteint de lycanthropie il fallait se faire attaquer et survivre, ou trouver un moyen de se faire griffer sans être attaqué. Quel genre de personne oublie sa première rencontre avec un monstre de plus de deux mètres de haut, tout en muscles et en crocs ? Quelqu'un qui a quelque chose à cacher ... ou quelqu'un à protéger. Les deux possibilités me firent couler une suée froide le long de la colonne vertébrale, mais il n'était pas encore temps d'approfondir le sujet. D'abord il nous fallait un plan. Et j'en avais un, aussi bancal puisse-t-il sembler.

- Nous n'aurons pas le temps de trouver le bois et de le travailler pour refaire une trappe, surtout si elle est sensée vous retenir. Et ne parlons même pas de remplacer des gonds ou des verrous s'ils ont été atteints. En revanche, en une journée, nous pouvons faire deux choses : rassembler et chasser assez de nourriture pour un jour et deux nuits. Notre meilleure solution est de vous enfermer au sous-sol, avec des provisions, en condamnant l'accès : nous pouvons utiliser des restes de meubles comme planches, et le simple poids de ceux qui sont encore à peu près intacts devrait suffire. Euryssa et moins restons ici jusqu'à l'aube de la dernière pleine lune, puis nous vous libérons. Ainsi nous pourrons reprendre la route en sécurité, et vous aurez un mois entier pour réparer les dégâts avant la prochaine lune.

"En sécurité". Qu'est-ce que ça à l'air simple dit comme ça. La table ne pouvait plus le retenir correctement, la trappe en elle-même était faussée. Passer deux nuits avec un monstre musculeux animé par la rage ne me disait vraiment rien qui vaille, et c'était très loin de ma version d'une nuit passée en sécurité. Mais je ne voyais aucun autre moyen de à la fois tenir la bête en respect pendant les deux nuits qui restaient, de façon sûre, et épargner cet homme tout à la fois. Euryssa ne permettrait pas qu'on l'abandonne à son sort dans son sous-sol, et je ne pouvais me permettre de me la mettre à dos. Le plus compliqué serait de trouver un moyen de stocker la nourriture de façon à ce que la bête ne dévore pas tous pendant la première nuit, laissant à l'homme de quoi se nourrir par la suite. Nous pourrions aussi le libérer à l'aube pour le ré-enfermer au crépuscule ceci dit : la barricade ne perdrait pas trop en efficacité et cela réglerait le soucis du stockage.

Comme il était bien plus simple de se contenter de tuer les dangers !!! Les garder en vie par compassion se révélait terriblement éprouvant ....

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Mer 7 Mar 2018 - 9:55

Voilà qui était rassurant. Pendant une seconde, je pensais que Zerith se serait proposé pour l’aider à achever ses jours. Comme quoi, il y avait bien de l’espoir. Ou bien était-ce ma présence qui le faisait agir de la sorte. Bonne influence ou crainte de représailles ? Nous ne le serons sans doute jamais, mais son idée me plaisait. J’imaginais que lui non plus n’avait pas de talent dans l’artisanat, l’ébéniste ou un quelconque talent dans la forge. Refaire la trappe ne sera pas une mince à faire, et il valait mieux laisser ce travail à l’homme qui l’avait faite. Un mois devrait suffire pour l’humain de réparer les dégâts. Mais ce dernier ne semblait pas emballer par l’idée, il poursuivait ses élucubrations, comme quoi, nous devrions le tuer, que ce serait mieux.

"Cessssez vos âneries ! Nous allons chercher de quoi manger et sssuivre son idée qui est..."

N’ayant même pas eu le temps de finir ma phrase, que l’homme se leva avec une vigueur nouvelle et se précipita dehors comme s’il avait Méphiti aux trousses. Son action fut si soudaine, que je mis un moment pour comprendre ce qu’il s’était passé. Cet homme vivait un réel traumatisme, et les choses qui se sont passer cette nuit, n’ont rien arranger. Il était en proie à la panique, frôlant sans doute la folie pure. Cependant, je ne pouvais pas le laisser ainsi, et tentai, malgré ma vitesse, à le rattraper. Je me disais qu’il devait déjà être trop loin, partit se cacher au plus profond des bois environnants ou dans une grotte cachée. Mais en réalité, il n’était pas allé bien loin.

Là où trois arbres se regroupaient près d’une pierre, à une centaine de mètres de la maison, gisait son corps. Prise de panique, je le rejoignais, espérant qu’il n’était pas trop tard. Mais hélas, il était en boule, la poitrine perforait par quelque chose, qu’il tenait encore entre ses mains, pataugeant dans une mare de sang au-dessus d’une… D’une tombe ? Tous se brouillaient dans ma tête. Son action était incompréhensible, il avait survécu jusqu’ici avec sa malédiction. Toutefois, voyant que son système de sécurité pour éviter que la bête ne blesse des innocents, il a dû croire que tout était perdue, qu’il allait devenir ce tueur dont il redoutait temps. La personne qui dormait juste en dessous de nos pieds, serait sa première victime ?

"On ne peut… Sauver tout le monde."

Et un sanglot m’envahissait, des larmes perlaient le long de mes joues écailleuses, j’en laissais tomber mon sceptre pour blottir mon museau entre mes mains. C’était difficile de voir un innocent, finir de la sorte. Ayant rejoint les Ordres, j’avais pour projet de venir en aide au plus de monde possible. Bien entendu, je savais que je ne pouvais soigner la terre entière, mais aider mon prochain qui se trouvait à ma porter, ça c’était dans mes cordes. Alors, voir une personne ayant tant besoin d’aide face à moi, finir de la sorte, c’était très dure. Pourtant, les lycans étaient des créatures surnaturelles, pouvaient-ils mourir de la sorte ?

"Il a droit à une sépulture décente."

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Dim 11 Mar 2018 - 2:08

- Il a droit à une sépulture décente.

Mieux valait que je n'en dise rien, mais cet humain avait fait ce qu'il y avait de mieux pour tous. Curieux, j'allais me pencher sur le corps quand je pus voir la pierre tombale. A première vue il ne s'agissait que d'un gros rocher, mais on pouvait distinctement voir qu'un éclat en avait été arraché. Plus qu'un éclat, il y avait originellement quelque chose dans la pierre, et cela en avait été arraché. Sans un mot, je retournai doucement le corps. Le mort tenait fermement un objet dans ses mains, mais les morts ne pouvaient rien contre moi. Usant du minimum de mes pouvoirs, et de la façon la plus discrète qui soit, je desserrai son étreinte pour révéler l'outil dont il s'était servit.

Une petite forme argentée se révéla, une statuette représentant sans doute un être humain, mais qui avait été polie à l'extrême sur une face. Sans doute pour que, même dans la pierre, elle passe inaperçue. Je n'avais plus de doute quand à l'identité de la personne ... non, des personnes, me renseignèrent mes sens nécrotiques, qui gisaient sous ses arbres. je soupirai et repositionnai l'objet sur la roche, où il se fondit mieux que je ne l'aurais cru. L'espace d'un instant je me demandais quelles souffrances il avait enduré au contact de l'argent pour polir et sceller la statuette. Je ne fis aucun commentaire, mais je retournai à la demeure, en ressortant avec une pelle et une pioche rudimentaires à peu près épargnées par le carnage.

- Mettons-le aux côtés de sa famille.

Nous creusâmes en silence : c'était un gaspillage terrible pour moi, mais jamais Euryssa n'aurait permis que j'utilise les corps, et encore moins que nous le laissions ainsi. Je laissais ensuite la prêtresse lui porter les sacrements comme elle l'entendait, étant particulièrement ignare dans ce domaine. Il faut dire que je ne voyais aucune raison de m'y intéresser particulièrement : un mort restait mort, et s'il y avait quelque chose après cela, je doutais que la façon dont nous traitions les corps ici y change quoique ce soit. Mais c'était le propre des religieux de penser que les dieux nous portaient assez d'intérêt pour prendre en considération nos choix de vie : pour ma part, je nous pensais tous bien trop insignifiants pour qu'ils s'en inquiètent.

Quand tout cela fut terminé, l'après-midi était déjà bien avancé et nous n'avions rien avalé. Il eut été également ridicule de reprendre la route dès maintenant, alors que nous avions un abri à disposition. A présent que notre hôte était en terre, je me tournais vers Euryssa. Autant commencer par l'évidence : pour le reste, il allait me falloir trouver une bonne façon d'amener la chose sans doute.

- Il est trop tard pour reprendre la route. Dormons dans la maison, nous pourrions même récupérer quelques objets utiles ... Je pense que vous n'aimerais pas trop cela mais ... même avec des traces de griffes dessus, ceux de ses vêtements qui restent là-dedans me seraient ... profitables, en ville.

Je faisais allusion à la grande toge noire quelque peu crasseuse que je portais. Je m'y drapais de façon approximative, mais elle n'inspirait guère la confiance : j'en avais joué avant de la rencontrer, mais aujourd'hui il me fallait des vêtements que je pourrais porter pour m'approcher d'une ville ou y rester. S'il en restait, quelques provisions seraient bienvenues également ... Quoiqu'il en soit, je m'en remettait à Euryssa pour déterminer notre ligne de conduite.

- Il y a ... autre chose que je voudrais vous demander. Vous voyez, sans magie, je suis ... sans défense. Je vous l'ai déjà dis, mais c'est grâce à mes pouvoirs, et rien d'autre, que je suis encore en vie. Je pris une grande respiration. Aussi, si je dois abandonner la nécromancie, je veux éviter d'être sans défenses. Je doute d'être capable de soigner par magie, mais ... considéreriez-vous la possibilité de m'enseigner la magie de la lumière ?

Un remplacement. Je ne pouvais certainement pas me permettre d'utiliser la nécromancie devant témoins, mais cet épisode m'avait prouvé que j'avais besoin de la magie pour me sortir de situations dangereuses. Ajouter la magie de la lumière à mon arsenal général, et en faire mon outil premier aux yeux du monde, ne pouvait qu'être bénéfique. Je savais que la naga maîtrisait cette magie pour l'avoir vu l'utiliser contre les centaures : c'était en revanche des sorts bien plus concrets que j'avais en tête, mais pour espérer développer ce genre de pouvoirs il allait falloir que je laisse la prêtresse me "sensibiliser" à cet élément. J'appréhendais un refus, et peut-être tout autant les leçons qui accompagneraient une acceptation. Cela faisait déjà quelques jours que j'avais passé en compagnie de la naga, et cette idée me trottait dans le crâne depuis l'instant même où il était devenu évident que je devrais me restreindre drastiquement dans ma pratique de la nécromancie. Je m'y prenais peut-être tôt ceci dit, mais le fait d'avoir eu à utiliser ma magie contre le lycan pouvait me donner l'occasion d'amener le sujet sur le tapis. Quelque peu inquiet, je surveillais la réaction d'Euryssa.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Lun 12 Mar 2018 - 10:00

L’expression « Une salle journée » était tout à fait en raccord avec celle-ci. Enterrer un corps n’était en rien jouissif. Et voir toute une famille décimée à cause d’un mal, fendait le cœur. Cependant, je restais fidèle à mon devoir et offris un rite pour leur rencontre avec Sercanth décent. Cela nous prit une bonne partie de la journée, mais c’était important, il fallait le faire. À la fin, je me laissais emporter par mes pensées, méditant sur moi-même et sur les épreuves qui pouvaient nous attendre à la suite. Je ne fis attention à la demande de Zerith que quelques secondes en retard.

"Mmmh ? Oh oui, vous avez sssans doute raisson. J'imagine que personne ne vous en voudra si vous vous servez."

Un elfe noir portant un long manteau sombre aurait de quoi soulever la suspicion de nombreuses personnes. S’il fallait réussir à l’intégrait dans la société, il valait mieux passer inaperçu. Les demi-sangs étaient mieux tolérés que partout ailleurs, mais il ne valait mieux ne pas donner des raisons de s’en prendre à l’un d’eux, à cause d’un vêtement douteux. Par contre, sa seconde demande me surprit beaucoup. Au départ, je pensais qu’il prendrait juste une voix de l’érudition, quelque chose de simple pour commencer, et devenir un simple citoyen. Et voilà qui me demandait de lui enseigner la magie de la lumière, celle de la prêtrise. En temps normal, j’aurais bondi au plafond, explosé de joie et assommer de belles paroles pour l’enseigner, mais j’étais fatigué, alors j’esquissais juste un sourire, montrant que sa demande faisait plaisir, mais que ce ne serait pas si simple.

"Une noble ambition, je peux vous l’ensseignée. Mais il faut savoir que cette magie, implique un état d’esprit particulier. Mon ensseignement vient du temple, il faut avoir une disssposition du cœur particulier. Chaque écolé est différente, vous le constaterez."

Je savais que certains étaient arrivés à apprendre cette magie, sans passer par un enseignement religieux. Tant mieux pour eux. Toutefois, je n’avais connu que ça pour utiliser cette magie que nous voyons comme divine. Et qui sait, cela chassera peut-être la noirceur dans le cœur de ce nécromancien et le mènera vers la lumière de la rédemption. Mais ce sera un chemin long et difficile, pleine de méditation, de voyage spirituel, et de forte transformation interne. Pour que la magie accepte de venir en nous, il fallait, à la manière d’une maison, préparer notre corps à la recevoir. Cela n’avait rien à voir avec un nouveau vêtement qu’on voulait porter.

"Mais pas aujourd’hui, nous ferions mieux de nous reposser et dormir un peu. Le voyage ssssera encore long, nous aurons tout notre temps pour en disscuter."

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Jeu 15 Mar 2018 - 4:15

- Une noble ambition, je peux vous l’ensseignée. Mais il faut savoir que cette magie, implique un état d’esprit particulier. Mon ensseignement vient du temple, il faut avoir une disssposition du cœur particulier. Chaque écolé est différente, vous le constaterez.

Je me contentai de hocher la tête : je me doutais que l'enseignement d'une prêtresse ne serait pas dénué de références au divin, mais au contraire s'axerait autour des faveurs divines. Il allait sans doute me falloir démêler ce qui était nécessaire de ce qui était purement psychologique pour maîtriser cette magie. Ce serait donc un exercice d'autant plus long, mais que je pourrais justement mettre sur le compte du changement de mode de pensées qu'Euryssa me demanderait d'adopter. Peut-être même pourrais-je profiter de ces leçons pour obtenir quelques leçons rapides sur la lecture et l'écriture : il y avait sans doute une façon de faire en sorte que ce savoir semble permettre d'accélérer ma formation.

- Mais pas aujourd’hui, nous ferions mieux de nous reposser et dormir un peu. Le voyage ssssera encore long, nous aurons tout notre temps pour en disscuter.

Là encore je ne fis qu'opiner : la naga avait raison, vu l'heure il était plus prudent de simplement profiter des dernières heures de la soirée puis de la nuit, avant de repartir à l'aube. D'ici deux jours tout au plus, nous entrerions dans les Vinelles et le coeur estanol : la forêt d'Onor serait définitivement derrière moi, et cela me semblait un premier pas important dans ma quête de puissance. Et peut-être ma nouvelle vie. Après tout, comme je l'avais dis à la naga, j'allais me prêter au jeu et juger de cette vie qu'elle m'avait promis. J'avais certes comme idée principale de me servir d'elle et de cette expérience pour gagner en puissance, mais dans le cas improbable où je me plaise à Telbara, il serait stupide de ma part de ne pas reconnaître ses efforts. Et si il y a bien une chose que je suis persuadé de ne pas être, c'est stupide.

Après avoir trouvés des vêtements intacts (ou presque) dans la maison, et les avoir soigneusement empaquetés dans mon sac (je préférais voyager dans ma toge, et ne les porter qu'à proximité des villes ou routes commerciales), la journée du lendemain fut consacrée à la marche. Nous avions perdus une nuit de sommeil et une journée entière à cause du lycan, et quand bien même nous n'avions aucun impératif de date pour arriver à Telbara, j'avais l'impression d'être en retard, et je pressai donc le pas plus que nécessaire. C'est ainsi que nous atteignirent enfin la Tijaronhe au crépuscule, décidant de camper près de la rive.

- Je m'excuse pour la marche forcée, mais ... j'étais pressé de quitter Onor. C'est comme ... tourner une page, je pense. Je restais pensif un instant, avant de me tourner, les yeux plein de curiosité, vers la naga. Et si nous profitions de cette dernière soirée en Onor pour que vous commenciez à me parler de la lumière, Euryssa ?

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Sam 17 Mar 2018 - 12:02

Tout comme Zerith, voir disparaître cette forêt me satisfaisait. C’était une grande étape de notre route d’accompli, et donc, une de plus qui nous rapprochait de notre destination. Plus vite nous aurions rejoint les terres de Telbara, plus vite nous aurions un semblant de sécurité. Jusqu’ici, il fallait se méfier de tout et de tout le monde, chaque personne, humain ou non, pouvait vouloir nous détrousser, nous faire esclaves, pires encore… À Telbara, ces travers furent moins fréquents et l’autorité d’une nagi prêtresse égalait celle d’un prêtre humain. Mais quel que soit le royaume, les personnes du genre de Zerith demeuraient craintes. Un mage noir laissait derrière lui la mort et le malheur. Au moins, il revenait sur le sujet d’apprendre la magie de la lumière, ce qui apportait l’espoir qu’il puisse complétement changer d’ici notre arrivée.

"La lumière... Cccette magie est très particulière, car on ne la trouve pas facilement dans une école de magie. Elle peut être ausssi pratique dans l'offenssive que la défenssive. La lumière... Elle chassse les ténèbres, brûles les enfants de l'ombre. Mais pas que ceux vous faisant face, aussssi ceux vivant dans votre cœur."

Comme je le lui avais dit il y a un petit moment, la magie opérait grâce à un état d’esprit. Une disposition du cœur et de l’âme pour qu’elle soit pleinement opérante. Le physique ne comptait pas seulement, car tout l’être de la personne devait être en application. Difficile à comprendre ? Si oui, c’était normal, car c’était quelque chose dépassant la chaire du mortel. Pour faire plus simple, il fallait que le corps véhicule l’énergie, comme un réceptacle. Et l’esprit, devait être adapter pour recevoir et contrôler cette force. Si par exemple, vous avez une urne utiliser pour le vin, n’y mettait rien d’autre dedans, sinon elle peut se briser.

"La lumière apporte chaleur et protection. Elle n’est ni rage, ni tristessse, ni colère. Elle est compasssion. Quand elle vous vient à l’esssprit, elle doit être douceur et amour."

Ce n’était pas évident d’expliquer et donner une définition exacte de ce qu’était la magie de la lumière. Chacun pouvait s’en faire la sienne, mais cela pouvait conduire à une perversion de ce qui se faisait de bon. Pourquoi donc, les gens se laissait si facilement aller par ce qui tue, qui détruit et n’apportait rien ? Le pouvoir qu’ils pouvaient convoiter n’était qu’éphémère, car il dévorait son hôte. La stupidité, sans nul doute.

"La magie, fait partit de vous, elle représente qui vous êtes. Ce que vous êtes en ce moment précis. C’est la représentation même de votre cœur. Me comprenez-vous ?"

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Re: La forêt de l'aube

Message  Zerith le Lun 19 Mar 2018 - 0:24

- La lumière... Cccette magie est très particulière, car on ne la trouve pas facilement dans une école de magie. Elle peut être ausssi pratique dans l'offenssive que la défenssive. La lumière... Elle chassse les ténèbres, brûles les enfants de l'ombre. Mais pas que ceux vous faisant face, aussssi ceux vivant dans votre cœur.

Je comptais bien qu'elle soit également utile pour l'offensive, et pour être franc, si je devais me reposer dessus une fois en ville, j'espérais avoir un outil viable en mains. Enfin, il y avait peu de chances que je réussisses à maîtriser la magie de lumière aussi vite de toute façon. En revanche cette histoire de chasser les ténèbres du cœur me semblait hautement dépendante des croyances de la naga. Nul doute que la magie lumineuse était une arme de choix contre les créatures et les utilisateurs des ténèbres, mais de là à convertir ses utilisateurs ... Je ne doutais pas que quelque fanatiques existes dans les rangs de l'église, et je serais le premier étonné que ceux-là se retrouvent dépourvus de leurs pouvoirs comme de par hasard. Je restais toutefois attentif et muet, préférant attendre la fin de sa tirade pour répondre. La suite m'arracha une moue légère.

- La lumière apporte chaleur et protection. Elle n’est ni rage, ni tristessse, ni colère. Elle est compasssion. Quand elle vous vient à l’esssprit, elle doit être douceur et amour.La magie, fait partit de vous, elle représente qui vous êtes. Ce que vous êtes en ce moment précis. C’est la représentation même de votre cœur. Me comprenez-vous ?

- Je crois. Cependant ... cela me pause des soucis. Je connais la haine, la peur, la rage. J'ai vu le mépris, le rejet ... et même une forme de perversité. Je connais ces sentiments et peux sans grand soucis me les représenter. Mais la compassion ? Cela reste un concept difficile à appréhender. Même le lycan, quand nous l'avons enterré ... je n'ai jamais ressentie une once de 'compassion'. J'ai trouvé les meilleures solutions en prenant en compte ce que vous accepteriez ou non de faire, oui. Mais même quand nous l'avons inhumés, je ne pense pas avoir ressentis de la compassion : au mieux, de la pitié, peut-être. Si je dois me référer à de la compassion pour utiliser cette magie ... cela risque de nécessiter plus de temps et de leçons que prévu.

Je n'irais pas jusqu'à dire que j'avais été insensible devant le drame de cette vie. Mais de la compassion ? Le seul être vivant que j'ai jamais croisé et qui en ai fait preuve était Euryssa, et même si cela faisait plusieurs jours que nous voyagions ensemble, j'avais du mal à identifier cet état d'esprit qu'était le sien. J'avais moi-même pensé que j'adoptais un mode d'action se résumant à "ne tuer que si c'est nécessaire", mais Euryssa semblait avoir une définition de "nécessaire" bien plus stricte que la mienne. Je me demandais même si, avec une lame sous la gorge, elle ne tenterait pas encore de ne pas blesser son agresseur. J'avais dans l'idée que le concept de compassion ne s'étendait pas aussi loin que cela, sans quoi la magie de lumière n'aurait pas de capacité offensive.

Même sans en faire une règle de vie, si je parvenais à m'imprégner du sens de ce qu'était la compassion en lançant un sort, peut-être cela suffirait-il ? Ou bien, de part ce que j'espérais tirer de cette magie, devrais-je peut-être chercher à m'imprégner d'une autre facette de la lumière ? Seul le temps me le dirait, et je ne pourrais progresser sans les leçons d'Euryssa, au moins dans un premier temps.

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Re: La forêt de l'aube

Message  Euryssa le Mar 20 Mar 2018 - 13:21

J’écoutais avec attention l’incertitude de Zerith. Loin de me sentir choquer ou vexer, je comprenais parfaitement son point de vue. On ne pouvait pas lui demander de changer d’un claquement de doigts et lui exiger de faire ceci ou cela. Sinon, il ne serait qu’en apparence un serviteur de la lumière, mais son cœur restera noir. Non, ce genre de chose prenait du temps, et nous prendrions le temps nécessaire. Pour l’heure, sa vie n’était remplie que de ténèbres, et pour trouver la sortie de ce monde sans soleil ni lune et ni étoiles, il fallait qu’on lui montre une direction avec un phare, ou bien une lanterne. Ce sera sans doute compliqué, mais il fallait garder la foi.

"N’ayez pas peur. Cccela prendra du temps. Mais vous y arriverez, si vous y croyez. Personne ne nait bon ou mauvais, chacun choisssit sa voie, nous ne sssommes pas prédestiner à l’une ou à l’autre."

J’en savais quelque chose. Petite, on pensait juste me diriger les vers arts. Mais à la suite, ce fut par choix que je rejoignais le clergé de ma cité. Comme mon père, je pouvais me laisser tenter par les ténèbres, mais non. Bien que je demeurasse toutefois méfiante envers Zerith, je gardais espoir qu’avec ce nouvel enseignement, il se laisserait toucher et que toute noirceur et fourberie en son âme disparaîtrait. Du moins, pouvais-je l’espérer. Autant commencer doucement et nous verrons où ce chemin nous guidera.

"Prenons votre exemple… Préférez-vous que lors de notre rencontre, je vous tue, ou bien vous aide ? Et dites-moi pourquoi ce choix."

Rien de mieux qu’une expérience personnelle pour comprendre la chose. La compassion était quelque chose de fort, de puissant et de beau. C’était même une sorte de magie, pouvant faire des miracles. On avait du mal à bien l’expliquer, mais elle représentait les plus belles qualités qui soit. La compassion était liée à l’amour, et l’amour était ceux qui donnait et préservait la vie, qui soignait, qui protégeait, qui faisait grandir. La haine, engendrait la violence, cela menait à la destruction. Les deux extrêmes. Quand nous en voulions à quelqu’un ou quelque chose, on voulait qu’elle souffre, qu’elle soit détruite. Et cela laissait derrière nous un sillage de mort et de désolation. Et pour finir comment ? Seul ? Mort également ? Le cœur saignait, on souffrait de cette douleur car on la cultivait, on sacrifie ce que l’on pouvait chérir et ceux qui nous chérissent. Alors que la compassion, apporte un cœur en bonne santé et fait voir les plus belles choses.

Croyez-moi, je sais de quoi je parle. Pendant un temps, je n’avais que vengeance dans le cœur. Et on ne pouvait plus dire que j’étais une prêtresse, car je voulais anéantir, celui ayant conduit à la disgrâce de ma famille. Fort heureusement, avec compassion, les prêtres m’aidèrent à voir les choses les plus importantes, comme aider son prochain. Et ma magie ne fut jamais aussi forte en même temps.

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